mercredi 17 décembre 2008

Confidence

Il est 20h et je viens de finir de ranger ma cuisine. J'en ai encore trop fait; je n'arrive jamais à cuisiner seulement pour moi. J'ai avalé mon succulent sauté de poulet asiatique en 10 minutes, avec La cité des jarres (Arnaldur Indridason, coll. Points) ouvert devant moi. Je regarderai les restes, demain, je n'aurai pas envie de les faire réchauffer, je serai dégouttée après-demain et je jetterai le tout la semaine prochaine. Depuis quelques mois, je trouve ma table de cuisine trop grande. Je l'avais choisie immense pour recevoir plein d'amis et ma famille mais on est encore obligés de rajouter une table des enfants tout au bout. Et je ne reçois pas grand monde, finalement.

Debout devant le comptoir, j'ai regardé mon sapin d'un angle nouveau, pour constater qu'il a la forme d'une crevette. Je l'ai fait avec ma mère dimanche, Aretha dans le piton et une bouteille de blanc dès 11h58 (je n'avais pas envie d'attendre midi). Elle était là, ma mère, légère, le cheveux argenté, les joues rosies par la marche dans le froid, pimpante et joyeuse. Ravie de venir m'aider. Elle a réchauffé le sapin avec mon séchoir à cheveux pour le faire dégeler. Le tronc glacé suintait sur les lattes du plancher en exhalant une odeur de résine dans la salle à manger. Nos mains étaient collantes et les aiguilles adhéraient à nos chaussettes en nous piquant la plante des pieds. Dans la crèche, pour faire rire les mômes, on a ajouté une truie aux multiples pis, un mini-tricératops, une cocotte recouverte de peinture brillante, un cheval, un joueur de cornemuse barbu habillé de vieux pantalons bruns et casqué d'un improbable chapeau orné d'une plume rigide. Jésus a le visage délavé. C'est un vieux bébé. Il date de mon enfance, je l'ai récupéré lors du grand ménage qui a précédé la vente de la maison familiale. Il est trop gros, pour un bébé. Mais il est blond dans ses langes, on le couche dans un lit de paille et mes nièces farfouillent sous le sapin dès qu'elles entrent chez moi pour le trimballer partout où elles vont. J'ai eu envie de rajouter un lapin bleu en caoutchouc désarticulé, mais je me suis dit que ça ne serait pas crédible.

En ce moment, c'est à leurs rires qu'il faut que je pense. À leurs rires et à ceux de mes neveux, de la Pomponne, de mon Nico, aux bras de mes amies La Moritche et M*, à Basse, au repas de Noël à préparer avec maman, aux cadeaux que je leur ferai et à ce texte que j'ai commencé (en secret) et qui pourrait peut-être devenir quelque chose d'autre qu'un brouillon dans mon ordi. Ce soir j'ai de la peine pour plusieurs raisons. Mais comme j'ai voulu que ce blog soit lumineux, qu'il parle d'amour, de l'humanité, des moments riches qu'on vit même quand on trébuche, des bonheurs simples et des personnages qui vivent dans ma tête, je ne dirai pas pourquoi. Il me suffit de la ressentir et de la laisser passer. Ma tristesse d'avant Noël. Et de la dissiper dans les lumières, parce que c'est là qu'elle trouve toujours son antipode. Et sa panacée.

12 commentaires:

s.gordon a dit…

Holy madre.

Gomeux a dit…

Si j'ai appris kekchose en vieillissant, c'est que, même dans le noir, y a de la lumière.

Câlin,
pour faire passer le sirop sucré de mon commentaire

Doparano a dit…

je regrette de m'être couchée sur mon sofa et de ne m'être réveillée que ce matin. Je pense à toi et je suis là tu sais.

Bisous

Miléna a dit…

Gom': un câlin, ça fait toujours la job. Merci...

Do: Faut jamais regretter de s'endormir sur le sofa et de ne se réveiller qu'au matin. Ça doit faire du bien. J'aurais ben dû faire ça au lieu de me liquéfier en public... :0)
Je sais que t'es là.

McDoodle a dit…

Bon, j'espère que c'est pas à cause du mozusse de nouelle et de ses images subliminales.

Allez, lumière !



code: alavin.
Lumière dans la lampe d'Alavin :)

Black Velvet a dit…

...bah ! la tristesse, ça passe tout le temps. Et puis bon, ça démontre encore plus de profondeur. Au moins, tu l'dis et tu l'écris.

T'aime ben tsé...

É. a dit…

Merci pour ton blogue, Miléna. C'est un phare dans les ténèbres.

J. a dit…

La tristesse de Noel, oui. Accrocher des lumières au sapin en se croisant les doigts qu'elles nous éclairent.

Merci pour tes écrits quotidiens, Miléna. Ils me sont parfois d'une juste clarté.

Anonyme a dit…

ALORS, A QUAND UN NOUVEAU LYNCHAGE NUMERIQUE, MINABLE CONNARD DE FLIC, ORGANISE POUR ” SORTIR DE LEUR BOITE DES GENS ” QUI AURAIENT BESOIN D UNE BONNE LECON PARCE QU'AYANT DÉPLUT A CE GROS LACHE DE SI PEU PRESIDENT , MEUH ? http://embruns.net/ aka- Merci de votre commentaire. -Il a été bien enregistré et sera publié prochainement après validation.
http://www.w3.org/

Gomeux a dit…

Parlant de ténèbres...

Miléna a dit…

Gom': Je fais fi de ces anonymes qui anonent bêtement. Ça me gonfle solidement.

J: Bienvenue chez moi. Je suis contente. Je vais dérouler ton blog ce soir pour me délasser de la cohue des centres commerciaux. Je pense qu'il y a des similitudes entre nous. J'ai hâte de voir.

Tous les autres: Merci d'être là et de rester.

La Moritche a dit…

hey mon amie...
ça fait un bail que je ne t'avais pas lu.... Tu écris tellement bien...tu me fais du bien...
je m'ennuie de toi... tu me manques xxx