mercredi 11 février 2009

Top nunuche (encore!?!) ou c'est n'importe quoi ma journée!

Je suis partie de bon matin munie d'un café dégueulasse mais néanmoins essentiel, de mes grosses bottes lunaires au cas où je resterais en panne ou que je frapperais un bison cornu dans le Parc-Terrifiant, de mon cd nouveau et d'un paquet de clopes à peine entamé. Boîtes de signets dans le coffre, bloc-notes à donner en cadeau, démos de livres pour mes libraires, affiches, appareil photo. J'ai pris la route d'un air guilleret en scandant les paroles si inspirantes: welcome to my sunny day, my sunny day, every day, a better day, welcome to my sunny day. J'y peux rien, ça me met de bonne humeur. Je fais tous les backs un après l'autre et je me trémousse tant que je dépasse invariablement la limite de vitesse. Donc dis-je, je suis partie de bon matin à la conquête de la très charmante ville de Dolbeau.

Je venais de lire Le Sentier des brumes (Jacques Côté, ed. Alire, 2008), qui est un roman terrifiant dont l'action se passe en majorité dans le Parc des Laurentides, où un adolescent est pourchassé par un tueur fou à travers montagnes. L'ambiance de ce livre SENT la brume épaisse, l'huile à moteur, la pluie, la boue qui dévale les sentes, le sang, la sueur, la folie et une terreur idoine à tout ça. J'ai roulé 134 km en solitaire. Dans le brouillard. Je n'y voyais goutte et mon sourire initial s'était transformé en rictus indécis. J'avais la trouille, quoi. Même en plein jour, ce satané parc me fout les chocottes. Dès que j'apercevais un forestier barbu travaillant près de son ski-doo, j'accélérais pour être sûre qu'il ne se mette pas en travers de mon chemin pour m'égorger et/ou me violer. Imagination débridée, je sais, mais ça aussi, c'est plus fort que moi.

Lorsque j'ai bifurqué dans le Petit Parc en direction d'Alma, la lumière de mon lave-glace s'est allumée. Bigre. La slush recouvrait la totalité de mes vitres et les douze-roues étaient légions en sens inverse. J'ai donc passé 100-quelques kilomètres penchée sur mon volant en me maudissant d'avoir tout vérifié sauf ÇA. Au sortir du Parc (soulagement INTENSE!!!), je me suis arrêtée à la première station service venue. J'en ai profité pour demander mon chemin à la gentille dame rousse qui m'a prestement dirigée... en direction de Roberval. À Alma, au carrefour, j'ai surveillé les indications pour Dolbeau mais je n'en ai point vues. J'ai tourné à gauche en me disant que c'était bon et j'ai continué mon chemin sans trop me poser de questions. J'ai suivi Roberval. STIE! J'avais des doutes, mais le mâle en moi refusait de s'arrêter prestement pour demander si j'avais suivi le plus court chemin pour me rendre à destination. Je me suis donc tapée le tour au complet du Lac, un autre café dégueulasse mais encore plus essentiel entre les mains. Je ne chantais plus, je maudissais mon laxisme et cette tendance innée à être convaincue que je trouverai mon chemin très facilement. Ou que je peux faire confiance à la première caissière venue.

À un moment, je me suis astreinte à me calmer les nerfs et à profiter du paysage, tant qu'à y être. À Ste-Prime, j'ai vu la plus belle grange de ma vie, toutes catégories confondues. J'ai vu l'immense lac tout blanc, un village de cabanes sur glace, une maison écroulée de l'intérieur, des fermes ravissantes où j'avais envie de m'arrêter pour assister au train des vaches somnolentes, encore d'autres granges et une géniale maisonnette dans les arbres. Ma libraire ne s'est pas étonnée de mon retard. Elle se disait que je me perdrais sûrement, étant donné que je n'y étais jamais allée. Ouin. J'avais prévu lui mentir, mais je lui ai plutôt conté la vérité avec moult détails. Je me suis dit que pour une première rencontre, ça serait super d'avoir l'air de Bridget Jones en cavale, cela me conférerait un aura attendrissant. J'aime bien "séduire" les gens par le rire.

Notre première rencontre s'est très bien passée. Mis à part le fait que j'ai renversé mon café sur son bureau (êtes-vous surpris?). Elle ne m'a pas grondé. Elle a rigolé derechef en me disant que ma présence était rafraîchissante (???) et elle s'est empressée d'enlever mon ordinateur de la proximité de la flaque qui s'étalait dangereusement en direction de. Elle m'a expliqué 3 fois le chemin pour revenir vers Chicoutimi et est venue jusque dehors pour me montrer la bonne direction à prendre. Eh eh! J'ai déjà une sacrée réputation dans le coin...

J'y suis enfin après avoir dû m'arrêter en chemin pour réviser mon planning de demain qui n'avait aucun sens. En revenant, j'ai échappé d'un demi-quart de poil à un accident grâce à une l'intervention divine ou toute autre entité en charge de ma protection. L'hôtelier m'a accueillie avec emphase, il m'a remis un coupon de bière gratuite à la Cage (où j'irai prestement dès la publication de ce billet), j'ai 5 oreillers dodus dans mon lit queen et je vais de ce pas prendre une douche brûlante pour me laver de cette journée débilissime. Sans blague. Je ne sais pas comment je vais justifier tout ce kilométrage superflu à ma patronne... Vous croyez que je peux lui avouer que je me suis PERDUE??? ARGH. C'est la honte, pour une rep, de se perdre. Surtout dans une région où tout est "toujours tout droit", puis à la lumière à droite...

4 commentaires:

lapinblanc a dit…

... je t'aime ;-)

Gomeux a dit…

Ouah!
Trop drôle!
Ah... Dullbeau.
Drôle d'endroit.

McDoodle a dit…

Fais de beaux rêves.

É. a dit…

Ah, ah, ah ! Ah, ah, ah, ah, ah ! Je ne demande plus mon chemin, vraiment. Les habitants ne savent plus où ils habitent. Il se rendent du frigo au bureau dans un demi-sommeil uniquement interrompu par les pubs et les pauses-caca.