Si, tout à coup, le bruit des loquets couvrait le silence feutré des housses, si les chuintements des tissus, le couinement des tuyaux, la rumeur des pneus sur la pluie, si les grêlons printaniers, l'odeur des épices broyées au pilon sur les échalotes françaises, si les dernières volutes des dernières cigarettes emprisonnaient les mots, tout à coup? Si je décidais ce soir de laisser mon univers s'évaporer par le moustiquaire de cette mauvaise chambre louée pour la nuit? Si je décidais que Miléna disparaît ici, maintenant?
Si dans mon dernier verre je laissais mes facettes se diluer, si je m'enroulais enfin dans les deux couettes des deux lits de ma chambre pourrie pour étouffer les grognements qui montent dans ma gorge quand je laisse mon corps s'abandonner, si je retrouvais la carapace forgée pour mon coeur; si je retrouvais la carapace forgée pour mon coeur?
Si, tout à coup, je laissais les voix décroître au pied de l'escalier, les images tendres éclater comme des bouquets d'algues qui dégèlent, si je me mirais seulement dans les flaques et non dans vos yeux, si je décidais de m'empoussiérer, de me dissoudre, si je mettais le mot "FIN" ici?
Comment je me sentirais?
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13 commentaires:
Aaaaaah ! Ben non !
Ne nous abandonne pas, plize. Le voyage avec toi est tellement agréable. La marrée va monter te chercher et te demander : pourquoi tu ne parles plus de moi, de mes robes, du vent dans mes frou-frous, de mes humeurs, de la lumière, des mélancoliques que je berce et de l'odeur dans tes cheveux.
Et les photos ?!
L'important est que tu te sentes bien. Mais si c'est un doute, je veux bien volontiers de lancer des fleurs. Par gros bouquets !
Je sais pas comment tu te sentirais.
Faut faire selon ses envies il parait.
Mais à la lecture de ton blog, j'ai quand même l'impression que quelque chose de beau s'est ouvert en toi, au fil des pages et des années. Tu écris des textes si merveilleux que ce serait franchement triste si tu faisais taire ça.
Si tu faisais ça, peau de vache !? Je t'enverrais une lettre d'insultes de 400 pages, asti de câlisse de tabarnak. Grrr. Fais-pas ta Kostitsyn. T'es bourrée pourrie de sensibles talents inouïs et croissants. Te jure ! Je prends l'avion et je te donne la fessée !
Opossum !
Nougat !
Vasistas !
Vasistas ?
Je pense que tu devrais mettre la clé, cela laisserait plus de place au roman que nous attendons tant.
Je dis bien égoïstement car contrairement aux autres, j'ai la chance de t'avoir sous la main, à deux coins de rue, à volonté.
Je t'aime et bonne réflexion
Sur la lectue, l'écriture et ...l'édition, à lire "Si un soir d'hiver un voyageur" d'Italo Calvino.
J'en serais triste...
Vous êtes chous. Je me sens comme une fille qui irait à la pêche aux compliments alors que c'était pas l'intention du tout du tout. L'idée était de laisser savoir que Miléna est sous respirateur artificiel depuis quelques mois.
Y'a peut-être quelque chose qui en sortira. J'aimerais pas trop qu'elle succombe. Je serais en deuil. Je vais la veiller en lui tenant la main, pour voir.
Pensais pas lire le nom Kostitsyn ici! Ouaaaah! Trop bonne!
Tsé, je te l'ai dit l'autre jour, personnellement y a pas de différence, Miléna c'est toi, Mélanie.
Bon, ça ne me dérange pas que tu laisses ça en jachère ici, mais j'exige un autre blogue en compensation.
Genre: Les Carnets de Mélanie, tsé, ou Maliné, c'est comme tu le sens.
En attendant, répète avec moi:
y a pas de stress, si t'as rien à écrire, n’écrit rien, ça s'écrit dans ta tête anyway.
Quand ça sera prêt, on viendra te lire, craint pas.
Pas de stress.
Je dis pareil comme Gom, c'est toi qui le sait, qui le sens. Depuis la dérive Pascale je passe minimum 2 fois par jour voir si t'as pas rajouté quelque chose.
Je sais que l'envie immense de voir Eric atterrir à Québec pourrait te faire fermer la porte sur ce Blog mais ne le fait pas si ce n'est que pour faire publier tes écris dorénavant.
Marie a raison, tu dois être publiée, faut que pleins de mains puissent tenir tes histoires et que plein d'yeux puissent te lire et s'y croire.
Je t'aime mon amie que je néglige.
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