<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163</id><updated>2012-01-02T12:56:09.180-08:00</updated><title type='text'>Miléna</title><subtitle type='html'>carnets de route</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>300</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-6318123211977724359</id><published>2011-06-09T16:03:00.000-07:00</published><updated>2011-06-09T18:23:57.202-07:00</updated><title type='text'>Remplacer la chauve-souris par une nouvelle maîtresse</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-ZL2T-_y1y_M/TfFcZe5pzgI/AAAAAAAABxA/B5f2F1laF60/s1600/DSC03907.JPG"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 275px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-ZL2T-_y1y_M/TfFcZe5pzgI/AAAAAAAABxA/B5f2F1laF60/s400/DSC03907.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5616371803169082882" /&gt;&lt;/a&gt;Plusieurs heures manquent à ses nuits. À peine allongée dans ses draps bleus, elle plonge en apnée. Elle cesse de respirer quelques secondes, une minute, parfois deux et dans son ventre naissent la houle et les vagues contenues entre ses côtes. Elle se réveille alors en aspirant l'air dans un puissant râle qui pousse l'oxygène jusqu'à ses doigts repliés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme un nouveau né prend sa première respiration en pleurant. Elle a l'impression de naître vingt, trente, cent fois par nuit. Sa gorge est obstruée par des entraves invisibles. Constamment tirée du sommeil par ses étouffements spontanés, elle devient exsangue et un peu déjantée. Le son du réveil lui tire parfois des larmes. Même la musique ne lui donne pas envie de se lever. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle fait fuire quelques amants qui craignent qu'elle meurt étouffée dans leurs bras. Elle dort souvent seule ramassée autour des oreillers qu'elle élève en barrière contre les nuées d'araignées rouges qui descendent de son plafond. Elle rêve à sa dernière maîtresse. Celle qu'elle voulait accrocher à ses rideaux pour pouvoir la regarder flotter, ses fesses griffées dans l'aube et ses cheveux comme des fils de Liliputiens enlisés au matelas. Elle aimait poser son menton entre ses seins et respirer l'odeur de ses cuisses. Elle avait trouvé l'endroit parfait où elle pouvait déposer sa tempe. Et une paume ouverte qui embrasait la nuit. Les heures refusaient de se perdre, pour une fois conjurées par les balises de sa peau. Elle lui insufflait l'espace et ouvrait ses bronches, son plexus, ses poumons, son ventre, son diaphragme et propulsait sa voix. Dans ses songes se promènent aussi des visages flous et surviennent des accidents réels, qui la trouvent debout au milieu de sa chambre, en sueur et déroutée. Elle retire ses sous-vêtements trempés et se rendort pour la quarante-deuxième fois en se berçant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors le jour une chauve-souris affolée vole dans son crâne. Ça lui fait perdre l'équilibre. Elle se cogne contre les meubles, les cadres de porte et sur les poteaux, un samedi sur deux elle déboule les escaliers ou se tord les chevilles dans les nids-de-poules. Son amie -qui est un peu sorcière- croit très poétiquement qu'elle perd pieds momentanément. Celui qui prend soin d'elle après ses chutes trouve plutôt qu'elle devrait laisser tomber les talons hauts et s'agripper aux murs. Elle pense secrètement qu'il pourrait lui tenir la main au lieu de la lui tendre et qu'il serait bien qu'il protège ses nuits en l'avalant entre ses cils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains matins elle range son lait dans l'armoire et oublie les feux du poêle allumés. Elle oublie son cellulaire et ses clés, descend trois fois par jour au dépanneur chercher ce qui lui manque, laisse traîner sa liste d'épicerie sur la table et les portes d'armoires à portée de son front. Elle glisse sur les cailloux englués des rivières et sur la poussière qui roule sur les trottoirs, ses genoux sont couverts de gales comme une enfant de six ans, ses bras et ses jambes sont constellés de bleus. Elle évite curieusement les fractures du crâne, les commotions cérébrales et toute forme de cicatrices apparentes. Comme rien de grave ne lui arrive, ses amis rient gentiment de sa maladresse, ravis par la somme de ses déboires puisqu'ils ne la privent pas de l'auto-dérision qu'elle alimente pour susciter les boutades.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle voudrait pourtant trouver le sommeil et remplacer la chauve-souris par une nouvelle maîtresse, qui l'affolerait autant mais qui lui rendrait son équilibre et sa voix.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-6318123211977724359?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/6318123211977724359/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=6318123211977724359&amp;isPopup=true' title='18 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6318123211977724359'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6318123211977724359'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2011/06/remplacer-la-chauve-souris-par-une.html' title='Remplacer la chauve-souris par une nouvelle maîtresse'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-ZL2T-_y1y_M/TfFcZe5pzgI/AAAAAAAABxA/B5f2F1laF60/s72-c/DSC03907.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>18</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-1793567692231116233</id><published>2011-05-18T14:40:00.000-07:00</published><updated>2011-05-18T14:42:35.076-07:00</updated><title type='text'>Your skin made me cry</title><content type='html'>&lt;iframe width="425" height="344" src="http://www.youtube.com/embed/evG2DDmSdxM?fs=1" frameborder="0" allowFullScreen=""&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il aurait fallu que je laisse le silence dévier la courbe de mes envies. Que je lise mieux entre tes cils les mots rares que tu jetais entre les syllabes affolées que je scandais pour occulter le vide entre nos corps. Il aurais fallu que je me taise et que j'écoute mieux tes gestes, que je sonde tes retranchements et tes dérives. Il n'y a pas de fautes, seulement des maladresses. Des mains vides qui tâtent un flot d'objets imaginaires, des illusions de bonheur comme des nuées de papillons bleus transformés en flammèches incandescentes sur nos épidermes. J'aurais dû sortir marcher, prendre le large un jour de mai pour ne rentrer que trois jours plus tard avec la certitude que nos traces s'effaçaient à mesure. Nous avancions en nous portant tour à tour au lieu de marcher ensemble en nous tenant la main. J'aurais dû sortir de moi pour entrer un peu mieux en toi au lieu d'user ma voix et de mes bras pour te retenir.  Je vois des bracelets serrés et des draps lourds. Un loup écarté sur une colline, des hiboux échevelés dans la lumière embrouillée d'une lune de juillet. Une faille. Un éboulis. La panique. Des pas affolés sur des pierres fragilisées par l'écume des grandes marées, des perditions sur des chemins de fer rouillés, des haltes et des rebours, que des fuites. L'impression de ne pas s'appartenir et de flotter sur les vents contraires jusqu'à se déposer enfin à l'endroit exact où il faut être pour reprendre son souffle. Quand on s'est finalement regardés dans les yeux, toi et moi, au bout de la course... c'est peut-être ce que nous avons tout à coup appris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toi à parler, moi à me taire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-1793567692231116233?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/1793567692231116233/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=1793567692231116233&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1793567692231116233'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1793567692231116233'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2011/05/your-skin-made-me-cry.html' title='Your skin made me cry'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://img.youtube.com/vi/evG2DDmSdxM/default.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-399940244334768446</id><published>2011-05-13T15:37:00.001-07:00</published><updated>2011-05-13T15:37:25.156-07:00</updated><title type='text'>Chambre 14</title><content type='html'>Je déteste cet hôtel. Il y fait sombre comme en plein hiver même quand le soleil frappe la façade. Il n'y a que des vues sur parking ou sur la piscine tristounette et son jardin de béton. Les tapis aux motifs improbables sont tachés et élimés, les papiers-peints jaunâtres barriolés de beige décollent dans le haut des murs, les carreaux de la douche sont craquelés. Dans l'air flotte une odeur d'antiseptique bon marché, un mélange de javel et d'arôme floral écoeurant qui colle aux vêtements et aux poils des narines. Le réceptionniste a une dégaine de nerd avec sa mèche léchée sur le côté; il a la lippe molle et des graines d'amande entre les dents, sa chemise blanche à moitié transparente bouffe disgracieusement hors de ses pantalons à pinces. Il est froid comme s'il ne me connaissait ni d'Ève ni d'Adam alors que je viens ici tous les mois à mon corps défendant. Il a de longs doigts trop fins qui pianotent sur le clavier en faisant tic-tic comme les ongles des coiffeuses lorsqu'elles nous écorchent le crâne. J'en frissonne de dégoût. Moi aussi, j'ai déjà oublié son prénom.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le veilleur de nuit me reluque d'un air égrillard quand j'entre de souper. Je passe vite devant la réception pour ne pas qu'il m'interpelle. Il est heureusement au téléphone. À minuit, il m'appelle pour savoir si je veux une tisane. Heu... Non. Merci. Il ajoute qu'il serait ravi de venir me réveiller à la fin de son quart de travail si j'ai besoin d'un "wake up call" personnalisé. Crétin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'entends le voisin du dessus pisser et péter, les portes claquent trop fort en se refermant sur les gros bonhommes à moustaches. Une aile entière est constamment prise d'assaut par des jeunes adolescents ivres, des pompiers en congrès (ivres), des joueurs de hockey (ivres) qui se lancent la balle dans le corridor et ramènent du bar d'à côté des filles qu'ils embrassent en bavant trop contre les cadres de portes. Ils les poussent ensuite sur les deux lits queen en laissant la porte ouverte. Leurs souliers pêle-mêle dans l'entrée à travers les bouteilles de bière vides. J'entends leurs rires et leurs soupirs. Les ahanements d'une jouissance brève qui m'excite si peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À 7h30 du matin, les femmes de chambre entrent après un demi-coup frappé de la jointure, mais à 9h elles sont toutes affalées dans le lobby avec leur uniforme informe et leurs mèches oranges, les pieds chaussés de Hush Puppies beige aux semelles anti-dérapantes. Elles échangent des recettes à la crème de champignons Aylmer et des ragots en feuilletant les revues à potins. Pas une ne se lève pour ouvrir la porte aux voyageurs croulants sous les valises. Elles doivent se venger d'avoir à changer des draps pleins de spermes ou de sang et de ramasser des poils dans les douches et les lavabos. Sans parler des condoms tirés sous les lits, des kleenex, reste de marijuana, de coke, d'huile à massage et de lubrifiant sur les tables de chevet, des ronds de vin rouge à nettoyer sur les bureaux et des sacs graisseux abandonnées dans les corridors, qui vomissent les restes de frites, d'ailes de poulet et de chow-mein insipide. L'humanité dans toute sa splendeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la salle de bain, une affichette dit: "Vous avez oublié quelque chose? Du calme. Il se peut bien que nous ayons ce qu'il vous faut". Tu parles. Ce qu'il me faudrait, c'est avoir le choix d'être ailleurs qu'ici.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-399940244334768446?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/399940244334768446/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=399940244334768446&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/399940244334768446'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/399940244334768446'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2011/05/chambre-14.html' title='Chambre 14'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-4524732205454376602</id><published>2011-05-10T06:35:00.000-07:00</published><updated>2011-05-13T09:41:18.745-07:00</updated><title type='text'>Les cicatrices sont des poussins.</title><content type='html'>La côte est une femme plantureuse tout en courbes et en falaises luisantes des cascades d'eau qui glissent sur sa peau. Elle en parcourt les routes les fenêtres ouvertes pour capturer le souffle marin qui nettoie l'âme en piquant les joues. Il pleut. Les rivières débordent dans les congères en grandes rigoles sautillantes comme des troupeaux de moutons blancs affolés. Elle a baissé les bancs de sa voiture pour transporter ce qu'elle avait d'essentiel. Elle pourrait bien ne plus revenir. Tout ce qui reste chez elle est superflu: des tasses disparates, des draps aux couleurs passées, des meubles qu'elle avait amassé à gauche et à droite pour se donner l'impression d'avoir un chez soi. Elle a laissé ses trousses à crayons, ses lanternes chinoises, sa collection de sable blond, noir et roux, la coutellerie de sa grand-mère, des cassettes enregistrées quand elle était adolescente, les outils dont elle ne s'est jamais servis, les phrases jetées sur des napperons de restaurants, sur des signets ou des serviettes en papier déchirées. Elle a aussi laissé ses diplômes, tous ses albums photos, les vieilles diapositives de son enfance, les jeux auxquels il manque des pions, une centaine de National Geographic et des dizaines de boîtes de livres. Elle a seulement entassé dans de grands bacs en plastique quelques vêtements, son ordinateur portable et ses bottes de pluie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ne fuit pas elle s'évade, transportée par la voix muette de ses fantômes et par les cicatrices qu'elle cache à l'intérieur d'elle. Elle s'évapore pour aller caresser les striures blanches qu'elle porte sur son coeur, dans son ventre et sa tête. Ses cicatrices sont des poussins fragiles dont les plumes encore collées doivent sécher avant de se transformer.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son cellulaire vient de rendre l'âme. Personne ne sait où elle est ni où elle va. Elle veut qu'on la recherche mais pas qu'on la trouve. Elle court vers un espace qui ne serait qu'à elle, loin des lieux qu'elle a toujours fréquentés, à l'abri des regards qui quêtent une image à laquelle elle ne veut plus répondre. Elle a noué un fichu thibétain sur ses boucles. Elle ne s'est pas maquillée, a enfilé le vieux pull marin de son père, celui qui sent l'humidité et les embruns, a chaussé ses vieux espadrilles et mis les jeans qu'elle réservait aux travaux et à la peinture. Elle a coupé ses ongles, oublié de se faire les sourcils, ne s'est pas rasé les jambes ni les aisselles. Sous ses vêtements, un vieux slip rayé bleu et blanc et un soutien gorge sans dentelle. Elle fait la grève des artifices. Le soleil dessine ses courbes lumineuses derrière la fumée des nuages. Elle vient de perdre le poste de radio qu'elle écoutait. Une marmotte traverse la route devant elle. Ce soir elle sera loin.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-4524732205454376602?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/4524732205454376602/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=4524732205454376602&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4524732205454376602'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4524732205454376602'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2011/05/les-cicatrices-sont-des-poussins.html' title='Les cicatrices sont des poussins.'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-5088463090606363799</id><published>2011-04-26T13:33:00.001-07:00</published><updated>2011-04-27T15:49:12.783-07:00</updated><title type='text'>Madame C.</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-M-NFq5Wklx8/TbidTHTvHEI/AAAAAAAABws/4Wa3mOgq5E8/s1600/Madame%2BC..jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-M-NFq5Wklx8/TbidTHTvHEI/AAAAAAAABws/4Wa3mOgq5E8/s400/Madame%2BC..jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5600399088340114498" /&gt;&lt;/a&gt;Elle avait taillé un passage dans la haie qui menait à notre maison. Je détestais la traverser quand il pleuvait en novembre, mais j’aimais bien la rosée du matin qui se déposait sur mes bras quand j’allais chez elle au petit matin.  Je devais ensuite traverser le potager double tout en résistant pour ne pas piger sur les grappes de tomates cerises et les pois sucrés, puis je passais dans l'odeur d'essence du garage et j’entrais par la petite porte de la cuisine. J’étais sûre de la trouver là. Elle passait son temps à embaumer l’air de biscuits aux brisures de chocolat, de pains aux bananes, de pudding chômeur, de grands-pères au sirop d’érable, de pâte à crêpes, de carrés au Rice Crispies ou de sucre à la crème. Elle faisait des confitures de petites fraises sauvages, des compotes de pommes, du ketchup aux fruits maison -dont je détestais l’odeur - des betteraves ou de la soupe. Toutes sortes de soupes aux étoiles ou à l’alphabet. Elle coupait les légumes pour un bouilli, roulait des fonds de tartes sur sa table enfarinée, désossait un poulet, épluchait des radis qu’elle mangeait avec une grosse tranche de beurre frais. Quand je lui demandais de m’enseigner ses recettes, elle riait en disant qu’elle faisait tout à l’œil. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois, une montagne de chaussettes à repriser attendait dans son vieux panier en osier. Elle réparait les trous avec du fil épais, ça faisait des talons rêches et inconfortables mais elle ne voulait pas qu’on s’en plaigne. Quand elle voulait tricoter, elle sortait des sacs de laine que nous roulions en pelotes serrées tout en bavardant devant un verre de limonade fraîche ou un chocolat chaud à la guimauve. L’horloge égrenait les minutes par-dessus le cliquetis de ses aiguilles. Sur le bahut, il y avait des bocaux de glosettes aux raisins, de smarties, de biscuits, de caramels au beurre et un vieux cendrier soufflé rempli de bonbons dont le cœur mou fondait sur la langue. Près de l’entrée, un petit bol ciselé rempli d'inépuisables cœurs à la cannelle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le boudoir attenant à la cuisine était tapissé de livres du plancher au plafond dans des cases de bois peinturées en blancs. Cette petite pièce sentait le steak haché et le vieux tissu des chaises berçantes ancestrales. Je jouait à l'araignée dans les couvertures crochetées empilées sur le sofa. C’était ma bibliothèque municipale privée. Quand je venais me ravitailler, elle prenait les lorgnons qui pendaient au bout d’une chaîne en argent contre sa poitrine plantureuse, elle les fichait au bout de son nez et sortait son air de maîtresse d’école tout en vérifiant mes choix.  J’étais encore trop jeune pour avoir droit de tous lire; elle gardait la liberté de me dire non. Je repartais en tenant une pile serrée contre mon ventre, je traversais la haie en sens contraire en repoussant les branches d’une main, puis je courais m’enfermer pendant des heures. Parfois, le dimanche, elle venait déposer une boîte en carton devant ma porte.  Je savais qu’elle revenait du marché aux puces alors je me précipitais pour voir les trésors qu’elle m’avait dénichés. Presque toutes les lectures de mon enfance viennent d’elle. Elle m’amenait aussi des blocs de jeux, des mots croisés, des mots cachés, des livres à colorier, du papier calque et des crayons. J’imagine qu’elle m’a forgé autant que mes parents. Sans elle, je serais résolument différente. Elle a semé tant de choses qui sont comme des racines profondes. Parfois, il me prend l’envie de couper quelques tiges de ce qui en est ressorti de bon et d’aller les lui offrir en cadeau. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous l’avons toujours connue. Elle s’occupait de nous comme si nous étions ses enfants, jetant constamment un œil sur le jardin où nous jouions. Dans la cave fraîche de sa maison, à côté de la salle de lavage, elle gardait aussi toute une réserve pour ma mère. C'était notre dépanneur. Il y avait des crèmes de tomate et de champignons, du sucre, de la farine, du sirop d’érable, des pâtes, du bouillon de poulet, du gruau, des céréales. On pouvait aussi repartir avec seulement une tasse de crème, une demie livre de beurre ou un fond de mélasse. Elle notait nos « emplettes » dans un carnet boudiné et elle réglait ses comptes avec mes parents le vendredi. Elle venait à la maison pour nous faire à manger les midis d’école et elle revenait à 3h nous accueillir pour les devoirs qu’on faisait en mangeant une collation dès notre arrivée à la maison. Plus vite c’était commencé, plus vite c’était fini. Il était inutile de vouloir changer la routine. Il ne nous serait même pas venu à l'idée de la contredire ou de tergiverser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle insistait pour que nous fassions nos lits tous les matins, elle nous forçait à manger nos croûtes (qu’elle découpait en petits morceaux et qu’elle beurrait individuellement), à plier nos vêtements convenablement et à fermer les lumières dans chaque pièce lorsque nous n’y étions pas.  Quand mes parents partaient en voyage, elle nous aidait à suivre leur itinéraire en mettant des punaises sur la carte de leur trajet. Nous dessinions des croix sur le nombre de dodos qui restait avant qu'ils reviennent. D'une poigne de fer elle nous a appris l’obéissance et la discipline, mais aussi la générosité et le don de soi. Je ne me souviens pas qu’elle m’ait serrée dans ses bras ni bercée. Pourtant, chacun de ses gestes était une irrémédiable preuve d’amour. Elle était à la fois rassurante et sévère, douce et intraitable. Il était impossible de marchander ou de remettre à plus tard ce qu’elle nous demandait de faire. Nous l’aimions et la craignions un peu. Notre réserve était sûrement due à la peur de la décevoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des années me séparent de la dernière fois où je l’ai vue. Je me dis souvent que je devrais m’arrêter devant sa maison, entrer par la petite porte de la cuisine et m’asseoir devant elle pour rouler ses balles de laine ou lui faire la lecture, peut-être, si elle est trop vieille. Je pourrais lui faire ma crème de carottes au curry et poires, mon gratin de coquillettes et mon gâteau aux pommes sauce au rhum. Je lui parlerais des livres que je vends et de ceux que je lis. Je pourrais lui en prêter quelques uns.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-5088463090606363799?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/5088463090606363799/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=5088463090606363799&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5088463090606363799'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5088463090606363799'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2011/04/madame-c.html' title='Madame C.'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-M-NFq5Wklx8/TbidTHTvHEI/AAAAAAAABws/4Wa3mOgq5E8/s72-c/Madame%2BC..jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-1855105634714688162</id><published>2011-04-26T08:48:00.000-07:00</published><updated>2011-04-26T10:01:17.594-07:00</updated><title type='text'>Soliloque</title><content type='html'>Je ne sais pas si je vais un jour parvenir à t'oublier. Je vais sûrement garder ta manière de couper les oignons et de faire caraméliser des échalotes françaises dans le vinaigre balsamique et le sirop d'érable. Je vais m'acheter une poêle en fonte striée et des nouvelles chandelles, je vais changer ma déco et mes coussins. Je vais mettre du turquoise ou du rose dans mon aura et m'acheter de nouvelles plantes grasses et douces. Je vais aussi continuer de regarder la cote des films sur IMDB avant de les louer, pour être sûre de ne pas regarder de la crap. Je vais continuer d'aller travailler au café le vendredi après-midi devant un grand cappuccino avec le couvercle en bec de canard. Je vais faire mes marinades, ma sauce à pizza, je vais tenter d'inventer des recettes et dormir du côté gauche du lit. Je vais encore rouler à l'aventure le samedi après-midi pour aller photographier les grèves ou les ponts couverts, je vais aller voir des shows toute seule, prendre une bière au bar le mardi soir, louer des séries et les écouter jusqu'à 4h du matin enroulée dans ma doudou. Je vais me bercer quand je serai trop seule. Passer mes mains en rond sur mon ventre pour me calmer quand je serai angoissée la nuit. Je vais m'étaler en diagonale, me lever à l'aube. Je vais sautiller, écrire, lire des journées entières, faire des feux sur la grève, travailler la terre, je vais tourner mon regard vers ceux qui en veulent et aimer en général au lieu d'être amoureuse en particulier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais traîner tes yeux et ton sourire dans une pochette de cuir fermée avec un petit cordon de laine. Je vais caresser mes souvenirs et me dire qu'après un chapitre vient un autre chapitre ou l'épilogue. Ça dépend. On finit toujours par parler des mêmes choses avec des mots différents parce qu'on ne réinventera pas la roue. Tout se résume à l'amour et à la perte et sans la tristesse, tout le monde sait que le bonheur n'existerait pas. Il suffit de naviguer entre les deux et de laisser les cases se remplir et se vider, comme les creux entre les rochers les jours de grandes marées. J'essaierai de trouver les mots qui parlent plus de la joie que de la tristesse pour ne pas me sentir ingrate et revêtir inutilement un costume de drama-queen en mal de spectacle. J'ai oublié certaines choses au courant des derniers mois. Je suis revenue ici pour m'en souvenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour paraphraser quelqu'un: Toute va t'être correct.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-1855105634714688162?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/1855105634714688162/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=1855105634714688162&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1855105634714688162'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1855105634714688162'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2011/04/soliloque.html' title='Soliloque'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-112919001204086514</id><published>2011-04-22T10:33:00.000-07:00</published><updated>2011-04-22T10:34:25.301-07:00</updated><title type='text'>La manière de quitter quelqu'un</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-3ogAuvi2-O8/TbG3Fb6B64I/AAAAAAAABwk/F50hK-BYuhY/s1600/vue%2Bde%2Bma%2Bfen%25C3%25AAtre.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-3ogAuvi2-O8/TbG3Fb6B64I/AAAAAAAABwk/F50hK-BYuhY/s400/vue%2Bde%2Bma%2Bfen%25C3%25AAtre.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5598457115816618882" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Il était juché sur le tabouret de son coin cuisine, les épaules basses, le visage tourné vers le panorama que lui offraient les grandes fenêtres orientées plein nord. Au loin, les montagnes s'évaporaient dans la lumière mourante du crépuscule. Il ne voyait presque plus la Vallée-des-Sorcières. Des langues de brume traçaient nettement le contour des rives de la rivière Saint-Charles, il les regardait monter comme la robe des fantômes qui l'habitaient. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il réfléchissait. Près de son verre de rhum glacé, une lettre froissée par son passage répété sur des mots qui ne disaient rien. Ou si peu. Je ne t'aime plus. Je ne t'aime plus. C'est tout ce qu'il pouvait retenir des lettres qui se précipitaient dans le vide ponctué des phrases creuses. Il l'avait d'abord lue très vite, puis il avait recommencé plus lentement pour être sûr de ne rien laisser filer. Il voulait capturer chacun de ses mots parce qu'il avait la sensation qu'ils étaient tout ce qui lui restait de sa femme. Elle ne répondait à rien de ce qu'il lui avait demandé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'était pourtant résigné plus facilement qu'il ne l'aurait cru à la fin de leur amour. Il comprenait très bien la possibilité qu'elle ne soit plus amoureuse de lui, les années étant souvent meurtrières et voraces. Il ne pleurait plus seulement parce qu'elle l'avait quitté. Sa tristesse était désormais faite de colère, d'amertume, d'impuissance et de dizaines de questions restées sans réponse. Jamais il n'aurait pensé qu'elle pouvait à ce point oublier la tendresse résiduelle des années qu'ils avaient passé à s'aimer. Il aurait souhaité qu'elle prenne au moins le temps de bien le quitter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'elle pense à la panique que son silence ajoutait à la douleur normale d'un deuil qu'on amorce, aux insomnies hantées de paroles sourdes, aux conversations imaginaires qui le faisaient marcher pendant des heures dans les rues de son quartier à la recherche d'un écho. Il en voulait à son manque de courage. Il lui en voulait d'avoir ignoré les signes de son désamour. La colère lui coupait le souffle. Il avait tout fait pour essayer de dissiper sa froideur. Il refusait de se buter au regard désert qu'elle posait désormais sur lui alors il s'était mis à nu dans l'espoir qu'elle le reconnaisse. Qu'elle se souvienne qu'il s'agissait de lui. Il avait envie de hurler: comment peux-tu agir ainsi avec MOI? Il aurait voulu qu'elle se retourne - même brièvement- pour s'assurer qu'il n'allait pas trop mal. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était tombé amoureux parce qu'elle était la femme la plus douce et la plus rassurante qu'il ait jamais rencontrée. Il avait été séduit par sa bonté, sa vivacité d'esprit, par le regard tendre et lumineux qu'elle posait tous les jours sur lui. Elle était entrée dans son univers en papillonnant, heureuse et légère et intègre. Il adorait la bulle de leurs moments intimes, la qualité de la relation qu'ils avaient réussi à construire en traversant la vie coude à coude. Il avait confiance en elle. Soudain, plus rien de ce qu'il connaissait d'elle ne semblait vrai. Il n'avait rien fait pour qu'elle le déteste; il ne l'avait pas trompée, ne lui avait pas menti, ne l'avait jamais trahie. Les erreurs qu'il avait commises étaient des petites encoches normales, des parenthèses faciles à refermer. Voilà pourquoi il ne comprenait rien à sa visible indifférence. Il voulait qu'elle continue de déverser encore un peu de sa douceur autour de leur drame pour calmer l'angoisse de la séparation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se sentait rejeté deux fois. Hier, elle était sa force. Aujourd'hui, elle était  sa plus grande faiblesse. Il ignorait comment il allait trouver le courage de la laisser partir. Tout serait plus facile si elle reconnaissait qu'ils devaient rompre ensemble comme ils s'étaient aimés.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-112919001204086514?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/112919001204086514/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=112919001204086514&amp;isPopup=true' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/112919001204086514'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/112919001204086514'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2011/04/la-maniere-de-quitter-quelquun_22.html' title='La manière de quitter quelqu&apos;un'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-3ogAuvi2-O8/TbG3Fb6B64I/AAAAAAAABwk/F50hK-BYuhY/s72-c/vue%2Bde%2Bma%2Bfen%25C3%25AAtre.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-2991908358670001118</id><published>2010-06-01T09:44:00.000-07:00</published><updated>2010-06-01T09:46:36.829-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/TAU2wgTMfhI/AAAAAAAABv8/um0FdXTEJDo/s1600/DSC03443.JPG"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 285px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/TAU2wgTMfhI/AAAAAAAABv8/um0FdXTEJDo/s400/DSC03443.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5477844728698142226" /&gt;&lt;/a&gt;Il ignore encore pourquoi il s'est tant cramponné à son regard. Peut-être parce que la couleur de son iris lui rappelait la sphaigne parsemant le faîte des collines près de la maison de son grand-père. Un vert mousseux et délicat, nuancé par la brume et les rosées lors d'une soirée de giboulée, son foulard rose sous ses lèvres dessinées au gloss. Il y a vu le dessin d'un estuaire qu'il avait pris en photo. Il est allé vers elle sans se poser de question. Il lui a simplement dit à quel point il la trouvait belle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ont fermé le café où le vin chaud transpirait la cannelle. Sa main a serré ses longs doigts frileux et se sont emmêlés à la mèche qui tombait sur son front. Elle l'a suivi dans son appartement sous les toits, les murs de briques et la lueur des flammes servant de paravent à sa nudité émouvante. Il est devenu fou d'elle en quelques heures. Il voyait son corps blême comme un refuge au bout de ses jours. Elle remplissait tout l'espace et débordait même par les fenêtres. Elle s'évaporait en faisant claquer les volets, glissait le long des corridors et tapissait les murs de chaque pièce comme un fantôme vivant dont il ne se départissait jamais. Il voulait respirer en prononçant son nom et s'endormir contre les traces que laissaient son corps dans les draps lorsqu'elle était absente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il prenait plaisir à lui concocter des sandwitches au filet mignon et des caris de poisson assaisonnés d'épices aux noms imprononçables. Il lui servait des fromages coûteux accompagnés de vins qu'ils découvraient et notaient ensemble dans un cahier rouge, préparait des petits plats d'olives provençales, berçait des homards vivants avant de les plonger dans l'eau bouillante en souriant de toutes ses petites rides de rire qu'elle embrassait avec des lèvres parfumées au porto blanc-tonic. Il s'asseyait près d'elle pour lui toucher la cuisse en parlant, marchait en lui posant une paume protectrice sur l'omoplate, l'amenait pique-niquer sur les portes de la ville et randonner dans les montagnes pour qu'elle sautille sur les pierres rondes et chaudes d'une rivière qui ressemblait à ce qu'elle était.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Insaisissable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle était diffuse. À la fois gaie et terriblement triste, présente et curieusement lointaine. Affectueuse sans avoir l'air amoureuse. Il passait de longues minutes à l'épier du coin de l'oeil pour essayer de saisir les modulations de son humeur. Elle était imprévisible et déroutante comme un ciel de mars. Ses yeux changeaient souvent de couleur et de direction, ils se perdaient dans un vide inquiétant où il n'avait jamais accès. Jamais. Elle se repliait et disparaissait sous un coussin du divan sans qu'il puisse tendre la main pour la retenir. Il ne pouvait qu'attendre qu'elle revienne de ses périples intérieurs. Elle ne partageait jamais les images qu'elle en rapportait, parlait à demi-mot des passages qu'elle traversait, écrivait dans ses courriels quelques phrases imprécises sur un vague-à-l'âme qu'elle ne définissait pas davantage. Il soupirait en refermant son laptop. Pour une raison qui lui échappait, il avait du mal à la laisser s'enfuir. Ou carrément partir. Il espérait qu'elle parvienne au bout de sa peur, au bout de sa peine, et que son visage y soit pour quelque chose. Qu'il fasse office de lanterne, peut-être, ou de port, sait-on jamais. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il voulait continuer de l'embrasser sous les fleurs de l'allée d'arbrisseaux qui menait à chez elle, quand elle montait sur une chaîne de trottoir pour parvenir à le prendre dans ses bras sans lever la tête. Il voulait continuer de la regarder dormir le nez enfoui d'une curieuse façon dans un repli de drap qu'elle froissait dans sa paume comme une douillette d'enfant bordée de satin. Il voulait la regarder lire quand elle pleurait à la fin d'un chapitre ou qu'elle vociférait contre un des personnages. Elle lui parlait toujours d'eux comme s'ils existaient. Elle lui disait: "Tu ne sais pas ce qui est arrivé à Laura.." et elle s'emportait en décortiquant une pistache, crachait les écailles dans sa main et continuait sur sa lancée en pigeant dans les plats qu'il cuisinait. Il coupait l'ail en l'écoutant, heureux qu'elle partage ses émois de lectrice avec lui. Son univers était si vaste qu'il avait l'impression de s'y perdre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait l'impression de se perdre dans les silences qu'elle imposait. Dans les fuites, les regards oppressés, les colères soudaines, les gestes qu'elle n'attendait pas. Il retenait sa main, son souffle et son amour. Quand il marchait sur les quais à l'heure du dîner, il s'efforçait de descendre en lui pour trouver le point d'ancrage entre ses désirs et la réalité. Il s'installait sur un banc avec son sac de pain rassis et en tirant les miettes aux oiseaux, il réfléchissait. À elle. À lui. À la jalousie, à l'absence, à tout ce qui n'était pas dit. Aux crises inutiles, aux discussions vides, au fracas des mots qui sortent du lit et aux réveils douloureux. Il essayait de voir qui elle était au-delà de la femme magnifique qui avait kidnappé son corps en arrachant son coeur au passage. Il ne voyait plus rien tellement elle avait brouillé l'air de ses battements de bras. Il était comme un plongeur dans une mare vaseuse; le nez collé à la surface, la bouche scellée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand il est revenu ce soir là, elle l'attendait sur le pas de la porte. Ses cheveux longs tombant sur une seule épaule, sa jupe noire comme une tulipe à moitié endormie autour des mollets. Elle était assise sur la quatrième marche, son baluchon posé près d'elle. Elle mordillait son bracelet de cuir pour le desserrer. Ses faux-cils battaient vite, comme pour chasser des larmes qui viendraient plus tard. Elle avait l'air d'une femme exposée dans une galerie, sur une toile tragique et lumineuse. Il s'est arrêté pour la regarder quelques secondes. Il a ouvert les bras en signe de reddition, lui a fait signe de se taire et de venir contre lui. Il a respiré ses cheveux, son cou, la naissance de ses seins, il a passé ses mains dans son dos et sur ses fesses, il a froissé sa jupe entre ses doigts impatients. Il a fermé les yeux contre sa joue gauche en caressant son bras doucement, puis il l'a vaguement repoussé en lui disant: Vas-t'en.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle lui a dit: Tu m'abandonnes?&lt;br /&gt;Il a répondu: Tu n'as jamais été avec moi...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-2991908358670001118?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/2991908358670001118/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=2991908358670001118&amp;isPopup=true' title='22 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2991908358670001118'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2991908358670001118'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/06/il-ignore-encore-pourquoi-il-sest-tant.html' title=''/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/TAU2wgTMfhI/AAAAAAAABv8/um0FdXTEJDo/s72-c/DSC03443.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>22</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7717239723613951953</id><published>2010-05-23T22:30:00.001-07:00</published><updated>2010-05-23T22:46:23.048-07:00</updated><title type='text'>Au Cap 25: 61 B, chemin de la Grive</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S_nYH642jHI/AAAAAAAABvU/RzoMlRdTII8/s1600/bulles.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S_nYH642jHI/AAAAAAAABvU/RzoMlRdTII8/s400/bulles.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5474644452623944818" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Une grive a élu domicile derrière la cabane du fond de la Clairière-des-Sorcières. Son adresse est le 61 B, Chemin de la Grive. Logique. L'espace entre la vieille bicoque mystérieuse et la seconde Dompe-à-Roland lui est depuis entièrement réservé. Dès l'aube, elle nous sonne les roucoulements du réveil à intermittence et on la voit ensuite passer en trombe à toute heure du jour. Ses battements d'ailes ressemblent à ceux d'une chauve-souris. Le silence qu'on vient recueillir en travaillant dans le sous-bois est continuellement hachuré de sa voix de grelots. Mignonne comme celle d'une âme qui viendrait s'immiscer dans notre cou en griffant de ses pattes minuscules la petite peau tendre exposée au soleil qui filtre entre les vinaigriers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Cap est réveillé. La rivière montre son visage un peu chiffonné d'avoir soutenu tout l'hiver les vieux trembles et les cèdres éclopés qui ont rendu l'âme dans ses bras. Les Montagnes-des-Coyotes éclatent en petite verdure tendre, la terre a soif, les cabanes sont presque vides du bois qu'on avait cordé pour alimenter la truie. Les chevaux sont revenus au pâturage, l'abreuvoir des colibris a repris sa place devant la fenêtre de la cuisine, la marmotte chafouine a déménagé ses pénates dans la corde de bois, là-bas, dans le sous-bois à Godin. La table est installée au soleil. Le potager a une nouvelle clôture en treillis. Les chevreuils ont labouré les tulipes naissantes de leurs grosses dents voraces alors on s'est vengé en transplantant les bulbes ailleurs, pour voir. L'espace est rempli des cris des mômes qui jouent à la cachette progressive. Impossible de les retrouver alors qu'ils bougent continuellement sur ce terrain de jeu immense. On les laisse courir en profitant de la chaleur sur le balcon le temps d'un verre de rosé, entre deux corvées qui n'en sont pas vraiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinon, pour passer du coq à l'âne, j'ai arrêté de fumer. Mon corps est un gouffre, ma tête est un ravin et mes mains sont des paluches maladroites qui cherchent comment aspirer autre chose que de la boucane. J'ai jeté mes cendriers, mon briquet, mes allumettes et je me propulse dehors à la moindre occasion. Je dors mal, je bouffe une botte de céleris par jour, je sors sur le balcon respirer, je me mords la petite peau des pouces, je claque une porte ou deux à l'occasion, je pleure subitement pour un rien ou pour tout. Je quitte la fumeuse en moi en l'abandonnant partout, mais surtout au bord du Fleuve. Je suis très fière de moi. Je peux l'admettre?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'espace habité par la Grive était celui qu'il me restait à apprivoiser.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7717239723613951953?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7717239723613951953/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7717239723613951953&amp;isPopup=true' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7717239723613951953'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7717239723613951953'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/05/au-cap-25-61-b-chemin-de-la-grive_23.html' title='Au Cap 25: 61 B, chemin de la Grive'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S_nYH642jHI/AAAAAAAABvU/RzoMlRdTII8/s72-c/bulles.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-6921715313006221133</id><published>2010-05-09T11:36:00.001-07:00</published><updated>2010-05-10T15:02:36.023-07:00</updated><title type='text'>Des nouvelles d'outre-tombe</title><content type='html'>Il y avait des années qu'il ne lui avait pas parlé. Ils avaient eu une de ces relations qui imposent un silence salvateur quand elles se terminent, quand il n'y a que l'absence pour colmater l'absence soudaine de l'autre. Des centaines de jours pendant lesquels ils avaient quotidiennement pensé l'un à l'autre en se demandant quel courage naîtrait du néant qu'ils s'imposaient. Un lieu ouaté et clos à l'abri du monde vivant pour laisser les dix années de leur histoire appartenir au passé, laisser la mémoire de leur corps retourner aux draps jetés depuis longtemps. Laisser aussi l'amour finir de se décomposer pour déposer ses pelures et ses poussières en tapis sur les parois de leurs visions anciennes. C'était un grand désert de sel brûlant la plante des pieds, de sable aussi, piquant parfois les yeux lorsque la colère remontait soudain. Un lieu indécis où les marées charriaient des odeurs de racines et le vent, le parfum iodé des larmes. La somme de leurs images respectives remplissait assez d'espace pour qu'ils puisses parvenir à se toucher à nouveau, un jour. Du moins, il l'espérait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils se sont retrouvés devant un café, muets et émus d'avoir enfin franchi la barrière qui s'était élevée malgré leur histoire, ou à cause d'elle. Le regard accroché à ses longs cils, il constatait qu'elle n'avait pas changé. Elle avait peut-être maigri un peu et ses cheveux étaient plus courts, mais il voyait la même fraîcheur dans son sourire. Il était soulagé de pouvoir boire son bol de cappuccino sans trembler, de ne pas avoir envie de fumer une cigarette après l'autre ni de souhaiter quelque chose de plus fort pour contrer l'état dans lequel il avait eu peur de se retrouver. Il avait eu peur de glisser dans son parfum et de ne pas pouvoir se relever, cloué au sol par les remugles de sa peau. Il n'en n'était rien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les pieds enroulés autour des pattes de sa chaise, il apprivoisait l'instant. La musique était inaudible sous les propos qu'elle tenait, il la voyait avancer vers lui à mesure des phrases qui étalaient leur douceur sur les cicatrices mal refermées qui élançaient encore certains jours. Il trouvait enfin réponse aux questionnements aveugles qui avaient durci sa vision du passé. Il pouvait lui raconter des tas d'histoires, lui parler des changements survenus en lui, des traces laissées par son départ, de son coeur qui avait recommencé à battre. Il pouvait tout lui dire. Elle avait été si proche de lui qu'il suffisait de remonter la source à pas lents. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout avait changé, bien sûr. Mais le lieu infini où il l'avait relégué pendant toutes ces années n'était plus clos. Lorsqu'ils se sont levés après leur deuxième café, l'idée du pardon planait entre les bols vides.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-6921715313006221133?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/6921715313006221133/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=6921715313006221133&amp;isPopup=true' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6921715313006221133'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6921715313006221133'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/05/des-nouvelles-doutre-tombe.html' title='Des nouvelles d&apos;outre-tombe'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-450166309894920238</id><published>2010-05-06T19:31:00.000-07:00</published><updated>2010-05-06T20:22:37.028-07:00</updated><title type='text'>Et s'il n'y avait plus rien à dire?</title><content type='html'>Si, tout à coup, le bruit des loquets couvrait le silence feutré des housses, si les chuintements des tissus, le couinement des tuyaux, la rumeur des pneus sur la pluie, si les grêlons printaniers, l'odeur des épices broyées au pilon sur les échalotes françaises, si les dernières volutes des dernières cigarettes emprisonnaient les mots, tout à coup? Si je décidais ce soir de laisser mon univers s'évaporer par le moustiquaire de cette mauvaise chambre louée pour la nuit? Si je décidais que Miléna disparaît ici, maintenant? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si dans mon dernier verre je laissais mes facettes se diluer, si je m'enroulais enfin dans les deux couettes des deux lits de ma chambre pourrie pour étouffer les grognements qui montent dans ma gorge quand je laisse mon corps s'abandonner, si je retrouvais la carapace forgée pour mon coeur; si je retrouvais la carapace forgée pour mon coeur?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si, tout à coup, je laissais les voix décroître au pied de l'escalier, les images tendres éclater comme des bouquets d'algues qui dégèlent, si je me mirais seulement dans les flaques et non dans vos yeux, si je décidais de m'empoussiérer, de me dissoudre, si je mettais le mot "FIN" ici?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment je me sentirais?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-450166309894920238?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/450166309894920238/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=450166309894920238&amp;isPopup=true' title='13 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/450166309894920238'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/450166309894920238'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/05/et-sil-ny-avait-plus-rien-dire.html' title='Et s&apos;il n&apos;y avait plus rien à dire?'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>13</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-3210963177482560844</id><published>2010-04-05T19:46:00.000-07:00</published><updated>2010-04-05T19:57:06.393-07:00</updated><title type='text'>Dérive pascale (ou refaire le plein)</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qiCQCeBTI/AAAAAAAABuw/LLxBRc7BZts/s1600/eau+de+p%C3%A2ques+1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qiCQCeBTI/AAAAAAAABuw/LLxBRc7BZts/s400/eau+de+p%C3%A2ques+1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5456852058061538610" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qhS4u9Y2I/AAAAAAAABuI/uR-DergP5JA/s1600/eau+de+p%C3%A2ques+4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qhS4u9Y2I/AAAAAAAABuI/uR-DergP5JA/s400/eau+de+p%C3%A2ques+4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5456851244351841122" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qiCMj3KTI/AAAAAAAABuo/FIRmMIcBrg8/s1600/eau+de+p%C3%A2ques+2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qiCMj3KTI/AAAAAAAABuo/FIRmMIcBrg8/s400/eau+de+p%C3%A2ques+2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5456852057127856434" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qiBdKkVbI/AAAAAAAABug/lQi6-PqlSYw/s1600/eau+de+p%C3%A2ques+3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qiBdKkVbI/AAAAAAAABug/lQi6-PqlSYw/s400/eau+de+p%C3%A2ques+3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5456852044405298610" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qiA37ezqI/AAAAAAAABuY/C375eRbDZR4/s1600/bouquet.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qiA37ezqI/AAAAAAAABuY/C375eRbDZR4/s400/bouquet.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5456852034409909922" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qhTsfdtkI/AAAAAAAABuQ/gBtJbdo0j3o/s1600/arborescence.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qhTsfdtkI/AAAAAAAABuQ/gBtJbdo0j3o/s400/arborescence.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5456851258245494338" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qhRye6TfI/AAAAAAAABuA/962_XtvpNrw/s1600/maisonnette+2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qhRye6TfI/AAAAAAAABuA/962_XtvpNrw/s400/maisonnette+2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5456851225494048242" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qhRezlQxI/AAAAAAAABt4/0UncjKWP50U/s1600/maisonnette.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qhRezlQxI/AAAAAAAABt4/0UncjKWP50U/s400/maisonnette.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5456851220212040466" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-3210963177482560844?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/3210963177482560844/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=3210963177482560844&amp;isPopup=true' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/3210963177482560844'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/3210963177482560844'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/04/derive-pascale-ou-refaire-le-plein.html' title='Dérive pascale (ou refaire le plein)'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S7qiCQCeBTI/AAAAAAAABuw/LLxBRc7BZts/s72-c/eau+de+p%C3%A2ques+1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-6040748976973289773</id><published>2010-03-21T08:45:00.001-07:00</published><updated>2010-03-21T09:52:02.612-07:00</updated><title type='text'>Objects in mirror are closer than they appear</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S6ZAMwNQDtI/AAAAAAAABtw/A-Rw6s_YIYA/s1600-h/r%C3%A9tro.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S6ZAMwNQDtI/AAAAAAAABtw/A-Rw6s_YIYA/s400/r%C3%A9tro.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5451114986821652178" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;J'ai croisé des centaines de corbeaux posés dans les champs grignotés par la neige sale des versants ombrageux. Ils croassaient dans les congères en picorant les mottes de fumier qui dégèlent. La fenêtre grande ouverte, j'entendais leur voix noduleuse et je sentais l'odeur prenante de la merde qui se déplaçait comme les bancs de brume au faîte des arbres fauves. Un chemin boueux menait à une masure framboise écrasée. De la fumée sortait d'une cheminée de traviole, avec des briques dérangées par les vents et le stuc érodé par l'âge. Près du garage, un caveau à légumes écrasé par la dernière tempête de février. C'est un printemps précoce qui m'amène à ralentir et à observer mieux. Je n'avais jamais vu cette fillette blottie entre Rivière-du-Loup et Trois-Pistoles. Je l'ai suivie des yeux pour engranger les images, au risque de rater la courbe et la camionnette de la Croix-Rouge qui arrivait en sens inverse. Le fleuve était turquoise, le soleil planait de biais, mon manteau d'hiver sentait la fin des grands froids qui ne sont jamais vraiment venus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'avalais la musique avec des gorgées de café tiède, le volant dirigé par mon genou gauche. Depuis 10 jours, je m'enroule dans les livres pour oublier que je ne dors pas. Je me délecte à la chaîne de 5 piles de romans accumulés dans les dernières semaines, dispersés par genre sur ma table de salon. Entre un vase de bambous et des roses teintes offertes par mes amies. C'est à elles que je pense en roulant, aux personnages qui influencent mes passions muettes et aux phrases qui naissent de moi, que j'aimerais relier par les fils ténus que je ne vois pas encore entre eux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai des envies secrètes de vacances en solitaire dans une cabane près de l'eau, avec un thermos pour les litres de café au lait, une caisse de vin, la vieille robe de chambre verte de mon père, un laptop sans accès internet, un seul roman pour ne pas trop me perdre ailleurs et toute ma tête pour enfin creuser aux endroits que j'évite par fausse pudeur et par peur. J'aimerais qu'il pleuve pendant deux semaines, qu'il y ait du tonnerre la nuit de la brume un silence effrayant pour que je puisse enfin entendre les voix que je tais parce qu'elles me dérangent tout le temps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les ombres tombent dans les anses du Bic comme des huards plongeant. J'entends le plouf qu'elles font en s'étiolant à la surface. J'arrache des battements à mon coeur qui se la joue en sourdine et j'accélère dans la pente pour dépasser le grand-père qui tire un trailer dans la voie de gauche. La marée est basse. Entre la rive et l'île, un champ de roches éparses comme une chair de poule à la surface de l'onde. À force de rouler toujours, je ne sais pas si je m'approche de moi où si je m'en éloigne. J'ai souvent l'impression d'être dans mon angle mort et de devoir tourner la tête pour me voir passer en trombe comme une ombre insaisissable. Je cherche la réponse autant dans les livres qu'ici. J'imagine qu'elle est plus proche que je ne le pense.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-6040748976973289773?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/6040748976973289773/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=6040748976973289773&amp;isPopup=true' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6040748976973289773'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6040748976973289773'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/03/objects-in-mirror-are-closer-than-they.html' title='Objects in mirror are closer than they appear'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S6ZAMwNQDtI/AAAAAAAABtw/A-Rw6s_YIYA/s72-c/r%C3%A9tro.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-6936872028904636710</id><published>2010-03-20T13:04:00.000-07:00</published><updated>2010-03-20T13:06:49.722-07:00</updated><title type='text'>Quand on est bouche bée...</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S6Uqterd1yI/AAAAAAAABto/7F-Q2JTRI1c/s1600-h/DSC09003.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 267px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S6Uqterd1yI/AAAAAAAABto/7F-Q2JTRI1c/s400/DSC09003.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5450809884819707682" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;... on se contente de mettre une photo. Comme ça, on a l'impression de parler quand même.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-6936872028904636710?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/6936872028904636710/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=6936872028904636710&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6936872028904636710'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6936872028904636710'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/03/quand-on-est-bouche-bee.html' title='Quand on est bouche bée...'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S6Uqterd1yI/AAAAAAAABto/7F-Q2JTRI1c/s72-c/DSC09003.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-2456858161080851455</id><published>2010-03-08T15:04:00.000-08:00</published><updated>2010-03-09T04:33:50.593-08:00</updated><title type='text'>Ludovik</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S5WDb1s1U-I/AAAAAAAABtg/BwKoOpCryFo/s1600-h/lutin.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S5WDb1s1U-I/AAAAAAAABtg/BwKoOpCryFo/s400/lutin.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5446403838669312994" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ludovik est le gardien d'une cabane de jardin à ciel ouvert. Son domaine moutonne par les soirs de grands vents, les marées chahutantes l'ont fait bien vite se replier près de l'évier en inox de l'aire de travail, près d'une radio qui joue en permanence pour rameuter les étoiles. La plus brillante s'appelle Diane. Il garde un oeil plissé sur elle, qu'il épie de loin depuis qu'elle a quitté la Terre. Celle qui était sa maîtresse depuis longtemps s'est envolée en 8 jours à peine, transbahutée dans les nuages par une meute de crabes machiavéliques qui ont pincé ses mèches blondes une à une pour la tirer vers l'espace et le temps infini des deuils obligés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ludo est le gardien des enjambées qu'elle faisait sur la grève par les aubes et les orages. Sa manière de rire s'est imprimée dans ses rétines et depuis l'absence de sa voix, il est figé dans le formica orange près des miroirs tavelés de gouttes de pluie. Dissimulé dans l'ombre, il veille sur l'amoureux qui arpente la rive dentelée de glace, la tête baissée. Il garde ses souvenirs imprimés sur des plaques de bois peintes et ornées de fleurs, protège la pointe des ciseaux et le bout pointu des pics, isole le plat des massues et le fil des exactos suspendus. Quand tout le monde dort, il se pelotonne dans les anciens pots de terre cuite, se frotte les pieds sur son porc-épic de laine rêche pour enlever la glaise de ses semelles et il respire l'odeur de la citronnelle qui émane du récipient à demi-ouvert près de son nez. Ses yeux coulent tous seuls, il n'y peut rien. C'est ainsi que se creusent les sillons qui modulent ses joues et le coin de ses paupières. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il épelle chaque lettre de son nom en silence quand les marées charrient des têtes de phoques près du ponton. Les couchers de soleil sont des rubans qu'il voudrait saisir pour aller la rejoindre; il pourrait alors lui raconter les mots qui parlent d'elle, les conversations gênées près du barbecue, les questions qui fusent comme des étincelles sur la berge pendant les feux de camp; il pourrait la rassurer sur la part de son âme qui demeure vivante dans les plates-bandes entre les roches-coeur, sous les racines découvertes du grand pin, près de la croix blanche enfoncée dans les minuscules coquilles vides qui la retiennent, dans les crèmes et les parfums qui embaument la salle de bain du bas. Dans les cheveux de son homme, surtout, et dans chacun des rires qu'il dirige vers les vagues en parlant d'elle avec l'amour qui fuse de la résignation, du dépit, des rêves encore fasseyants et de la douleur qui survient beaucoup trop tôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ludo est le gardien d'une maison rouge plantée sur un tas de rochers exilés. Son regard m'a dit qu'elle était là, près de la clôture et sur le rond du poêle à bois, dans un cadre et même dans ce vase qui est tombé subitement pendant qu'on dansait à minuit. Elle était perchée sur l'épaule de son amoureux pendant qu'il cuisinait les filets de porc au pesto, qu'il changeait nos draps en déposant des serviettes pliées sur la courtepointe, dans les algues dodues qui éclataient sous nos pieds en couinant et dans l'ombre des échelles d'où sortait une vapeur inattendue au petit matin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son teint crayeux sous la lune m'a effrayée. J'avais peur qu'il escalade le silence pour m'empoigner le foulard de ses petites mains blanches et qu'il souffle sur mes joues des mots que je n'étais pas prête à entendre. J'ai posé ma mitaine droite sur sa tête, une rouge à pois blancs tricotées par ma grand-mère, et je lui ai demandé de se taire. Il m'a fait un clin d'oeil et je me suis servi un gin tonic. La musique continuait de jouer en sourdine, les bûches flambaient dans le fort de neige près de la rive. Une étoile brillait au-dessus du grand pin. C'était Diane. Il l'a regardée toute la nuit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-2456858161080851455?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/2456858161080851455/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=2456858161080851455&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2456858161080851455'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2456858161080851455'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/03/ludovik.html' title='Ludovik'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S5WDb1s1U-I/AAAAAAAABtg/BwKoOpCryFo/s72-c/lutin.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-95538097914008614</id><published>2010-03-03T18:08:00.001-08:00</published><updated>2010-03-03T20:00:07.065-08:00</updated><title type='text'>Loin sur la route fermée</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S48qBSGIcII/AAAAAAAABtY/HgrUhIynYE0/s1600-h/tempete13.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 266px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S48qBSGIcII/AAAAAAAABtY/HgrUhIynYE0/s400/tempete13.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5444616676040011906" /&gt;&lt;/a&gt; C'est une tempête de vent qui la cloue au comptoir. Loin sur la route fermée entre quatre shooters de Jack-abricot et des yeux d'acier comme le fleuve qui moutonne inopinément en cette saison. Une bourrasque qui l'emprisonne tout à coup dans ses bras, qui la dévore, la déshabille près de la patère de l'entrée. L'odeur du fort et une barbe de trois jours qui lui arrache les joues. Un glacier géant qui fond lentement à ses pieds en laissant des larmes sur ses genoux, qui se défait en morceaux pour entrer dans son nombril, dans le creux de son coude et dans son ventre. Ses doigts striés sur ses fesses derrière le rideau, deux boucliers arrachés devant ses seins et des cheveux fins épars sur les paumes qui luisent comme des étoiles de mer. Mouillées. Des accrocs sur la peau en signes vitaux qui perlent au-dehors d'eux et les battements toujours du ciel qui s'acharne sans venir. Pour couvrir le fracas de leurs âmes désarmées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son corps fébrile étalé. Sa respiration brûlante sur les esquarres qu'il efface à mesure qu'elles s'impriment comme des empreintes bleues de condamné. C'est ce qu'il est à ce moment précis: prisonnier des lueurs qui apparaissent entre chaque grain de beauté. Ses pupilles entre les cuisses ouvertes pour que déchirent la pénombre et la brume les montagnes naissantes. C'est une tempête de vent qui l'emprisonne là. Loin sur sa route fermée entre d'autres shooters de Jack-abricot et des paroles tracées avec de la bave et du sperme, des mots qui grognent au ras le tapis, qui entrent en ressacs dans sa tête par d'autres voies et qui la touchent aussi sûrement que les lèvres gloutonnes qu'il referme autour de ses cils. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux barques arrimées dans la glaise des odeurs qui flottent. Entre les draps des mouvements arrêtés et le silence hébété d'une tempête qui s'achève. La route qui s'ouvre pour la laisser partir. Des yeux d'acier qui restent clos pour tenter de la retenir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-95538097914008614?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/95538097914008614/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=95538097914008614&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/95538097914008614'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/95538097914008614'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/03/cest-une-tempete-de-vent-qui-la-cloue.html' title='Loin sur la route fermée'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S48qBSGIcII/AAAAAAAABtY/HgrUhIynYE0/s72-c/tempete13.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-6798919749338176605</id><published>2010-02-18T14:34:00.001-08:00</published><updated>2010-02-18T14:37:46.805-08:00</updated><title type='text'>Monsieur C. (Miroir à Charlie Grogne)</title><content type='html'>Monsieur C. est un être redoutable. Lorsqu'on le rencontre pour la première fois, on remarque d'abord ses yeux clairs, sa bouche aux lèvres sensuelles, ses mains de pianiste. On se laisse séduire par sa voix radiophonique d'animateur de nuit. Il semble nanti d'une culture générale idoine à sa profession et de passions multiples dont il remplit ses soirées et ses week-ends. On ne peut qu'abonder dans le sens de ses jugements qu'on trouve éclairés, on craque pour le tonus de sa conversation et pour le charme qu'il laisse glisser sur les bras des femmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur C. est en réalité un imposteur. Quand on le connaît mieux, sa prestance se change en snobisme et son charisme ne tient à rien d'autre qu'à la suffisance qu'il affiche devant ses pairs. La confiance qu'il dégage ne sert en réalité qu'à dissimuler un être profondément malheureux dont les misères anciennes autant que récentes sont cachées derrière une moue constante. On découvre rapidement un homme hautain, condescendant et misogyne qui ne s'attache visiblement à rien ni personne puisqu'il anéantit d'une parole cassante toutes les passions dévoilées. Qu'on relate un voyage, un souper fabuleux dans un restaurant 5 étoiles, une virée en camping, qu'on parle d'un chanteur qu'on a vu en spectacle la veille, d'un auteur qui nous a bouleversé, de nos croyances, nos désirs, de toutes les flammes qui peuvent animer la vie, peu importe ce qu'on peut dire, rien n'est jamais ASSEZ. Il descend en flamme toutes les beautés du monde et réduit à néant la plus minuscule tentative de se rapprocher de lui. Il est impossible de l'atteindre, le comprendre, de le "charmer" ou l'intéresser un tant soit peu. Ses passions n'en sont pas puisqu'elles ne servent qu'à dorer l'image que les autres ont de sa vie. Il n'affiche jamais de compassion ni aucune joie sincère. Il semble englouti dans une bulle mauve foncée de désintérêt envers tout ce qui n'est pas luxueux, pompeux et socialement affichable sous des néons grandiloquents. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'arrive pas à comprendre pourquoi ni comment il a réussi à se faire aimer d'une femme. Il est improbable de l'imaginer faire la cour, pas plus qu'il n'est possible d'envisager que quelqu'un accepte de vivre sa vie avec un être aussi dénué de vie. Tout en lui déjoue l'amour et l'affection. Il est le plus grand éteignoir que j'aie jamais rencontré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne lui trouve hélas aucune qualité sinon celle de parvenir à se liquéfier devant les gens qui lui rapportent de l'argent ou de qui il attend quelque chose. Il devient alors mielleux, coulant comme un brie laissé trop longtemps au four. Il serpente autour de sa proie, visqueux comme un larbin mort de trouille, le fiel lui coulant le long du menton pour dégouliner jusqu'aux pieds de celui ou celle qu'il veut prendre dans son filet. Il dissimule sa haine pour arriver à ses fins, puis il retrouve son masque noir, ses pensées fumeuses et sa grogne innée. Il est grandiose de le voir changer de ton et d'attitude selon à qui il s'adresse, passant d'un air sec et totalement désintéressé à une soudaine gentillesse qu'il exprime en ondoyant comme une brume fine. C'est un spectacle désolant qui me lève le coeur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis heurtée par chacun de ses agissements. Par le ton qu'il utilise pour s'adresser à moi, ses regards fuyants, les soupirs impatients qu'il m'envoie sans cesse au visage, ce qu'il dit de mon travail et de mes passions. Par la manière dont il m'interrompt constamment, par ses rires désabusés et narquois que je reçois comme des gifles que je ne peux pas rendre. Il parvient à étaler sur moi un goudron poisseux qui m'ensuque aussi le coeur. Je dois faire preuve de beaucoup d'abnégation pour ne pas éclater et lui jeter la hargne qu'il provoque en moi, pour ne pas l'éreinter et lui dévoiler tout ce qu'il suscite de colère, d'incompréhension et de dégoût. Si je le faisais, il aurait gagné. C'est hors de question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur C. est un homme que je ne peux pas sortir de ma vie. Il est un défi, une constante bataille et un mystère.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-6798919749338176605?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/6798919749338176605/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=6798919749338176605&amp;isPopup=true' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6798919749338176605'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6798919749338176605'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/02/monsieur-c-miroir-charlie-grogne_18.html' title='Monsieur C. (Miroir à Charlie Grogne)'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7589114336145145794</id><published>2010-02-05T13:24:00.000-08:00</published><updated>2010-02-07T07:31:31.392-08:00</updated><title type='text'>Une histoire simple</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S27Y21BUg2I/AAAAAAAABtQ/V7qsayxx_2E/s1600-h/rails2.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 113px; height: 170px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S27Y21BUg2I/AAAAAAAABtQ/V7qsayxx_2E/s400/rails2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5435520236739920738" /&gt;&lt;/a&gt; Elle est sur un train. Elle fait la liaison Montréal/Windsor pour la troisième fois ce mois-ci. C'est une soirée plutôt calme; les passagers dispersés ne sont pas exigeants. Sauf peut-être cette vieille Italienne paralysée du bras gauche qui l'appelle de temps à autres en s'excusant à chaque fois d'un étrange sourire. Elle l'a aidée à plusieurs reprises à extirper de son sac ses lunettes à chaîne dorée, son roman (La délicatesse, David Foenkinos, NRF Gallimard), ses mouchoirs, ses revues de mots croisés et son foulard, qu'elle lui a même mis autour du cou avec douceur. C'est une brave fille. Elle distribue les sourires en servant leurs boissons aux hommes d'affaires. Ils ont desserré leur cravate, ouvert leur laptop sur des tableaux compliqués qu'elle ne regarde même pas par-dessus leurs épaules. Elle est un peu distraite ces temps-ci. Un nouvel homme est entré dans sa vie, qui lui écrit des poèmes en cachette pour les dissimuler dans son sac à lunch, entre le sandwiche et les brochettes de fromages en cube qu'il lui confectionne aussi dès son réveil. Elle songe à toute la place qu'il a prise depuis le premier saut au lit. Quand ils ont décidé au même instant de se consacrer l'un à l'autre sans se poser d'autres questions que ces énormes battements qu'ils entendaient entre leurs peaux. Il y avait longtemps qu'elle n'avait pas vécu une histoire simple. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fait noir mais elle connaît le paysage par coeur depuis le temps qu'elle trace sa route en ligne droite sur les rails silencieux; elle sait exactement où ils se trouvent et elle appréhende avec un léger pincement l'arrivée dans la chambre d'hôtel confortable mais froide où il ne sera pas. Elle ne sait pas trop ce qu'elle fera de son bras gauche quand elle se couchera, ni comment elle ressentira le vide entre ses cuisses et contre son ventre crampé de désirs. Elle se dit qu'il est sûrement bien de prendre un peu de recul avec les soirées folles où ils éclusent beaucoup trop de bières en chantant et du vin en concoctant des pizzas maison avec les légumes frais du marché Jean-Talon. Qu'ils finissent de toute façon par laisser brûler alors qu'ils sont immobilisés sur le tapis du salon par la sueur qui les collent l'un à l'autre. Elle se dit que son absence sera comme un petit gouffre qui lui donnera envie de la rappeler à lui, de l'attendre avec une patience feinte ou de l'accueillir nu dans un corridor jonché de mots d'amour gribouillés sur des post-it jaunes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les fins de semaine où elle ne travaille pas, rien d'autre n'existe qu'eux dans l'appartement de la rue Bélanger. À peine s'ils sortent pour se ravitailler ou chercher des films qu'ils écoutent à moitié en se dévorant le corps. L'écho de leur solitude affective est étouffé, enfin. Les commerçants les reconnaissent déjà ou encore, ravis de voir la lumière sur son visage, enfin. Oh elle a toujours été gaie et pimpante, elle aime bien ses vieux amis du quartier à qui elle raconte des bribes de ses voyages nocturnes quand il y a quelque chose à en dire. Mais depuis un mois, ils voient dans son regard un éclat nouveau, un élan. Une langueur ravissante qui stimule leur imaginaire. Ils sont réellement heureux pour elle, ils en discutent au café en espérant secrètement qu'il ne la remplace pas trop tôt par une autre plus présente. Ils connaissent un peu l'état de son coeur et les ombres qui se logeaient sous ses yeux quand elle perdait ses hommes aux bras de femmes moins jolies mais plus libres. Elle était alors en colère contre son métier qui l'éloignait juste assez pour qu'ils l'oublient le temps d'une soirée qui s'étirait en jours suivants puis en semaines longues des silences qui la poignardaient. Pour la consoler ils lui disaient il ne te méritait pas et elle répondait par un sourire triste où s'allongeaient les mots je ne vous crois pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle entre en gare de Windsor la chemise entrée proprement sous la ceinture, sa valise à roulettes devant elle, son cellulaire à l'oreille. Il lui murmure une charade inventée pour lui faire deviner qu'en rentrant à l'hôtel, il sera là à l'attendre, nu dans les draps blancs, une bouteille de Bombay et du tonic sur la table de chevet. Il y aura un bain moussant, sa sélection de musique dans le I-Pod, des mets chinois dans de vraies boîtes de carton, des baguettes sans échardes et son parfum préféré sur l'os de sa clavicule et dans le creux des poignets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle dit tu as fait toute cette route pour moi? Tu es fou! Il répond par un sourire silencieux où s'étalent les mot viens vite me rejoindre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7589114336145145794?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7589114336145145794/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7589114336145145794&amp;isPopup=true' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7589114336145145794'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7589114336145145794'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/02/une-histoire-simple.html' title='Une histoire simple'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S27Y21BUg2I/AAAAAAAABtQ/V7qsayxx_2E/s72-c/rails2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-6327170563994634800</id><published>2010-02-04T14:46:00.000-08:00</published><updated>2010-02-04T15:04:12.192-08:00</updated><title type='text'>L'Idalgo (sans H)</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S1NNT8_BuEI/AAAAAAAABtA/toHGqtT5P-k/s1600-h/idalgo.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 114px; height: 170px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S1NNT8_BuEI/AAAAAAAABtA/toHGqtT5P-k/s400/idalgo.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5427766981094914114" /&gt;&lt;/a&gt; Ce matin je roulais vers Sherbrooke. Les geysers de brume émergeaient des bosquets, paravents chinois derrière lesquels se déshabillait une bille blanche, lumineuse et nue. L'air était opalescent. Mes yeux aussi. Dans le miroir du pare-soleil j'avais mon visage de douceur, celui qui se compose quand je revois des images qui s'impriment dans mes fossettes, celui des jours où je souris toute seule en avançant à tâtons dans le brouillard mielleux d'un matin de février. Je pensais à lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis qu'il est là, je tombe sans parachute d'un avion en vol pendant mon sommeil. Je vois la terre s'approcher, les champs fauves et les rivières lacées, je tombe vers elles, terrifiée. J'ai le souffle coupé par la peur et l'excitation, je suis rattrapée au vol par un avion blanc sans cockpit qui me fait faire des loopings jusqu'au réveil. Hébétée, mes draps en rade, le corps gelé dans ma chambre hivernale, je me recroqueville sur l'instant précis de sa rencontre et je le réchauffe entre mes cuisses. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai l'impression d'être foudroyée et de lutter pour que le monde autour de moi recommence à bouger. Pour l'heure il suffit de profiter de l'univers qui s'élargit à son contact en avalant les bouffées d'air qui arrivent par surprise (en me collant les narines ensemble). Je sens qu'un personnage historique a fait son entrée dans ma vie avec son aura de comte espagnol, le genre d'homme qui peut contrôler une meute de chiens sauvages par la seule force de son regard. J'ai été scotchée par son charisme dès la minute où je l'ai vu, nonchalamment adossé à la clôture, les yeux luisants comme des glaciers sous l'aurore boréale. Les rides de rire qui s'éventaient jusqu'aux tempes, la fossette dans la joue gauche et cette barbe de trois jours aguichante, sa tuque brune de nain de jardin et son attirail décontracté de BCBG en goguette. Le genre d'homme qui, en ouvrant les bras, fait jaillir des personnages saugrenus et rieurs dont le babillage constant est un remède à l'ennui et à la médiocrité. Qui entre dans une pièce en apportant un vent qu'on voudrait mettre en bouteille ou nommer pour le reconnaître, sur lequel on veut s'adosser pour lire à la plage, qu'on veut laisser entrer par une porte double dont on rabat les volets sur le mur de pierre en disant: Entre. Fais comme chez toi. Installe toi là et reste tant que tu voudras. Il a ce je-ne-sais-quoi qui aimante les autres à son aura, une force tangible qui ébranle et attire inexorablement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon E-pote l'a surnommé l'Idalgo (sans H). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est captif de rien -surtout de personne- il repousse les entraves qu'on veut lui accrocher aux poignets ou aux chevilles. Il préfère éviter la lourdeur, l'angoisse, les jérémiades et les manipulations de midinettes, les éclats inutiles, les questionnements vides, les retours sur images et les fantômes accrochés aux semelles. Il aime le courage des passages révolus autant que la force d'un coeur qui se relève seul de ses combats après les avoir menés de front. Il ouvre pourtant ses bras et sa maison à qui en a besoin, attentif aux bouleversements qui jalonnent la vie de ses amis et aux solitudes à soigner. Il y a toujours une chandelle allumée à sa fenêtre et une place de plus à sa table. Il a un coeur généreux qu'il distille à grande échelle pour être à la fois rassembleur et guérisseur. Son charme est sa bannière et ma croix. Il est désarmant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa maison lui ressemble, évidemment. Un amalgame de tissus et de textures qui ont pris l'odeur de son cou et de ses vêtements. Il est bon de m'y réfugier après la route pour faire fondre le frimas et apaiser mon coeur de moinillonne quand le stress vient me ronger, la tristesse me faire ployer ou quand la colère teinte mes iris de fumée grise. Il aime les matières grèges et les lignes froides, le grain de la brique et celui du bois brut, les couleurs neutres et fauves, la verdure, la chaleur des couvertures douces et les motifs bariolés des paréos, les coussins profonds, les mandalas que forment les tessons de céramiques sur les tables basses, les bahuts qui sentent les années passées aux tiroirs un peu écorchés. Dans sa bibliothèque, des bandes-dessinées d'auteurs, des livres d'art, d'architecture, de design graphique, des classiques de la littérature française. Et toujours dans l'air des musiques inconnues dans lesquelles on s'enroule en buvant un thé blanc dans de délicates tasses japonaises. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se change parfois en ressac de plage graveleuse dont les petits cailloux se sauvent sous la plante des pieds en roulant; il revient en déchirant ses brumes se loger quelques heures dans l'aura que je lui réserve, puis il repart faire marcher ses fils en pyjama au plafond en les tenant à bout de bras, leur tête renversée dans des éclats de rire et des cris aigus de fausse peur. Il les berce de sa voix barytonne, leur raconte des histoires en laissant les personnages prendre possession de son corps, chante des berceuses qui traversent les murs en grondant doucement comme une chute à travers le rideau des arbres. Ses mains sont faites pour la taille des blocs de neige dont il tire des éléphants perchés sur des tapis de fakir, des vagues écumantes au mouvement aérien, des vaisseaux luttant contre le naufrage et des lutins nordiques. Il sait faire tant de choses avec elles qu'on dirait qu'il en est à sa douzième vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis qu'il est là, j'arpente un nouvel îlot. Un univers que j'ai envie de parcourir en brandissant une machette pour avancer vers l'intérieur, là où les lianes sont emmêlées en fétus touffus. Je vois tant de choses à la mesure de ma personnalité dans les cercles concentriques de sa vie. A son contact je jauge mon courage ma détermination mon imagination mon humour ma tendresse l'ouverture de mon coeur et tout ce qui tourne dans ma tête. Je mesure mon indépendance ma liberté mon espace ma folie mes talents mes envies mes connaissances et ma foi. Je suis animée par la certitude d'avoir enfin rencontré un personnage de roman avec qui il serait bon de construire une histoire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-6327170563994634800?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/6327170563994634800/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=6327170563994634800&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6327170563994634800'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6327170563994634800'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/02/lidalgo-sans-h_04.html' title='L&apos;Idalgo (sans H)'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S1NNT8_BuEI/AAAAAAAABtA/toHGqtT5P-k/s72-c/idalgo.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-3886931966810120366</id><published>2010-01-20T14:34:00.000-08:00</published><updated>2010-01-21T18:54:36.897-08:00</updated><title type='text'>Sur la route, point.</title><content type='html'>Comme à mon habitude quand je vais souper là-bas, j'étais perchée sur le tabouret dans l'angle du bar, sous la mince douche de lumière propice à mes lectures déparées. Véra servait derrière, ses frisottis prenant les halogènes comme un tissu cousu avec les plumes d'une fratrie de poussins blonds. Janvier gelé sur le bord du fleuve, du jazz en trame de fond pour accompagner les confidences hachurées de la serveuse. Je souriais de l'inversion des rôles. Je préfère de loin en apprendre sur elle que de trop lui en dévoiler de moi. Ce n'est pas par manque de confiance en elle, mais plutôt parce que j'aime entendre les récits de sa vie. Elle possède une force insoupçonnée et des rêves touchants. À chacune de mes visites elle déconstruit les images que j'avais d'elle lorsque je ne la connaissais pas. Malgré sa fine ossature et sa silhouette mince, ses grands yeux verts sa voix de mezzo-soprano, elle n'est ni douce, ni timide, ni sage. Je la voyais comme une artiste alors qu'elle veut devenir comptable ou notaire. Je la croyais ingénue, elle a un passé de tigresse. Elle soulève des pans de sa vie qui m'émeuvent parce que derrière eux se cache une femme qui se bat continuellement pour défier la maladie. Pour l'empêcher de la prendre entièrement et de nuire à ses idéaux. Elle se refuse souvent aux hommes pour ne pas les apeurer. Elle évoque une discipline de fer pour justifier la peur que quelqu'un ne voit ses encoches et ses sursauts. Sa peau est lisse comme une porcelaine vernie. Derrière l'émail qui la recouvre se devine une fragilité qu'elle contrôle à la force de ses poings serrés. Elle est belle. Fascinante, même. J'aime qu'elle se précipite vers moi pour me serrer dans ses bras. Elle est un repaire sur ma route.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le fond du bar, à demi affalés sur la table haute, quatre marins ivres célébraient la fin de six mois passés au large. Ils se payaient des tournées de Long Island Ice Tea à 25$ le verre pour maintenir le roulis sous leurs pieds, des shooters de Stinger et de Jägermeister (l'horreur), des bières et du vin; ma tête tournait juste à les regarder boire. Ils se faisaient insistants pour que je m'acoquine un des leurs. Steeve, en l'occurrence. Un gars ordinaire qui avait la diction pâteuse depuis un moment. La voix ferme de Véra les a dissuadés avant même que je puisse leur dire non. Je préférais continuer la lecture de mon roman (Les jumelles de Highgate, Audrey Niffenegger, ed. OH!) et commenter de temps à autre les émois de Virginie, la plus jeune serveuse de l'endroit. Une beauté naturelle aux pommettes saillantes comme les pin-ups de calendrier, les cheveux longs et fins aux vaguelettes fines, l'oeil en amande, les lèvres pulpeuses. Le genre de fille qui effacerait presque toutes les autres. Si. Elle est venue s'installer à mes côtés pour me conter ses rencontres multiples avec les hommes de sa vie. Elle a une candeur enthousiaste. Je m'amuse de la manière dont elle me regarde en penchant la tête sur le côté en disant: "Pour une femme de ton âge, t'es vraiment coooool", comme si j'avais 60 ans!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 20 heures, j'ai senti un courant froid dans mon dos. J'ai resserré mon écharpe en relevant la tête. Les filles en ont fait autant. Il s'est assis à deux tabourets du mien en soulevant sur son passage les effluves d'un parfum indubitablement sexy. Je l'ai regardé pour lui offrir un sourire de bienvenue comme il est de circonstance dans ce genre de pub régional, mais je me suis butée à un air fermé. Il avait un cure-dent vissé entre les lèvres, une casquette inversée, un tee-shirt par-dessus son gilet à manches longues et des yeux noirs de tempête à peine contenue. Il a passé sa commande sèchement, a soupiré puis il s'est enfermé dans une bulle hermétique et solide de rage transparente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai replongé dans mon roman. Son énergie entrait en conflit avec la mienne. Je sentais les ions de froidure rebondir sur mon gros gilet de laine. Il soupirait comme s'il défiait les idées sombres qui l'occupaient de sortir de lui, pianotait des ongles sur sa pinte de blonde, mâchouillait son maudit cure-dent et se trémoussait d'une fesse à l'autre en se grattant le front. Il était si beau, pourtant. À plusieurs reprises j'ai failli lui adresser la parole. Je voulais le dérider mais j'étais surtout curieuse de savoir ce qui le rendait si maussade et colérique. Je sentais parfois son regard fixé sur les pages de mon livre, sa tête tournée dans ma direction. Mes élans étaient engloutis par la peur de raviver son ombre. Je m'en voulais. Je perdais ma contenance sous le poids de la sienne. Je déteste ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À 21h10, il a demandé l'addition en grommelant, a enfilé son manteau en donnant des coups de poings dans les manches, a lancé sa carte de crédit sur le comptoir et est reparti avec le cuisinier qui venait de finir son shift.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après son départ, Véra et Virginie sont venues me voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pourquoi tu lui as pas parlé? Me semble que c'est pas ton genre, d'habitude tu parles à tout le monde! &lt;br /&gt;- T'as vu comme il avait l'air furieux?&lt;br /&gt;- Ses yeux noirs... brrrrrr!&lt;br /&gt;- Sûrement qu'il s'est fait tromper par sa blonde.&lt;br /&gt;- Ou qu'il a perdu son boulot!&lt;br /&gt;- Ouin. Ou les deux...&lt;br /&gt;- Il était beau, non?&lt;br /&gt;- Ouais.&lt;br /&gt;- Ouiiiii!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soupirs collectifs. Les marins en étaient à leur vingtième drink (sinon plus). Ils en renversaient la moitié sur la table en interpellant Véra et un couple que je n'avais pas vu entrer, qui s'embrassaient dans le cou avec une passion de premier rendez-vous. J'ai soudain été saisie d'une grande lassitude. J'ai refermé mon roman sur un bout de napperon déchiré et j'ai embrassé les filles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était encore devant la porte. Il donnait des coups de pieds dans les mottes de glace pendant que son ami parlait au téléphone. J'ai sorti une cigarette, lui ai demandé du feu, il a tiré un Zippo de ses poches et l'a allumé. J'ai posé ma main sur la sienne pour contenir la flamme. Il a eu un rictus quand je l'ai remercié. Un semblant de sourire, à peine un tressaillement. J'ai ouvert la bouche pour dire quelque chose mais je me suis contentée de le regarder dans les yeux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant mon retour à pieds, je me suis attardée à l'ombre des cabanes des pêcheurs sur glace contre les lumières de l'île au large.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-3886931966810120366?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/3886931966810120366/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=3886931966810120366&amp;isPopup=true' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/3886931966810120366'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/3886931966810120366'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/01/sur-la-route-point.html' title='Sur la route, point.'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-349259031811729470</id><published>2010-01-16T07:31:00.000-08:00</published><updated>2010-01-16T09:28:15.828-08:00</updated><title type='text'>Pause-réconfort (miroir à Stanley Péan)</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S1HymUwM2SI/AAAAAAAABs4/EfoDUX_PikE/s1600-h/haiti+ch%C3%A9rie.bmp"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 243px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S1HymUwM2SI/AAAAAAAABs4/EfoDUX_PikE/s400/haiti+ch%C3%A9rie.bmp" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5427385766177986850" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Depuis lundi matin, il y avait cette boule énorme qui s'était formée dans mon ventre. D'abord à cause de l'annonce d'un horrible accident dont a été victime un de mes collègues de travail. Puis mardi, l'innommable, les images d'un séisme qui coupent la voix, l'immense tristesse et l'impuissance d'une tragédie sans nom. J'ai ressenti une compassion douloureuse, l'impression d'avoir un orage électrique à l'intérieur de moi et de ne pas savoir comment m'en protéger. Un séisme intérieur. La peine lourde et épaisse comme de la mélasse qui colle à ma peau et qui me sort par les yeux, que je traînais avec moi sur la route comme un sac pesant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai traversé ma semaine en équilibre sur un fil, en retenant à la fois mon souffle et mes larmes. Je ne voulais pas laisser trop d'espace à ma peine. Je me réservais un moment précis pour en tracer les contours et me permettre de vraiment y plonger. Je me suis forcée à lire et à regarder les images, j'ai tenté de ressentir le chaos intense dans lequel est plongé un pays entier, la peur, la colère, la douleur, les odeurs pestilentielles et la chaleur. Le silence de la nuit qui accueille tant de solitudes qu'on dirait qu'elles forment un dôme opaque autour de la planète. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai pensé très fort à mon ami &lt;a href="http://www.stanleypean.com/"&gt;Stanley Péan&lt;/a&gt;, touché de plein fouet dans ses racines. Il devait se rendre à Port-au-Prince mercredi en compagnie de plusieurs auteurs québécois attendus pour le festival Étonnants Voyageurs. J'ai remercié le ciel qu'il ait évité de se retrouver dans cet enfer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Profondément émue par cette cassure géante dans l'humanité, j'ai ressenti hier le besoin d'aller me recueillir avec la communauté haïtienne à la messe célébrée en l'Église St-Dominique. À Montréal à la même heure, Stanley animait une soirée destinée à amasser des fonds au café Sarajevo. Je me sentais avec lui en pensées. Je voulais trouver refuge dans l'énergie d'une foule qui chante à pleine voix pour porter au ciel des prières qui ne naissent pas nécessairement de la Foi mais de l'élan si humain de compassion et de solidarité. J'avais envie de me tenir debout au coeur d'une foule dont les bras se touchaient, de plonger mon regard dans ceux d'un peuple qui souffre et qui est inquiet, de sortir de ma peine pour toucher la leur et d'afficher ma présence comme une simple caresse, si infime soit-elle. J'avais besoin d'entendre parler de la résilience et de l'espoir, de la force et du courage, de la solidarité et de l'amour. Les rituels me permettent de traverser mieux les drames. Je cherchais un moyen de trouver du réconfort et de mettre de l'ordre dans mes émotions bouleversées. J'ai passé la cérémonie entre deux minuscules grand-mères aux yeux bleus aqueux voilés de larmes. J'ai laissé couler librement les miennes, à genoux comme debout dans la lumière et les chants. Je ne suis pas une grenouille de bénitier mais j'ai prié pour que ces millions d'existences se relèvent, pour leurs morts entassés dans les rues ou enterrés dans les fosses communes, pour les centaines -voir les milliers- d'orphelins dont on ne saura que faire, pour cet homme resté immobile dans la travée et dont la douleur était si tangible, pour mon collègue qui souffre à l'hôpital et pour Stanley qui doit conjuguer avec ses deuils. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un ami m'a dit cette semaine que ce pays était dans l'angle-mort de Dieu. Je ne sais pas trop quoi en penser. L'important est qu'il ne reste pas dans le nôtre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-349259031811729470?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/349259031811729470/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=349259031811729470&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/349259031811729470'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/349259031811729470'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/01/pause-reconfort-miroir-stanley-pean.html' title='Pause-réconfort (miroir à Stanley Péan)'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S1HymUwM2SI/AAAAAAAABs4/EfoDUX_PikE/s72-c/haiti+ch%C3%A9rie.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-4220798004895067972</id><published>2010-01-04T16:12:00.000-08:00</published><updated>2010-01-04T18:22:03.397-08:00</updated><title type='text'>Au Cap 24: L'an nouveau</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S0KED0aQDBI/AAAAAAAABso/dc4hPXt4ZaY/s1600-h/an+nouveau.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S0KED0aQDBI/AAAAAAAABso/dc4hPXt4ZaY/s400/an+nouveau.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423042102450719762" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'étais seule avec la lune et la neige. La Clairière-des-Sorcières s'évaporait dans le halo des flocons nimbés de silence. Nous venions de terminer le rituel des voeux qu'on envoie à l'univers portés par les étincelles. Pensées évadées, brûlées, lancées au ciel dans l'espoir d'être mieux entendues que lorsqu'on les murmure en nos seuls coeurs. La Pomponne avait apporté les siens dans un coffret en bois qu'elle tenait cérémonieusement dans ses mitaines vertes de souriçon. Les miens étaient rangés dans une pochette en tissu nouée d'un lacet de laine brute. Cinq souhaits griffonnés aux crayons de couleur sur des papiers en lesquels j'avais mis toute ma foi. Que j'embrassais passionnément avant de les déposer dans les langues de feu vertes et bleues pour le plaisir du geste et l'excitation d'entendre les autres hurler: "Que les voeux de Miléna se réalisent!".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'étais seule avec la lune et la neige le regard levé vers le toit de la clairière, guettant les ombres mouvantes de l'esprit des bois. Mes amis étaient rentrés dormir et je veillais sur mes souvenirs. Sur mes espoirs, mes désirs, sur les pensées qui tournoyaient dans les bulles de mousseux, mon verre figé dans l'enclave du fort rougeoyant. Il n'y avait aucun autre endroit au monde où j'aurais voulu être en ce moment. J'ai été saisie d'un bonheur tellement palpable que je l'ai senti naître dans mon ventre et remonter en tournant lentement jusqu'à mes lèvres, comme un orgasme de trois kilomètres de long qui monte en pallier pour exploser dans la gorge en faisant se fermer les yeux. À ce moment exact, alors que l'air était immobile une seconde auparavant, j'ai senti un souffle de vent froid arriver derrière moi pour m'entourer la taille, le ventre, le torse, se glisser sous mon foulard et m'enserrer doucement le cou. Prise par surprise, j'ai fermé les yeux et j'ai entendu. J'ai entendu la présence de quelque chose de plus grand que moi. Je me suis sentie légèrement soulevée de l'intérieur par des bras forts, puis redéposée près des roches fumantes du feu presque assoupi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cela n'a duré qu'une ou deux secondes. Les branches des arbres devant moi n'avaient pas bougé. Je le jure. Il n'y a eu qu'un souffle. L'expiration des sorcières, peut-être, qui me touchaient enfin en me reconnaissant comme l'une d'entre elles. Ou le baiser d'Igaluk, le Dieu-Lune venu m'embrasser pour célébrer le début d'un nouveau cycle. J'ai ressenti la certitude profonde que mon coeur est désormais -et enfin- libre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai quitté la clairière et j'ai marché sur la route vierge jusqu'au fleuve. Mes pas s'enfonçaient dans la neige granuleuse comme du sucre, les billes minuscules roulant jusqu'au bas de la pente en faisant le frouch délicat d'un bébé en train de glisser. Marée haute, glaces figées dans la baie éclairée comme entre chien et loup, des crêtes vert pâle striées de blanc, le rare silence du large qui se contient pour irradier la magie. Pour laisser la place à autre chose; au passage du temps, à l'espoir, à une voix qui s'élève depuis la voie ferrée pour chanter devant l'horizon comme sur les falaises de Belle-Île-en-mer ou à une femme restée debout pour seulement écouter les heures se taire. J'avais l'impression d'être à l'endroit exact où je peux exister le plus librement. Seule. Avec la lune et la neige.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-4220798004895067972?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/4220798004895067972/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=4220798004895067972&amp;isPopup=true' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4220798004895067972'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4220798004895067972'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2010/01/jetais-seule-avec-la-lune-et-la-neige.html' title='Au Cap 24: L&apos;an nouveau'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/S0KED0aQDBI/AAAAAAAABso/dc4hPXt4ZaY/s72-c/an+nouveau.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-8057381677468289321</id><published>2009-12-28T15:12:00.000-08:00</published><updated>2009-12-28T15:13:16.225-08:00</updated><title type='text'>Soliloque (d'un 25 décembre)</title><content type='html'>Première fois que je suis toute seule pour Noël. Je me sens étrangement comme le 2 de l'an, quand on se complaît toute la journée en pyjama, la doudou sur les jambes pour réchauffer une fatigue de fin d'année et un vague écoeurement de tout. J'ai déjeuné d'un café et d'une -bon ok, plutôt deux- parts de mon sublimissime gâteau aux pépites de chocolat (dont la recette est secrète et qui me vaut des regards énamourés à tout coup). Je ne suis sortie que quelques minutes dans les rues désertes; l'absence de bruit, de mouvement et d'humanité visible m'a fait réaliser que toute la lumière du monde se retrouvait dans les chaumières autour d'une table, d'un sapin et dans les bras des oncles et des grands-mères. Je me suis demandée pourquoi j'ai refusé l'invitation de mon amie Lilune pour le réveillon hier, puis celle de ma soeur à me joindre aux festivités de sa belle-famille aujourd'hui. Je me suis rapidement interrogée sur le sentiment diffus de nostalgie et de solitude pour me rendre compte qu'il n'y a aucune solitude à ressentir lorsqu'on la choisit par orgueil. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que c'est bien l'orgueil qui m'a fait voir les invitations des autres comme de la "charité". Dans ma famille, nous avons toujours ouvert notre maison aux esseulés à Noël sans jamais ressentir un tel sentiment. Nous nous faisions simplement une joie d'être plus nombreux à nous empiffrer de petits pains fourrés au poulet, de tourtière, de vols-au-vent et de punch. Nous trouvions normal de laisser entrer les autres dans le salon où crépitaient un feu de bois et toutes les odeurs de l'enfance autour des lumières et des rires. Maintenant que les rôles sont inversés et que je me retrouve, à l'inverse de mes soeurs, sans belle-famille où célébrer, je n'ose pas dire oui aux gens qui m'ouvrent leur porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je débouche une bouteille d'Aligoté, j'évide mes pinces de crabe en mangeant presque tout à mesure (je suis incapable de résister à de la chair de crabe), je fais cuire les pétoncles et les crevettes pour mon souper de Noël. "Vous n'avez aucun contact en ligne", dit MSN. Tu m'étonnes. Je suis debout devant la ville, je pense à mes morts, je me roule un joint et je trinque à mes choix. Il y avait tant de choses que je voulais (apprendre à) faire seule: poser mes fenêtres doubles et peinturer mon appart, monter mes meubles IKÉA, acheter une voiture, dormir dans la clairière avec les ours, voyager dans un pays où on ne parle pas ma langue, souper au resto sans même un livre pour me tenir compagnie, décorer mon sapin, m'offrir un souper cinq services à la St-Valentin et passer Noël seule. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au moment où je porte un énième toast à ma santé (et à mes autres voeux secrets que j'envoie à l'univers ou au Père Noël), l'Idalgo appelle: "Euh... Mil'? C'est l'Idalgo. On n'est pas encore passés à table. La dinde est en train de se faire griller. Tu veux te joindre à nous? Je trouve ça vraiment trop bizarre que tu passes ton souper de Noël toute seule en pydge devant la télé... habille-toi, on t'attend. Ma mère fait dire qu'elle refuse que tu refuses. Et moi j'ai envie que tu sois là. Les mousses aussi. Faque. Déboule la côte jusqu'ici." &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je souris en regardant l'église en bas de la falaise. Sa maison juste à côté que je ne peux voir d'ici, mais où j'imagine sa famille, ses amis. Les cadeaux que je l'ai aidé à emballer avant hier. J'avais déjà dressé la table avec des chandelles et la longue nappe des Fêtes que ma mère m'a offerte en cadeau d'hôtesse une année. J'allais me servir lorsqu'il a appelé mais je ferme le rond de la cuisinière et je dis: "J'arrive". Je ne refuserai quand même pas une autre invitation pour les mauvaises raisons. Oh non. Je ne suis pas obligée de m'obliger à tout faire toute seule. Surtout si l'Idalgo m'ouvre une porte sur son univers.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-8057381677468289321?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/8057381677468289321/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=8057381677468289321&amp;isPopup=true' title='13 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8057381677468289321'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8057381677468289321'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/12/soliloque-dun-25-decembre.html' title='Soliloque (d&apos;un 25 décembre)'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>13</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-1113329744752071076</id><published>2009-12-23T14:53:00.001-08:00</published><updated>2009-12-23T15:15:11.795-08:00</updated><title type='text'>Miroir à Gomeux : filage éparse</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SzKghapHogI/AAAAAAAABsg/8zRAgkvoxKE/s1600-h/miroir+%C3%A0+gom.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 247px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SzKghapHogI/AAAAAAAABsg/8zRAgkvoxKE/s400/miroir+%C3%A0+gom.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5418569797628043778" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez lui, c'est par &lt;a href="http://guillaumepaquet.blogspot.com/2009/12/filage-eparse.html"&gt;là&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-1113329744752071076?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/1113329744752071076/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=1113329744752071076&amp;isPopup=true' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1113329744752071076'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1113329744752071076'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/12/miroir-gom-filage-eparse.html' title='Miroir à Gomeux : filage éparse'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SzKghapHogI/AAAAAAAABsg/8zRAgkvoxKE/s72-c/miroir+%C3%A0+gom.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7899912025141655721</id><published>2009-12-15T14:05:00.000-08:00</published><updated>2009-12-15T15:11:26.348-08:00</updated><title type='text'>Funky Dodune</title><content type='html'>Je me suis un peu froissé le dos en transportant mon sapin toute seule de la quincaillerie jusqu'à chez moi. Je l'ai déposé contre la brique de notre maison pour souffler un peu. Le voisin est sorti, m'a souri et il est parti chercher sa grosse Mol' au dep' du coin. J'ai balancé l'arbre sur mon épaule en me griffant un peu la joue, j'avais de la résine et des aiguilles sur mes mitaines, et j'ai pesamment monté les trois étages qui mènent à mon Nid de Coucou. J'ai semé des aiguilles partout et j'ai même un peu raturé la peinture en tournant de peine et de misère le coin du pallier. Le sommet de l'arbre a fait scritch sur la pente du plafond. Un moment, j'ai été tirée vers l'arrière par l'effet de balancier du tronc; j'ai bien cru que je déboulais les marches comme le Bonhomme Cacahouète, mais j'ai tenu bon en forçant des cuisses. J'ai remis mon coeur à sa place et j'ai continué mon ascension dans le tournant périlleux qui mène à ma porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis j'ai installé mon sapin frisquet dans le pied en tournant bien les vis. Trop fière de sa droiture, je m'en suis détournée un instant pour aller faire jouer Lenny Kravitz et me servir un verre de rouge. La neige a commencé à tomber en même temps que la musique emplissait l'appartement qui sentait la forêt dégelée. Mon sapin en a profité pour s'étaler de tout son long. J'ai ri. Ça m'a fait mal aux abdos. Il m'est retombé sur le dos alors que je serrais la troisième vis. Puis une troisième fois quand j'ai retiré le filet qui retenait ses branches prisonnières. La quatrième fois a été la bonne, mon E-pote riait de mes mésaventures en direct sur MSN et l'Idalgo (ainsi nommé par le E-pote et qui fera sûrement l'objet d'un éventuel billet) me disait dans l'autre fenêtre que j'avais besoin d'un homme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"JE SAIS!", je lui ai répondu. Pourtant j'éprouvais un égoïste ravissement à sapiner en mon unique compagnie. J'avais l'impression d'être en train de me dorloter alors que je mettais le rôti au four en regardant de temps à autre les branches qui buvaient à ma santé. Eleni Mandell pendant que je déposais négligemment les lumières (de plus en plus pâlottes) et les mini-boules disco, les figurines en bois que je sauvegarde depuis mon enfance, les cocottes argentées que je commence à honnir, les boucles satinées que je trouve marrantes parce qu'elles font très déco des hauts-quartiers et qu'elles détonnent un peu, les petites pommes rouges en plastique que mes nièces prendront peut-être pour des vraies, les tambours blancs déposés sur des nids de houx factice, les petits cadeaux des farfadets muets que ma mère avaient patiemment emballés sûrement à 4h du matin par une nuit d'insomnie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'allais bavarder sur MSN entre chaque déco, lançant à la volée des défis au garçonnet qui tournait autour de son père: "Dis à ton fils de trouver un nom à mon sapin". Quelques minutes de silence, puis les réponses fusaient:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mathieu&lt;br /&gt;- Mathieu? Pourquoi? C'est qui?&lt;br /&gt;- Aucune idée. Il ne connaît pas de Mathieu.&lt;br /&gt;- Ah. Il a une autre idée?&lt;br /&gt;- Attends, il rigole. Il dit Bob&lt;br /&gt;- Non. Bob était un troll sur mon blog. Je n'aime pas ça. &lt;br /&gt;- Ok. &lt;br /&gt;- Ça l'aiderait si je lui disais que mon sapin est dodu?&lt;br /&gt;- Ahah! Il dit que si il est dodu, c'est sûrement une sapine.&lt;br /&gt;- OH! OUI! J'avais pas pensé que c'était une fille&lt;br /&gt;- Oui. Il dit qu'elle est dodune&lt;br /&gt;- J'adore: La Dodune! Funky Dodune!&lt;br /&gt;- Il dit qu'elle est dodune parce qu'elle attend des jumeaux&lt;br /&gt;- OUAIS! Des sapinauds jumeaux! Il est chouette ton fils! On pourrait inventer un conte pour enfants? Demande lui s'il croit que je peux mettre un tricératops parmi les moutons. Et un cochon entre le boeuf et l'âne.&lt;br /&gt;- Il rigole. Il dit: C'est quoi funky? Elle parle en anglais ton amie?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai étalé les personnages de la crèche sur la fausse neige en tissu brillant. J'ai fermé les lumières et je me suis assise dans le salon pour regarder la chaleur du sapin habiter l'espace. J'avais l'impression d'avoir 5 ans. Ça fait du bien de laisser la magie revenir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7899912025141655721?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7899912025141655721/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7899912025141655721&amp;isPopup=true' title='14 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7899912025141655721'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7899912025141655721'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/12/funky-dodune.html' title='Funky Dodune'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>14</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-8265481903656983164</id><published>2009-12-09T15:51:00.000-08:00</published><updated>2009-12-09T15:52:01.371-08:00</updated><title type='text'>Rêver plus grand</title><content type='html'>Hier comme aujourd'hui, j'ai roulé par les vallons auprès des lacs enneigés du Parc. Des plumes tombaient du ciel barbouillé, qui recouvraient les sapins en retenant dans leurs cils les rayons de l'aube et ceux du crépuscule, la lumière captive des brumes inopinées. Mon coeur en haut des côtes et ma frousse dans les courbes ensablées, ta voix granuleuse, éthérée, respirations silencieuses entrecoupées de larmes ou de rires, c'était selon la minute dont je me souvenais. Selon la minute où tu ressentais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les fausses dunes vierges sur le bord des routes en chantier, les ruissellements statufiés du roc cassé par les machines, longues colonnes de glaces étonnamment vertes découpées en cisailles comme celles qui sont venues lacérer l'os de ton sternum et les cartilages de ton larynx. L'apparition fugace des sommets plaqués de givre, le poudroiement diffus des crêtes éloignées, les rondeurs d'un vent né des cimes. J'ouvrais ma fenêtre pour l'aspirer dans mon cou. Je voulais être embrassée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par les spirales ascendantes, par les courants repoussants, par les fuites d'air et  par l'idée du silence comateux d'une chambre surchauffée où les draps seraient un écran entre nous et nos mondes pour un seul moment de répit entre la douleur et l'ennui. J'avalais les kilomètres pour m'approcher au plus vite d'une rive, d'une côte, d'un espace libéré. Près des berges, je me sens plus proche de toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça me permet de rêver plus grand.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-8265481903656983164?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/8265481903656983164/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=8265481903656983164&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8265481903656983164'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8265481903656983164'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/12/rever-plus-grand.html' title='Rêver plus grand'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-3459764072794476585</id><published>2009-12-02T19:56:00.000-08:00</published><updated>2009-12-02T20:47:27.154-08:00</updated><title type='text'>Parenthèse</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SxdAwNLrNUI/AAAAAAAABro/wwbIyF16EiA/s1600-h/matane+4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 284px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SxdAwNLrNUI/AAAAAAAABro/wwbIyF16EiA/s400/matane+4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5410864674225468738" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SxdAB-cmwtI/AAAAAAAABrg/hcsQ89_l5JA/s1600-h/matane+3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SxdAB-cmwtI/AAAAAAAABrg/hcsQ89_l5JA/s400/matane+3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5410863879995966162" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mer démontée toute la journée. Les vagues en ressac le paysage monochrome comme un rêve froid, l'écume. L'impression d'entendre le pas des chevaux sauvages, le grondement qui naît du ventre de la mer, les idées aqueuses. La tête au large, les pieds dans le sable figé, les blés beiges et craquants sous les doigts, les blés qui s'égrennent comme des marguerites sèches. Le penchant des choses, celui de l'horizon, la ligne mouvante de l'horizon. Et moi qui me tiens droite sur la grève, droite sous les assauts du vent, le visage ouvert aux giffles comme aux bourrasques, les cheveux emmêlés et les doigts gourds. Les yeux dans l'eau de mer. Les pieds ancrés dans les algues mortes et la sensation exaltante de voler un temps, de capturer le temps précieux d'une escapade volontaire pour l'offrir en cadeau aux âmes d'outre-mer vers qui mon coeur s'envole.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-3459764072794476585?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/3459764072794476585/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=3459764072794476585&amp;isPopup=true' title='15 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/3459764072794476585'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/3459764072794476585'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/12/parenthese.html' title='Parenthèse'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SxdAwNLrNUI/AAAAAAAABro/wwbIyF16EiA/s72-c/matane+4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>15</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-6567054509457005647</id><published>2009-11-29T09:21:00.000-08:00</published><updated>2009-11-29T11:01:39.397-08:00</updated><title type='text'>Reprendre la route</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SxLE77n0QVI/AAAAAAAABrI/7gm2OmdeY8Q/s1600/img-8524-fei.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 267px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SxLE77n0QVI/AAAAAAAABrI/7gm2OmdeY8Q/s400/img-8524-fei.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5409602636321407314" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Je me sors lentement de cette saloperie de grippe qui m'a clouée au lit toute la semaine. Deux jours de fièvre et quatre de plus à ressentir chaque muscle comme si un géant barbu m'avait battue avec un énorme gourdin pendant que j'étais attachée avec la tête enfermée dans un sac de coton. Je l'ai traitée de tous les noms pendant mon isolement forcé. Elle m'a prise de force et par surprise, me laissant inerte et suante dans mes draps. Je suis tellement fatiguée. Juste l'idée de reprendre la route pour le Bas du Fleuve demain me donne envie de me rouler en boule dans le fond de mon garde-robe et de faire croire à un enlèvement. Ou à une fugue. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'arrivée de l'hiver provoque à chaque année une angoisse qu'il me faut conjurer. Le froid, la noirceur précoce, la glace noire, les bourrelets de poudrerie, les camions sur le tronçon de l'Ile-Verte, la pluie verglaçante, les tempêtes; les départs au petit matin quand il faut pelleter 1h pour sortir la voiture du banc de neige, les retours tardifs dans les lumières floues qui dérivent plus vite que les glaces à Matane; les ponceaux givrés, les boîtes à transporter sur les trottoirs encombrés, puis à monter au troisième avec mes bottes lourdes de slutche, les longues soirées glaciales à Rimouski, Chicoutimi, Sherbrooke ou Laval, quand il faut que je me botte le cul pour sortir de mon îlot d'oreillers. La route me pèse en novembre. Elle fait renaître une peur irrationnelle de laisser ma vie dans une congère. Elle me fait penser à l'énergie que je dois puiser pour partir dans l'obscurité bleue, au manque de lumière, au stress des objectifs de ventes de Noël mais plus encore de janvier et février quand le marché est sclérosé, aux courbes traîtresses et aux vents du large.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En décembre, sur les chemins pailletés par une neige magique de Noël, je me réconcilie avec l'idée des routes gelées. Quand les arbres forment des allées ornées comme des vierges parées pour une cérémonie mystique, quand le soleil descend sur le Bic en réfléchissant la lumière incomparable des rayons hivernaux, quand la route sèche traverse des champs immaculés où penchent dangereusement les granges et que j'ai un café chaud à côté de moi, je reprends goût à mon métier. La beauté mélancolique du paysage me saute à la gorge, je prends plaisir à saluer les montagnes dénudées. Je les appelle: Les Filles. "Salut, les filles!", je les hèle à voix haute en me dévissant le cou pour les regarder le plus longtemps possible. J'aime la modulation de leurs teintes. Je mets le chauffage sur mes pieds et je m'oblige à ne pas avoir peur d'être en retard. Je m'astreins au calme. Et à la prudence. Je me dis que j'ai un métier de dingue, mais qu'il est tellement collé à ma peau que je ne pourrais pas m'en passer. Je me sentirais nue et vide, sans lui. Je me sentirais désordonnée, désincarnée. Je serais à côté de mes pompes. J'aurais l'impression de perdre mon essence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je suis tellement fatiguée. Je cherche un moyen de recharger mes batteries et de retrouver le courage qui me fait rarement défaut. Sauf en ce moment. Cette salope de grippe a ouvert une faille en me volant mes forces, j'ai l'impression d'avoir une brèche par laquelle entrent les sifflements effrayants d'un vent arctique. Il faut que je chasse l'angoisse. Absolument. Allez Miléna! Bombe le torse!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-6567054509457005647?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/6567054509457005647/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=6567054509457005647&amp;isPopup=true' title='11 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6567054509457005647'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6567054509457005647'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/11/reprendre-la-route.html' title='Reprendre la route'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SxLE77n0QVI/AAAAAAAABrI/7gm2OmdeY8Q/s72-c/img-8524-fei.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>11</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-936022847803617840</id><published>2009-11-26T08:59:00.001-08:00</published><updated>2009-11-26T10:28:25.156-08:00</updated><title type='text'>Mon mentor</title><content type='html'>Je nous revois dans son pigeonnier. Une pièce minuscule tapissée de livres du plancher au plafond dans laquelle je suis entrée en ayant étrangement conscience de traverser le seuil. Comme quand je suis entrée dans le Palais de la Reine à Cnossos, disons. Il est exactement tel que je me l'imaginais quand il me le décrivait devant un plat de pâtes, le midi, dans un de nos restos préférés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je colle le nez à l'unique fenêtre. Je regarde où il se perche, ce qu'il voit quand il m'écrit de son bureau massif. Il y a un arbre devant son balcon, un peu comme celui qui étale ses ramages devant mon nid de coucou. Les romans de son enfance sont juchés hors de portée, sur la dernière tablette. Les collections dont étaient friands les adolescents de son époque alignées juste en dessous, les lourds ouvrages reliés en cuir d'auteurs que je trouve indigestes comme un plat de lentilles (il sourit toujours quand je lui commente un livre de la sorte) à la hauteur de mes yeux, les guides de voyage traçant un peu l'itinéraire de sa vie et les enluminures complexes de ses exils. Les documentaires de Cousteau. Les romans que je reconnais pour les avoir dévorés au temps de notre rencontre, quand je l'appelais encore Monsieur et que je le vouvoyais. Quand il me commandait des livres obscurs, quand son accent m'amenait les chaleurs du Midi en plein hiver et que la neige tombait devant les vitrines de la librairie. Il entrait en se secouant les pieds. J'avais envie de lui dire de mettre une tuque. Sa prestance m'impressionnait. J'avais décidé que je serais SA libraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je plaque mon corps contre la bibliothèque, les bras tendus en croix pour essayer de l'enserrer; le bois est acajou comme la couleur que j'aimerais donner à mes cheveux si l'odeur pouvait y rester emprisonnée dans mes boucles. Des photos de famille sont disséminées sur le bord des tablettes comme un rappel au présent, alors qu'il aime parfois tant le voir s'effacer dans les circonvolutions de ses pensées profondes. C'est un homme de réflexion et de silence. Entrer dans son univers est comme faire un pas de plus dans notre espace commun. Qu'il me permette l'accès à son antre après 8 ans de relation me donne ce léger vertige d'une porte ouverte sur autre chose, que je n'avais qu'effleuré. J'ai l'impression qu'il me parle à l'oreille et que je peux voir le décor, là derrière. Schubert dans l'ordinateur ronronnant, un vin néo-zélandais en coupe, des muffins aux lardons à l'apéro et un feu de bois, contre lequel je vais parfois m'adosser. Pendant qu'il desserre sa cravate. Nos conversations sont une richesse dont je ne me passerais plus. Ce soir dans son pigeonnier, la discussion prend encore une tournure nouvelle. Peut-être à cause du rhum pur des Îles au digestif. Ou parce que nous avons le temps...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre histoire est née de notre amour commun des livres. Mais elle est surtout issue d'une collision improbable entre nos origines et notre âge, entre mon coeur écervelé et sa tête en fer forgé. Une petite vingtaine d'années nous séparent. Autant dire un monde. Nos distances disparaissent pourtant sous les plis d'une tendresse que nous trouvons romanesque. Il s'agit simplement d'une envie commune de trouver refuge hors de nos vies et de mettre au défi nos existences de découvrir un sens qui nous échapperait peut-être si nous n'étions pas là l'un pour l'autre. Nos distances n'existent que dans le regard des autres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je bute parfois sur ses manières secrètes et sa franchise désarmante. Il est parfois secoué par mon absence de retenue. Par ces envolées que j'accroche à ses oreilles comme des mèches qui lui piquent le cou. Il ne les repousse pourtant jamais. Jamais. J'ai l'impression qu'il les enroule plutôt autour de son doigt. Il me donne l'entière liberté d'être moi. Et mieux encore, il prend mes ailes comme des objets fragiles qu'il protège dans des vitrines illuminées. De mon côté, je laisse sa voix prendre des textures d'écorces, la couleur d'un phare et le grain du papier. Je laisse sa voix me bercer, me fouetter et me ramener à l'ordre. Ou me garder dans le désordre. Je le laisse être un membre de ma famille. Je ne le prends pas pour mon père, un oncle, un cousin ou un frère, bien sûr que non. Mais il est un homme en qui j'ai une confiance absolue. Il est celui qui questionne, qui écoute, qui scrute, il est celui qui doute, qui me pousse à soulever des pans entiers de réflexions, qui me force à plonger plus loin, à changer de voie, à discuter mes choix ou à les justifier. Il est celui qui me sort parfois de l'émotif pour trouver une manière moins douloureuse de réfléchir. Il m'apporte toujours un point de vue différent de celui des autres. Il m'aide à grandir en me confrontant à mon inverse. Il possède une très grande intelligence sensible. J'aime penser qu'il est mon mentor.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai classé notre histoire dans un tiroir à part puisqu'elle ne ressemble à rien de ce que j'avais connu. Je sais qu'il y a, quelque part dans son pigeonnier, une filière pleine de nos correspondances. J'ai moi aussi conservé tous nos échanges. Nous nous sommes toujours écrit, parfois des notes brèves pour fixer un rendez-vous, parfois de longs courriels qui méritaient trente lectures pour en saisir les sens. Je me suis maintes fois délectée de la complexité de son style, de ses mots scrupuleusement choisis et passés au tamis, de son érudition, de la richesse d'un langage que je serais incapable d'inventer. De son côté, il se dit incapable d'inventer le langage que j'utilise pour parler des émotions. Il aime mon coeur. Et j'aime aussi le sien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-delà de nos mots, les moments où on se voit sont des phylactères, des bulles, oui, des bulles que je laisse flotter au-dessus de ma tête des jours durant. Je n'aurais pas eu envie de les faire éclater en parlant de lui ici si je n'avais pas ressenti l'impulsion de le décrire comme un pilier de mon univers. Beaucoup de ce que je suis devenue ces dernières années est dû à la manière dont il en a pris soin. De loin, certes, mais bien. Son regard est devenu un refuge et une raison. J'espère le garder dans ma vie malgré le temps, malgré la distance, malgré les âges. Malgré tout. Et à cause de tout.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-936022847803617840?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/936022847803617840/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=936022847803617840&amp;isPopup=true' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/936022847803617840'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/936022847803617840'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/11/mon-mentor_26.html' title='Mon mentor'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7495304251820958058</id><published>2009-11-19T14:41:00.000-08:00</published><updated>2009-11-19T14:45:11.732-08:00</updated><title type='text'>Au Cap 23: Un méchant carnage</title><content type='html'>Il est tard. Je veille dans la cuisine, près de la truie que j'ai bourrée en prévision de la nuit. Les enfants dorment, la tête enfouie sous les couvertures.  Je suis de garde, ce soir; je leur ai fait cuire un tajine de poulet aux légumes et on s’est pelotonnés sur le grand divan bleu. La Pomponne m’a fait des confidences secrètes pendant que le grand de 14 ans se remettait de sa nuit blanche. Par la fenêtre du salon, je vois le lumignon des voisins allumé sous le porche. Je ne suis pas toute seule. Le grand chaudron crépite sur le poêle. Les gouttes d’eau s’enfuient sur la plaque en couinant; on dirait des bulles de mercure qui se détachent les unes des autres. Je veille parce que je n’ai pas envie d’aller au lit. Je savoure la maison et les heures que je vole à la nuit, peinarde, les jambes étendues sur la chaise devant moi. Je viens de pleurer comme une idiote devant un film pour enfants. Je décante les émotions de l’après-midi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est arrivé un truc horrible à notre forêt. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un voisin qui vit plus haut dans le Cap a saccagé la montée vers la chute; juste un peu plus haut que la Descente-à-Roland, sur le chemin du pont. On entendait les scies mécaniques, mais on croyait que c’était Ti-Lou qui poursuivait ses travaux d’agrandissement. Quand il est venu chercher mon ami en lui disant : "Eille, viens voir ça! Je pense que tu seras pas content. Y’a des gars qui coupent des arbres sur la terre à Godin! Ils veulent tirer les branchailles dans la rivière", B* n’a fait ni une ni deux et il s’est précipité ventre à terre. Il travaille en environnement, alors il en connaît un bail sur la protection des bandes riveraines, les lois qui régissent les coupes sauvages, sur les glissements de terrain et la pollution des cours d’eau. Et il en connait un rayon sur le Cap. Sa douce et moi aussi. Je sais les centaines d’heures qu’on a passé dans la rivière à consolider les rives et à nettoyer les falaises, je sais l’amour indéfectible qu'on porte aux troncs qui s’élèvent sur nos terres et celles des voisins. Le respect qu'on doit apporter à notre environnement mais surtout la manière de traiter les terres qu'on a la chance de posséder. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon ami B* est allé les stopper dans leur élan. Les gars étaient en train d’embarquer un bouleau gros comme ça dans le pick-up. Il était déjà débité, comme un putain de chevreuil qui vient d’être tué et dont on coupe les bois pour en faire une décoration murale. Les trembles couchés saignaient encore sur la terre meuble. Il en avait jalonné des dizaines, le salaud. Des pauvres arbrichons démembrés étalés partout dans le cap. Des sapins gisant aussi, amputés par les scies. Un énorme amas de branchages qui dénature le paysage. Méchant carnage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu de choses réussissent à vraiment me mettre hors de moi, au point où je me fâche à voix haute, je veux dire. Mais devant l'ampleur de ÇA, je leur ai pété une coche. Les gars me regardaient en silence. Le bonhomme avait les doigts croisés sur son gros ventre; il se sentait petit, je pense, devant la réaction en chaîne et les regards consternés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À ce stade, je m'étouffais. Je me suis poussée pour prendre des photos (qu'on s'empressera d'envoyer à Godin) avec une hargne que je ne me connaissais pas. Je veux qu'elles servent à venger nos morts. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDkUA2lrsI/AAAAAAAABq4/ELxOuw7VBTw/s1600/carnage+9.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDkUA2lrsI/AAAAAAAABq4/ELxOuw7VBTw/s400/carnage+9.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404570585322073794" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDkT1muFkI/AAAAAAAABqw/F3HIpZg78n8/s1600/carnage+8.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDkT1muFkI/AAAAAAAABqw/F3HIpZg78n8/s400/carnage+8.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404570582302725698" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDkTv6md2I/AAAAAAAABqo/JFRlKsSc-Ps/s1600/carnage+7.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDkTv6md2I/AAAAAAAABqo/JFRlKsSc-Ps/s400/carnage+7.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404570580775499618" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDkTCwnzhI/AAAAAAAABqg/fknD2PZ1WK4/s1600/carnage+6.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDkTCwnzhI/AAAAAAAABqg/fknD2PZ1WK4/s400/carnage+6.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404570568654048786" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDihQtnlvI/AAAAAAAABqY/bcMhgWZ9ZL4/s1600/carnage+4.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDihQtnlvI/AAAAAAAABqY/bcMhgWZ9ZL4/s400/carnage+4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404568613894461170" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDihHFzXDI/AAAAAAAABqQ/2OOZhUn34oM/s1600/carnage+3.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDihHFzXDI/AAAAAAAABqQ/2OOZhUn34oM/s400/carnage+3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404568611311541298" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDig1IncSI/AAAAAAAABqI/GKCz96msE0o/s1600/carnage+2.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDig1IncSI/AAAAAAAABqI/GKCz96msE0o/s400/carnage+2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404568606491504930" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDiggp07CI/AAAAAAAABqA/zYPcINbNVGw/s1600/carnage.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDiggp07CI/AAAAAAAABqA/zYPcINbNVGw/s400/carnage.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404568600993655842" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7495304251820958058?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7495304251820958058/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7495304251820958058&amp;isPopup=true' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7495304251820958058'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7495304251820958058'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/11/au-cap-23-un-mechant-carnage.html' title='Au Cap 23: Un méchant carnage'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SwDkUA2lrsI/AAAAAAAABq4/ELxOuw7VBTw/s72-c/carnage+9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7895233692120644816</id><published>2009-11-10T19:53:00.000-08:00</published><updated>2009-11-10T20:41:55.052-08:00</updated><title type='text'>La laisser prendre place</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svo9pTPLg4I/AAAAAAAABp4/7USZDl0sD-Q/s1600-h/DSC03601.JPG"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svo9pTPLg4I/AAAAAAAABp4/7USZDl0sD-Q/s400/DSC03601.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5402698482732204930" /&gt;&lt;/a&gt;Elle arrive chez moi sans s'annoncer à 1h30 le samedi après-midi. J'ai une pince en plastique dans les cheveux, un vieux gilet à capuchon gris qui boulotte, des pantalons trop larges et des bas de laine. Mon appart sent le Lestoil, j'étais en train de faire le plancher de la salle de bain. Je n'attendais personne. Je baisse la musique sur laquelle je me dandinais en balayant. Mon amie a un drôle de regard. Et une face de lune. Je lui demande si elle a fumé un joint parce qu'il y a du liquide en bas de sa pupille et ses yeux ne se posent nulle part. Elle s'effondre sur la chaise, met ses coudes sur la table, cache son visage dans ses mains et elle se tait. Elle soupire. Elle rigole. Puis elle se met à pleurer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne comprends rien à son état. Elle tend la main vers son sac et sort une bouteille de blanc de sa sacoche. Ah bon? À 1h30? J'en étais encore au café. Je sors pourtant deux coupes et je m'installe face à elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'est-ce qui se passe?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ouvre enfin la bouche et les dernières 12 h déboulent. Sa rencontre foudroyante avec un homme de passage, l'attraction totalement irrésistible, le jeu à peine subtil des corps qui se rapprochent, les regards lourds jusqu'au déclic. La synchronicité du moment où ils ont compris qu'il fallait qu'il se passe quelque chose. Les paumes brûlantes qu'elle pose sur mes avant-bras pour me montrer à quel point sa température interne a grimpé depuis la veille à 5h, les joues rouges, la tendresse et l'abandon inscrits dans un sourire coquin que je ne lui connaissais pas me la font regarder comme si elle était nouvelle. L'audace l'a transfigurée. Elle me décrit les gestes, les paroles, la chambre, la musique, son corps, ses yeux, sa façon de bouger, les rideaux, le tapis, les murs, les cadres de porte, la lumière, elle me parle de son odeur, de son torse, de ses cuisses, de sa voix, de ses yeux encore. Il a creusé une digue profonde en elle. Elle se répand partout, elle s'étale, se liquéfie, elle casse sa voix et son souffle en se passant la main dans les cheveux. Elle trépigne du genou sous la table, s'allume une clope en tremblant, me montre son cou. Elle est sortie d'elle. Carrément. Je vois son âme ancienne suspendue par un fil au-dessus de sa tête. Je n'ai aucune envie de la faire redescendre. Je l'écoute en rigolant les sourcils haussés de surprise et d'envie. L'âme nouvelle est terriblement électrique. Elle lui donne une énergie différente. Plus sûre. Plus femme, peut-être. Elle est épanouie et elle a sur les paupières les ombres d'une sauvageonne débridée. Mais elle montre aussi à cet instant une fragilité tellement émouvante que je la serre très fort dans mes bras. Longtemps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle a mal partout, elle est exaltée et mortifiée, elle est hébétée du défoulement de ses sens, meurtrie par une nuit sans sommeil et deux ou trois verres de trop, dérangée par ce qu'elle a montré d'elle à un inconnu de passage. Excessivement troublée par la férocité du déluge qui la prend au ventre. Wow. Elle boit une gorgée puis elle baisse les épaules en soupirant. Elle dit: J'imagine que tout ça fait partie de moi. Mais je ne le savais pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Effectivement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Laisse la prendre place. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je repense à ce qu'elle m'a dit sur ce qu'on cache de soi aux autres. Par convenance, par soucis d'être aimé, par angoisse ou pudeur, par peur de l'audace. Ou par peur de soi? Cette retenue qu'on garde avec l'impression de se respecter alors qu'à l'intérieur, on sait très bien qu'on se ment. Je sais aussi que la peur nous fait souvent passer à côté de nous. À côté de passions fulgurantes comme celle qu'elle a vécue, qui n'ont rien à voir avec le coeur et tout avec le corps, qui s'inscrivent dans notre histoire comme des moments intimes qu'on aime chérir loin du bruit du monde en se repliant sur soi; des images à rebours qui nous font ployer les genoux, fermer les yeux quand elles reviennent nous prendre par surprise, marcher la tête penchée vers le trottoir, nous réveiller en sursaut la nuit, glisser le long d'un mur et rester assise là vingt minutes juste pour ressasser ce qui nous attaque les fibres. Je repense à l'instant fragile où on accepte de se lâcher sans filet dans les bras d'un autre, où l'instinct nous dicte de sortir à la fois le meilleur et le pire de soi dans un déchaînement libérateur. Ces instants sont tellement rares. Je lui ai demandé la permission de billetter le sien. C'était trop inspirant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7895233692120644816?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7895233692120644816/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7895233692120644816&amp;isPopup=true' title='11 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7895233692120644816'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7895233692120644816'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/11/la-laisser-prendre-place.html' title='La laisser prendre place'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svo9pTPLg4I/AAAAAAAABp4/7USZDl0sD-Q/s72-c/DSC03601.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>11</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7971151329094013731</id><published>2009-11-07T19:29:00.000-08:00</published><updated>2009-11-07T21:29:16.201-08:00</updated><title type='text'>Le maudit passé</title><content type='html'>On voudrait pouvoir le bichonner en paix, le garder pour soi dans un pli, scellé comme nos lèvres sur sa lueur. Secrète. On voudrait qu'il se taise, qu'il se taise ou alors qu'il remonte fugacement dans les grognements de notre ventre quand on est seul. Parce qu'on ne le laisse jamais revenir au milieu de la nuit quand l'autre dort enroulé dans nos draps, la bouche ouverte sur notre épaule. On voudrait qu'il nous appartienne comme une lettre intime bourrée de ratures, mais écrite à l'encre rose avec une date effacée par la trace baveuse d'une goutte de café. Ou même d'une larme. On voudrait qu'il ne définisse jamais notre présent. Qu'il soit une piste, oui, un chemin de cordes arrimées à des oeillets plantés dans le roc pour que l'autre remonte jusqu'à nous. On voudrait qu'il soit un guide, pas une fatalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On voudrait que jamais il n'empêche le futur d'advenir. On aimerait ne pas avoir à le justifier. Qu'il ne laisse pas de lourds bourrelets de terre glaireuse sur les seuils qu'on ose franchir et qu'il faut nettoyer comme en s'excusant d'avoir, à une époque, pataugé dans les mares. On voudrait ne plus avoir à le déshabiller à chaque fois qu'on oserait le corps de l'autre. La nudité de l'autre. Sa nudité. Et la nôtre. Exhiber son corps ou son âme? Impossible de se retrouver nu à cause de lui. Il est une deuxième peau qu'on croit douce et sur laquelle l'autre s'écorche les bras. Il n'est une paix que pour nous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est une paix que pour nous quand il représente une tempête dans la tête de l'autre. Quand d'une porte pourtant déjà fermée, il se transforme en porte que l'autre nous claque une deuxième (ou une troisième) fois au nez. Quand il prend toute la place, tout à coup, alors qu'il n'a même plus un portrait sur aucun mur d'aucune pièce, alors qu'il est une route comme toutes les routes qu'on prend pour arriver jusqu'à nous. Le maudit passé qu'il faut étendre comme nos bobettes sur la corde à linge, ces morceaux de tissus épars, sexy, délavés ou dentelés, les dessous de nous que l'on montre quand l'autre nous le demande. Ou quand il les voit par hasard en épiant du coin de l'oeil, juché sur le balcon du quatrième voisin. Le maudit passé comme une arme à double tranchant, quand ce qu'on tait devient mensonge et ce qu'on dit, une vérité dérangeante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors quoi? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;QUOI!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'est-ce qu'il faut faire? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Éviter de dire qu'on a existé?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7971151329094013731?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7971151329094013731/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7971151329094013731&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7971151329094013731'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7971151329094013731'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/11/le-maudit-passe.html' title='Le maudit passé'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-1718717809303705133</id><published>2009-11-02T09:08:00.000-08:00</published><updated>2009-11-02T15:30:16.056-08:00</updated><title type='text'>Au Cap 22: Une vraie histoire d'Halloween</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Su9ZVyJGcWI/AAAAAAAABo8/do0AtG7cq6U/s1600-h/ciel+d%27halloween.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Su9ZVyJGcWI/AAAAAAAABo8/do0AtG7cq6U/s400/ciel+d%27halloween.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399632709012582754" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est arrivé à 6h15 du matin. La pénombre s'étirait encore sur le Cap. Un étrange vent chaud d'Halloween riait dans l'allée de sapin comme un groupe de sorcières ravies de voler en ligne droite jusqu'au fleuve. Il est arrivé lentement. Un grand gars efflanqué dans une vieille bagnole rouge. Il a fait un détour dans l’allée qui monte derrière le champ d’en face et il s’est stationné en plein milieu du chemin. Il a coupé les moteurs, a baissé son siège et il a tourné sa tête vers les fenêtres de la maison. Ma mie, en robe de chambre, rallumait la truie après avoir été abruptement tirée du sommeil par les mulots qui grattaient le mur du cagibot. Intriguée par la présence d’une voiture à cet endroit, elle s’est approchée de la grande fenêtre du salon pour regarder qui venait là. C’est novembre qui s’installe au Cap. Les maisons des voisins sont plongées dans la pénombre, les fenêtres sont placardées, il n’y a personne d’autre que nous, sauf peut-être un couple beaucoup plus bas vers le fleuve. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant qu’elle l’observait, l’homme est sorti lentement en se dépliant de la voiture, le visage caché par un capuchon noir comme un voyou du métro de Londres. Il a baissé sa braguette et il s’est mis à se tripoter, puis à pisser en la regardant par en dessous. Trop bizarre. Il est retourné s'installer dans sa voiture et il est resté là pendant un trop long moment. Immobile et louche dans sa voiture rouge. Son ombre tournée vers nous. Des heures plus tard, attablées devant un café, nous tergiversions sur la marche à suivre; les œufs cuisaient sur la truie et il y avait cet homme qui regardait encore vers nous sans relâche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je vais aller le voir, au cas où il serait malade… &lt;br /&gt;- T’es folle, va pas là, tout à coup qu’il t’attaque! »&lt;br /&gt;- Heu… ouin... ça serait pas d'avance, c'est sûr.&lt;br /&gt;- Va chercher ton cellulaire!&lt;br /&gt;- Ben non… il est sûrement pas dangereux, ce gars-là! Il dessaoule ou il dort…&lt;br /&gt;- Pffffffff! Non! Il a pissé vers moi! En montrant sa quéquette! C’est pas clair son affaire, Miel… je suis pas rassurée…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors on a guetté ses mouvements. Je suis allée chercher du bois en l’enlignant de mon regard outré avec emphase. Je tirais les grosses bûches dans la brouette en le matant pour lui montrer que je me laissais pas intimider. Puis je suis sortie fumer sur le balcon en croisant les bras. Ma mie est allée virer sur le terrain aussi en le dévisageant ostensiblement. Il ne bougeait pas. Vers 10h, il est reparti comme il est venu, en roulant lentement vers la plage. Trop loin pour qu’on puisse noter son numéro de plaque. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Argh! Depuis qu’on est arrivés au Cap, on a parfois peur des coyotes. On guette les ours, les renards, on traque les mulots. Mais les hommes??? Jamais on n’a eu peur des hommes. Il a profité de la lueur orange de l’Halloween pour venir nous flanquer la trouille en plein jour. Le soir venu, nous avons dû nous résoudre à barrer les portes et à mettre la chaîne. À l’heure où j’écris ceci, M* est partie se coucher avec le pied de biche. Assise toute seule à la table de la cuisine, je me sens épiée à travers les rideaux de dentelle. La lune illumine le champ d’en avant mais tous les réverbères sont éteints sur le rang sauf celui devant la maison. Le pire, c’est qu’il y a de la brume… La pluie claque sur le toit du cagibot. Je remets une bûche dans la truie. Je m'abstiens de sortir fumer dehors. Je n'avais pas peur de lui en plein jour, pourtant. Je suis furieuse de me laisser impressionner par la nuit et la perspective qu'il soit revenu assouvir ses envies. Tapi dans l'ombre comme un gros lâche sans cervelle. Un gros lardon à quéquette molle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jamais nous n’aurions pensé à redouter quelqu’un ici. Il a rompu notre quiétude et le sentiment de sécurité que nous ressentions. Je ne suis pas contente.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-1718717809303705133?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/1718717809303705133/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=1718717809303705133&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1718717809303705133'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1718717809303705133'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/11/au-cap-22-une-vraie-histoire-dhalloween.html' title='Au Cap 22: Une vraie histoire d&apos;Halloween'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Su9ZVyJGcWI/AAAAAAAABo8/do0AtG7cq6U/s72-c/ciel+d%27halloween.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-5730635185838662565</id><published>2009-10-12T16:15:00.000-07:00</published><updated>2009-10-12T18:40:30.886-07:00</updated><title type='text'>La pleine lune en plein jour</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/StO8H5G_YOI/AAAAAAAABos/Mzd9v5yRh8Q/s1600-h/couleur+3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/StO8H5G_YOI/AAAAAAAABos/Mzd9v5yRh8Q/s400/couleur+3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5391860022667862242" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/StO7CUAsS7I/AAAAAAAABok/-guHMl5F1Jk/s1600-h/couleur.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/StO7CUAsS7I/AAAAAAAABok/-guHMl5F1Jk/s400/couleur.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5391858827298360242" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/StO5k_DQtnI/AAAAAAAABoc/hSpeBLn7VBY/s1600-h/top+photo+4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/StO5k_DQtnI/AAAAAAAABoc/hSpeBLn7VBY/s400/top+photo+4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5391857223944156786" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/StO5kA5uWZI/AAAAAAAABoM/rMmQpPE-i9g/s1600-h/11.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/StO5kA5uWZI/AAAAAAAABoM/rMmQpPE-i9g/s400/11.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5391857207261157778" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/StO5kpEEa3I/AAAAAAAABoU/AfRmkyaRmps/s1600-h/n+et+m+2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 265px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/StO5kpEEa3I/AAAAAAAABoU/AfRmkyaRmps/s400/n+et+m+2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5391857218041965426" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai passé tout un après-midi dans les hauteurs. De temps à autre, il y avait ces petits coups de pieds pour me rappeler que nous n'étions pas que deux à guetter l'éclaircie entre les nuages; un bébé de huit mois s'agitait dans l'ombre et sa présence illuminait les yeux de mon amie de l'intérieur, comme une lampe de poche sous une couverture. J'étais excitée comme une gamine, exaltée depuis des jours par la perspective de ce shooting. Je voulais lui offrir des images capiteuses, sensibles, éclairées, des images uniques de ces moments qui précèdent la naissance, quand le corps est à son apogée. Je voulais lui offrir des images de sa féminité radieuse, de sa peau mouvante et de cette vie cloisonnée entre ses hanches. J'étais nerveuse, je suppliais les rayons et la muse inspiratrice, je tordais mon regard et ma fibre créatrice dans tous les sens. J'avais chaud. J'avais peur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De temps à autre, je posais ma main sur son ventre. Je déplaçais un tissu, tournais sa tête, je lui faisais mettre des bottes à talons, une camisole décolletée, un foulard vaporeux, je la plaçais devant une fenêtre, assise par terre dans la cuisine, perchée sur un tabouret, étendue sur le tapis, le divan; elle montait les escaliers, disparaissait dans son garde-robe géant, passait à la salle de bain, attachait et détachait ses cheveux, se concentrait sur son regard et ce pli entre les yeux. Elle éclatait de rire pendant que je sautillais sur place en faisant des yahou ou elle me jetait un regard anxieux alors que je me mordais les lèvres en regardant les derniers clichés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En partant de chez elle, il neigeait à plein ciel. De gros flocons inattendus qui me faisaient prendre les courbes de Charlevoix avec la lenteur d'une conductrice du dimanche. Je ne voyais rien et je craignais que mes pneus d'été ne tiennent pas la route. Je souriais pourtant toute seule au volant, la caméra posée sur le siège passager. Les images étaient dans la boîte, et notre relation nimbée d'un halo nouveau.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-5730635185838662565?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/5730635185838662565/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=5730635185838662565&amp;isPopup=true' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5730635185838662565'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5730635185838662565'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/10/la-pleine-lune-en-plein-jour.html' title='La pleine lune en plein jour'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/StO8H5G_YOI/AAAAAAAABos/Mzd9v5yRh8Q/s72-c/couleur+3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-5978427721509530479</id><published>2009-09-24T16:17:00.000-07:00</published><updated>2009-09-28T16:39:33.278-07:00</updated><title type='text'>La géométrie des troncs</title><content type='html'>Ses racines sont ici. Elles ont poussé sur le promontoire, dans une maisonnette en planches érigée au carrefour de deux sentiers d'un sable caillouteux qui s'ébrouait en spirales ascendantes sous les pneus des pick-ups de ses oncles. Un champ fauve juché sur la pointe surplombant une baie de longues marées; le fleuve léchant lentement les grèves spongieuses de tous les bouquets d'algues qui explosaient sous leurs sandales en faisant des bruits de pets. Ils riaient en sautant dans les flaques, cueillaient les têtards à mains nues, grimpaient avec peine sur les estocs en se cramponnant dans les failles. Les bras levés en signe de victoire sur le bout de ce monde qui leur appartenait. Infatigables, ils remontaient ensuite le sentier en maraudant les potagers et les bosquets de framboises. Ils se sauvaient des remontrances amusées des voisins en galopant entre les clôtures, revenaient à la maison les genoux écorchés et les poches bombées de coquillages qu'ils jetaient comme de la monnaie dans le vide-poche de l'entrée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'imagine sans mal les histoires qu'ils devaient se raconter le soir à mi-voix, couchés en rang d'oignon sur des matelas de sol pendant que leurs parents ouvraient des bières devant le feu de camp. Mon enfance ne s'est pas construite ici mais les personnages m'assaillent dès que j'y mets les pieds. Depuis qu'elle est revenue au Cap contre vents et marées, guidée par un appel originel et l'envie inéluctable de posséder son lopin de terre, je la suis. Je la suivrais au bout du monde, il faut le préciser, mais je me souviens qu'on y était venues en stop au tout début de notre amitié. Il y a quoi: 13 ou 14 ans? Nous étions alors comme des barques qui s'arriment l'une à l'autre pour ne pas couler. À l'époque, on peut dire que nous étions en chantier. Toutes les deux. J'y reviendrai peut-être, mais pas maintenant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis qu'elle est revenue au Cap, donc, avec ces histoires savoureuses dont elle nourrit mon imaginaire à toute heure du jour, l'âme des lieux me prends entièrement et ma tête exulte des histoires qui surgissent sans crier gare, particulièrement lorsque je passe dans une lumière propice ou dans les ombres qui roulent dans la lise effondrée des berges. Depuis qu'elle est revenue au Cap, ce que j'aimais d'elle devient le centuple parce que je la connais cent fois mieux (est-ce possible?) et sous différents jours. Tous les gestes que nous posons pour habiter les lieux et les embellir consolident notre amitié beaucoup plus sûrement que ces dizaines de soirées qu'on aurait pu passer dans les bars à deviser sur nos réussites ou nos écueils, ou à errer en ville, tout simplement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par exemple, quand nous descendons ensemble à la rivière pour faire le ménage munies de nos bottes de pluie, de coupe-branches, d'une bouteille de blanc et d'un plan tacite sur ce que nous voulons créer d'espace, je me laisse atteindre. Par le bonheur. Par l'impression incomparable de redonner vie au courant, de libérer d'un écran de pins morts un tronc double dont les racines trempent dans une mare aux fées ou une cascade rigolarde dissimulée sous des arbres qui ont glissé en se séparant. Je pense au bruit de leur chute et à l'aspect inquiétant de leurs ramifications sectionnées. On dirait les doigts crochus de deux cadavres immolés. Leurs grands corps allongés s'inscrivent dans le paysage comme les stèles nervurées d'une vie foudroyée. Peut-être que je dramatise, aussi, et que leur coeur était tout simplement trop lourd pour le sol friable de ce champ de météorites. Je ne veux pas qu'on les enlève. Je veux que la rivière se moule à leur peau dure et à tous les membres qu'on laisse tremper dans les bouillons. L'eau, le bois et le feu. La pierre et l'air. Tout ça me donne l'impression d'avoir les jambes enfoncées dans le sol jusqu'aux cuisses. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lance des poignées d'humus et de champignons, je me jette dans l'odeur de décomposition des branches mortes, je m'érafle volontiers les bras, je remplis mes bottes d'eau glaciale. Je la regarde, mon amie, dessiner en pensées son îlot près de la grosse roche avant d'attaquer en hurlant les branches trop lourdes, les casser en rugissant du ventre et de la gorge. Je l'imite en sautant sur le tronc mort d'un tremble rabougri de tout mon poids, une fois, deux fois, trois fois avant qu'il cède et que je dégringole sur les cailloux en riant. Nous trinquons à ce moment complice et libérateur, les fesses posées au milieu de l'île. Je vois les colonnes évanescentes de nos deux feux s'élever contre la verdure comme des murs de ces pensées délétères qu'il faut laisser partir pour trouver un équilibre; je songe brièvement à une espèce de rituel chamanique de purification. Passer des jours entiers avec elle à travailler la terre est ce que j'ai de plus précieux dans ma vie en ce moment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensemble, nous défilons les histoires qui sont cousues à nos lèvres. Celles qui viennent des racines. Des siennes, des miennes et des nôtres. Celles qui trempent dans une eau stagnante qu'on peut déranger d'un coup de botte ou en déplaçant seulement les pierres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Srv--eIaZBI/AAAAAAAABns/PioLCTCaOl4/s1600-h/arbre+pench%C3%A9.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 230px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Srv--eIaZBI/AAAAAAAABns/PioLCTCaOl4/s400/arbre+pench%C3%A9.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5385178128645252114" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Srv-_ndNOUI/AAAAAAAABoE/KAc99w7DkMc/s1600-h/mare+aux+f%C3%A9es.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 229px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Srv-_ndNOUI/AAAAAAAABoE/KAc99w7DkMc/s400/mare+aux+f%C3%A9es.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5385178148328257858" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Srv-_bFa13I/AAAAAAAABn8/5YGOveks4PE/s1600-h/la+fourche.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Srv-_bFa13I/AAAAAAAABn8/5YGOveks4PE/s400/la+fourche.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5385178145007261554" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Srv--xvaw6I/AAAAAAAABn0/EnL9T3Py69I/s1600-h/fum%C3%A9e.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 239px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Srv--xvaw6I/AAAAAAAABn0/EnL9T3Py69I/s400/fum%C3%A9e.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5385178133909128098" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-5978427721509530479?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/5978427721509530479/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=5978427721509530479&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5978427721509530479'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5978427721509530479'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/09/la-geometrie-des-troncs.html' title='La géométrie des troncs'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Srv--eIaZBI/AAAAAAAABns/PioLCTCaOl4/s72-c/arbre+pench%C3%A9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-8223159408139472562</id><published>2009-09-17T17:24:00.001-07:00</published><updated>2009-09-17T17:24:16.164-07:00</updated><title type='text'>Au Cap 21: détails</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SrAT__fd4GI/AAAAAAAABnc/T4tkCuqH27U/s1600-h/d%C3%A9tail3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SrAT__fd4GI/AAAAAAAABnc/T4tkCuqH27U/s400/d%C3%A9tail3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5381823544803844194" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SrAUAfl9W1I/AAAAAAAABnk/mMVSaMnROxk/s1600-h/d%C3%A9tail4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SrAUAfl9W1I/AAAAAAAABnk/mMVSaMnROxk/s400/d%C3%A9tail4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5381823553421007698" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SrAT_kTvXgI/AAAAAAAABnU/2mnyzrnNPtk/s1600-h/d%C3%A9tail2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SrAT_kTvXgI/AAAAAAAABnU/2mnyzrnNPtk/s400/d%C3%A9tail2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5381823537506901506" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SrAT_ALfKTI/AAAAAAAABnM/PGZBFETY-8U/s1600-h/d%C3%A9tail1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SrAT_ALfKTI/AAAAAAAABnM/PGZBFETY-8U/s400/d%C3%A9tail1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5381823527808608562" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils portent attention aux détails. Mon inhabituelle retenue les taraude; ils m'observent du coin de l'oeil, font (sûrement) des messes basses dans le cagibeau quand je m'éloigne, ils me jaugent pour savoir si j'ai besoin de leurs bras ou d'espace. Ils me laissent filer pendant des heures dans la clairière avec un manuscrit et une courtepointe, partir à la recherche de la lumière déployée entre les lattes des cabanes, arpenter le jardin de fleurs sauvages et l'allée des érables. Ils me laissent les berges de la rivière, le côté nord de la grange, le sous-bois ombragé, les cimes fantomatiques de la montagne des coyotes. Mon amie glisse discrètement dans ma paume un joint à fumer près du caveau à légumes. Ils me laissent retrouver mon rythme et ces parties de moi que j'égare sur les routes. Ou même chez moi. Quand ils croient le moment venu, ils m'assoient sur une chaise droite devant eux dans un rayon oblique. La poussière lutine dans l'air chaud des braises et elle danse en contre jour devant leurs visages. M* se berce doucement les genoux relevés, la tête appuyée sur la cuirette turquoise de la berçante de son grand-père. B* se frotte les fesses contre le coin de la truie en se massant les reins, remet une bûche de bouleau et vient s'asseoir devant moi. Vodka/Jus de framboises et canneberges/eau pétillante avec cinq glaces. Ils me regardent. Ils me voient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils me rattrapent au vol. Ils font fondre mes défenses en même temps que les vieux clous rouillés des planches mortes qu'on extirpe des cabanes pour les brûler dans le grand rond de feu de la clairière. Ils me tirent vers eux lentement, me tirent entre les joints des murs sans m'écorcher, ils me ramènent à nous. À moi. Avec un mot ou deux. Avec une assurance tranquille et la science infuse de mes failles. Juste comme ça, à une heure de l'après-midi, ils perforent ma surface d'étang gelé pour faire apparaître un sourire en demi-lune, pour que s'évadent les soupirs dont ils veulent que je me libère comme on crève une grosse bulle d'eau au plafond. Ça coule cinq minutes, dix tout au plus, leurs mains en coupe sur mes épaules et mon nez dans les cheveux fins de ma mie qui sentent les floralies et l'odeur indescriptible d'une vieille tendresse. La joue collée au torse noueux de l'homme des bois, sa main droite pressée sur ma nuque et la gauche sur l'omoplate. Pour la première fois depuis des semaines, je respire normalement. Leur tendresse me donne envie de pleurer de soulagement mais je me retiens. Fini les larmes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je voulais traverser mon deuil toute seule mais je m'y suis très mal prise. À force de rassembler en silence mes idées, mes émotions contradictoires, ma honte de l'échec et la sensation de perte immense, à force de vouloir renier le sentiment d'abandon, la fragilité qui revenait me surprendre et la déception cuisante, je m'étais isolée dans une colère butée où personne n'avait de place. Pas même moi. Ils l'ont senti beaucoup mieux que moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils proposent une chasse aux champignons. Ensuite, on ira transplanter les fougères et le couvre-sol dont j'oublie le nom. On fera une bataille de feuilles mortes, une sauce à spag' sur la truie en sirotant une bouteille de rouge, une séance de photos de la Pomponne déguisée en princesse africaine, puis on ira se coucher dans la fraîcheur des draps qui ont battu au vent tout l'après-midi. Je retrouverai la couette de plume de mamie et mes draps léopards. Les rideaux de dentelle qui laissent passer l'aube pour ne pas que je me réveille trop tard, la quinzaine de cailloux roses amassés sur la grève au début de l'été et un repos plus serein que toutes les nuits du dernier mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il suffit de porter attention aux détails.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il suffit qu'ils soient là pour me le rappeler.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-8223159408139472562?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/8223159408139472562/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=8223159408139472562&amp;isPopup=true' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8223159408139472562'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8223159408139472562'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/09/au-cap-21-details_17.html' title='Au Cap 21: détails'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SrAT__fd4GI/AAAAAAAABnc/T4tkCuqH27U/s72-c/d%C3%A9tail3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-9000876054313117895</id><published>2009-09-09T17:06:00.001-07:00</published><updated>2009-09-09T17:19:14.757-07:00</updated><title type='text'>Blanc</title><content type='html'>Une amie m'a envoyé ces images d'une exposition organisée par une galerie de Washington dont j'ignore malheureusement le nom. Il s'agissait d'un concours où l'on demandait aux artistes de produire une oeuvre à partir d'une seule feuille blanche. J'adore. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sqgyc_hV8RI/AAAAAAAABm8/76Q3GWgDoiE/s1600-h/dans+le+vide.bmp"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 315px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sqgyc_hV8RI/AAAAAAAABm8/76Q3GWgDoiE/s400/dans+le+vide.bmp" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5379605228563067154" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SqgxY0seH_I/AAAAAAAABms/A83SwFXPo4I/s1600-h/mouton.bmp"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 312px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SqgxY0seH_I/AAAAAAAABms/A83SwFXPo4I/s400/mouton.bmp" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5379604057425846258" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SqgxYA546rI/AAAAAAAABmc/C1LzsxntAwo/s1600-h/maison.bmp"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 244px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SqgxYA546rI/AAAAAAAABmc/C1LzsxntAwo/s400/maison.bmp" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5379604043523484338" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SqgxZW4GWTI/AAAAAAAABm0/vXa_Yf6A1v8/s1600-h/squelette.bmp"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 304px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SqgxZW4GWTI/AAAAAAAABm0/vXa_Yf6A1v8/s400/squelette.bmp" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5379604066601425202" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SqgxYqSTYkI/AAAAAAAABmk/VvdfPyF58ic/s1600-h/araign%C3%A9e.bmp"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SqgxYqSTYkI/AAAAAAAABmk/VvdfPyF58ic/s400/araign%C3%A9e.bmp" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5379604054631735874" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sqg20Ia5yXI/AAAAAAAABnE/dV2DMU-UR8U/s1600-h/craquelure.bmp"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 275px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sqg20Ia5yXI/AAAAAAAABnE/dV2DMU-UR8U/s400/craquelure.bmp" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5379610024135477618" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est très onirique, n'est-ce-pas?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-9000876054313117895?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/9000876054313117895/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=9000876054313117895&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/9000876054313117895'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/9000876054313117895'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/09/blanc_09.html' title='Blanc'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sqgyc_hV8RI/AAAAAAAABm8/76Q3GWgDoiE/s72-c/dans+le+vide.bmp' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-4697976704629230067</id><published>2009-09-08T17:55:00.000-07:00</published><updated>2009-09-09T17:55:51.020-07:00</updated><title type='text'>Soliloque</title><content type='html'>Je préférais passer du temps avec lui que devant mon ordinateur à chercher comment décrire le bonheur sans tomber dans le piège si évident de la mièvrerie. Un ami m'a dit hier: "Tu écris bien mais tu n'es pas écrivain ni intello". Il a raison. L'acte d'écrire n'est pas aisé, et mon univers tournait si brusquement autour de lui que j'avais toujours envie de raconter l'amour qui revenait me prendre passionnément contre un cadre de porte. Après des années de ces ébats creux qui jonchent le deuil d'un grand amour, je retrouvais la sensation incomparable de le désirer comme un homme de ma vie. Je m'autorisais à moitié à évoquer ici le lieu si commun d'une histoire qui prend forme, parce qu'elle méritait un cocon. Alors il n'avait pas tors d'attribuer mes absences d'écrivaillonne à son entrée dans ma vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me déroulais sous ses regards. Je délaissais un peu ma sauvagerie pour lui permettre d'investir l'espace qui sépare les volutes d'une carapace. Quand ses lèvres n'étaient pas en train de dévaler mon ventre, je nous construisais une histoire à pas feutrés, une de celles qui débordent des draps pour sortir se promener. Qui fait l'épicerie, des séances de photos en pleine nuit, qui dévale des centaines de kilomètres pour souper dans un pub de Rimouski, marcher en montagne ou visiter la famille. Qui organise des partys d'Halloween ou une galette des rois, invente des recettes le dimanche, joue au Scrabble créatif, aux cartes, aux dés, qui explore le sexte tantrique, le massage suédois en cabine double, qui va au ciné-parc, aux danseuses, aux matchs de baseball ou de soccer, aux compétitions de natation, au chalet des amis de temps en temps, qui lit dans le grand fauteuil, raconte sa semaine devant un Saint-Émilion le vendredi, s'empiffre de pâtes au canard, se caresse en silence pendant des heures, se découvre entièrement, se mouille, se confie, se libère. Je voulais (continuer de) vivre avec lui une histoire qui existe, comme les autres, avec son lot de chances, ses soirées mornes et les disputes qu'on jette par les fenêtres quand tout est dit. Je regrette le temps qui nous a manqué. Mais pas celui que nous avons eu. Bien sûr que non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai simplement du mal à me départir d'une intimité aussi riche. Depuis qu'il a quitté mon appartement, je me sens dépossédée, en sevrage, je me sens triste mais aussi très forte. Je sais que je m'étale mais il n'y a qu'ici que je me permets de le faire, à l'abri de ma page, dans un espace si vaste qu'il s'apparente au néant ou à l'infini. Il y a quelque chose qui me taraude et me fait tenir tête, une certitude qui s'inscrit en aparté, l'impression qu'il s'agit peut-être juste de réinventer l'histoire et de la vivre autrement. Peut-être qu'il ne nous faut pas être officiellement en couple pour construire une relation tenace? Peut-être qu'une fille de la route et un gars de la mer peuvent être heureux dans l'espace entre deux points, entre deux lits, entre deux vies qui se rejoindraient mieux ailleurs que dans la routine?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes amis me suggèrent de laisser filer cet amour. Il y a des minutes ou je tente de m'en convaincre aussi, mais le reste des heures m'attire irrémédiablement vers lui. Je peux me tromper. C'est sûr. Mais j'ai très envie de nous. Alors je crois que je vais le lui dire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-4697976704629230067?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/4697976704629230067/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=4697976704629230067&amp;isPopup=true' title='13 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4697976704629230067'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4697976704629230067'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/09/soliloque.html' title='Soliloque'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>13</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7315950012891258242</id><published>2009-08-31T14:26:00.000-07:00</published><updated>2009-09-01T16:41:30.943-07:00</updated><title type='text'>Réfléchir en roulant (ou rouler en réfléchissant?)</title><content type='html'>Mes murs suintent. Je ne peux pas rester là. J'ai vite colmaté tes moitiés de tiroirs en étalant mes pulls à la va vite, en dépliant mes slips et en foutant des livres dans la partie qui restait. On verra plus tard. Avec l'automne qui arrive, j'achèterai des pantalons, des nouveaux gilets et - pourquoi pas- des dessous affriolants. On sait jamais. J'avais fait le grand ménage; il reste trop d'espace partout. Moitié de garde-robe, quatre tablettes de la commode, 2 rayons de bibliothèque. Et le frigo sans tes bières importées, tes fromages à gratiner et tes roulades aux viandes froides. Seuls mes souliers prennent toute la place dans l'entrée, mais c'est parce qu'elle est petite. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors vendredi 4h30, je plie bagages. Il ne faut plus trop de larmes, n'est-ce-pas, ni d'apitoiements éternels le mouchoir pendu au nez et les talons écornés de stress. Pas trop de gribouillages noirs, de nuits blanches, de beuveries vaines, pas de crises d'appétit ni de jérémiades infinies. Je t'aime encore, soit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais j'aime aussi la route et sans elle, je fais vite le tour de mes petites misère. J'empile la musique poussiéreuse des voyages en train, et je file vers une campagne inconnue en chantant du ventre et de la gorge. Je laisse filer toutes ces histoires qu'on inscrit sur des gestes qui sont en réalité des coups de balais. Je nous laisse moi aussi tomber dans les ornières des rangs et aux abords des granges solitaires. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SpxEy3f0sRI/AAAAAAAABmU/ic-RvHIZdKg/s1600-h/trop+belle+grange+2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 247px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SpxEy3f0sRI/AAAAAAAABmU/ic-RvHIZdKg/s400/trop+belle+grange+2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5376247695855104274" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SpxA-hGW89I/AAAAAAAABl0/CN2q6OFTVrg/s1600-h/rivi%C3%A8re.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SpxA-hGW89I/AAAAAAAABl0/CN2q6OFTVrg/s400/rivi%C3%A8re.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5376243497954636754" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SpxBP-um47I/AAAAAAAABmM/qmZIT4JD_Yk/s1600-h/toile.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SpxBP-um47I/AAAAAAAABmM/qmZIT4JD_Yk/s400/toile.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5376243797965857714" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SpxAeqLFa0I/AAAAAAAABlk/g6e-4aHnLas/s1600-h/eclosion.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SpxAeqLFa0I/AAAAAAAABlk/g6e-4aHnLas/s400/eclosion.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5376242950634564418" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SpxAeK9RgrI/AAAAAAAABlc/8WfjiOup4jo/s1600-h/aurore.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SpxAeK9RgrI/AAAAAAAABlc/8WfjiOup4jo/s400/aurore.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5376242942255137458" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SpxAfG5icyI/AAAAAAAABls/JJdYgOS5N-0/s1600-h/reflets.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SpxAfG5icyI/AAAAAAAABls/JJdYgOS5N-0/s400/reflets.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5376242958345597730" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(en secret, je te dirais bien de revenir)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais tu ne me lis pas et de toute manière, tu n'es plus là pour l'entendre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7315950012891258242?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7315950012891258242/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7315950012891258242&amp;isPopup=true' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7315950012891258242'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7315950012891258242'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/08/reflechir-en-roulant-ou-rouler-en.html' title='Réfléchir en roulant (ou rouler en réfléchissant?)'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SpxEy3f0sRI/AAAAAAAABmU/ic-RvHIZdKg/s72-c/trop+belle+grange+2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-8638338130678031104</id><published>2009-08-23T17:19:00.000-07:00</published><updated>2009-08-23T20:04:00.746-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>Je retiens les images encore un peu. Les yeux plissés sur la 20 est, une main sur le volant et l'autre serré sur la cuisse, si je pouvais ce serait mon coeur que j'empoignerais pour endiguer l'hémorragie. Ça dégouline entre mes cuisses, des larmes et des envies qui fuient par mon nombril et les pores de mes joues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je garde aussi les mots que j'avais pris pour des promesses. Je vais m'en tartiner la gueule comme un masque. Je l'arracherai d'un coup sec, et j'accrocherai ce moule de mon faciès de 35 ans au-dessus d'un ciel-de-lit comme le font certaines amantes avec leur ventre de femme enceinte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je découpe ma désillusion à l'exacto et je la colle avec un filet de salive amère sous mes semelles. Je préfère piler dessus en courant à toutes jambes que de la ressentir aussi poignante dans la canicule qui me fait suer. Affalée toute nue devant le ventilo, j'écluse sans honte une bouteille de rosé. Je regarde le silence s'émasculer sur le bord de la fenêtre en revenant chez moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Je ne voulais pas que tu partes).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-8638338130678031104?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/8638338130678031104/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=8638338130678031104&amp;isPopup=true' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8638338130678031104'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8638338130678031104'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/08/je-retiens-les-images-encore-un-peu.html' title=''/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-8415909740217942533</id><published>2009-08-12T16:27:00.000-07:00</published><updated>2009-08-12T20:19:48.580-07:00</updated><title type='text'>Mon Mike</title><content type='html'>Ça fait des mois que je ne l'ai pas vu. Peut-être même plus, je ne sais pas. Son cellulaire reste fermé et je me bute sur une boîte vocale pleine; je referme à tout coup le mien d'un geste sec, exaspérée par un silence que je ne comprends pas. Je le connais depuis toujours. Il est à ma droite sur la photo de classe prise en maternelle (celle où j'ai une couronne argentée sur mes tresses parce que j'avais été nommée reine de la journée) par un matin ensoleillé d'automne. Dès le premier jour, il a pris ma main pour me conduire vers le coin coussins où il s'est mis à inventer un univers que nous avons étoffé pendant des années. Par des conciliabules secrets dans le tuyau rouge de l'aire de jeux au parc, des aventures inventées dans nos abris de couvertures bleues, par des mots passés en classe, des lettres glissées dans l'interstice de nos fenêtres de chambres qui donnaient toutes deux sur le sous-sol. Pour accéder à la sienne, je devais passer à travers une haie grugée par les bestioles et suivre la piscine. Je laissais mon doigt courir sur la surface lisse et je me hissais souvent sur la pointe des pieds pour cueillir un peu d'eau dans ma menotte en coupe, que je laissais goutter sur mes bras ou mes joues. Pour venir jusqu'à la mienne, il marchait comme sur un fil entre les allées du potager de ma mère et il écartait les framboisiers piquants qui poussaient devant ma minuscule fenêtre pleine de perce-oreilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adolescents, nous étions pendus au téléphone des heures durant. Puis vint le temps des messages laissés sur le pare-brise de sa voiture, les courriels, les textos, et encore des lettres qui arrivaient de loin en loin, et que je lisais les orteils coincées sous mes coussins, un sourire ravi dans les yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a voyagé souvent, de l'Europe de l'Est à la Havane, de Vancouver à Pékin, de l'Angleterre au Maroc. J'ai trouvé ses lettres dans une boîte dissimulée dans le cagibi, qui sentaient la poussière, les champignons pourris et cet "amour" fou qui nous a lié pendant 30 ans. Pendant ses escales, nous nous retrouvions toujours pour un souper luxueux arrosé de vins chers et de cocktails qu'il me servait presque cérémonieusement avant de s'effondrer sur une chaise avec une attitude de voyou. Il était de loin mon meilleur ami et il connaissait tout ce que les autres ignorent de mes faiblesses et de mes folies. Nous nous donnions des surnoms de soaps américains, chantions sous les portes de la ville en jouissant de l'écho de nos voix, partions déjeuner aux États-Unis, escalader les montagnes et les fjords, nous allions nous enfermer dans l'église du quartier après minuit, juste parce que c'était un lieu qui nous permettait à la fois le silence et les larmes, et parce qu'il y avait un costumier extra. Nous nous déguisions en bergers et en pauvres femmes et nous glissions dans les travées sur des planches à roulettes destinées au baptistaire et aux lourds lutrins en chêne ou en érable. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était là à la mort de mon père, les épaules droites, debout et silencieux au bout de la file, le regard vrillé sur moi qui transpirait de courage et d'ardeur et d'amour, et ce sont ses bras qui ont sauvé ce jour-là. J'étais là lors du décès de son amant (et mon ami), nos corps scindés sans fausse pudeur et les nuits d'après blottis dans les effluves de vin blanc, dans la peine et les fantômes, dans la colère muette et les rêves brutaux. Quand il travaillait la nuit, j'allais lui porter des parts de gâteau aux pépites de chocolat et un thermos de café au lait. Si je revenais de voyage, il venait me chercher à l'aéroport caché derrière des gerbes de ballons et d'oursons ridicules, avec une pancarte grosse comme ça où il inscrivait des messages émouvants pour que je puisse m'écrier que ces mots étaient pour moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il enrageait que je n'aie pas de fleur de sel, de riz vietnamien, de fond de veau ou de rouge à lèvre. Il m'appliquait de la poudre brillante, du mascara, des ombres qui pesaient sur mes paupières. Il voulait me tailler un toupet en biseau, teindre mes cheveux en roux et poncer mes talons avec une petite éponge. Il appelait ma mère par son prénom, lui volait des baisers et des câlins dans le cadre des portes, débarquait à 5 heures du matin à Noël pour le reste de punch et les petits pains fourrés au poulet. Pendant nos spectacles, quand les lumières étaient fermées entre deux tounes, je lui prenais la main et je la serrais pour ne pas rire pendant nos duos d'amoureux transis, et il osait parfois m'embrasser passionnément, par surprise, sous la douche lumineuse des spotlights. Pour faire vrai, qu'il disait. Je riais et il m'envoyait me changer d'une claque bien sentie sur une fesse. Il me faisait tourner en bourrique en modifiant mes partitions à la dernière minute, il étalait son perfectionnisme au-delà du mien, il me poussait à monter dans les aigus pour tester ma voix et ouvrait grand les yeux quand j'y parvenais. Il me disait de me décoincer. Que j'avais trop peur. Que j'étais si grande du haut de mes 5 pieds 2. Qu'il ne fallait jamais que je  l'oublie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors pourquoi il m'a oubliée, lui?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-8415909740217942533?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/8415909740217942533/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=8415909740217942533&amp;isPopup=true' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8415909740217942533'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8415909740217942533'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/08/mon-mike.html' title='Mon Mike'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-1939375706555829024</id><published>2009-08-03T18:58:00.000-07:00</published><updated>2009-08-03T19:02:21.450-07:00</updated><title type='text'>La Havane, encore</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXh8e8HhtI/AAAAAAAABks/N1xZXA8AF7g/s1600-h/revolution+2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 311px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXh8e8HhtI/AAAAAAAABks/N1xZXA8AF7g/s400/revolution+2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365442960295429842" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXh8BmPAeI/AAAAAAAABkk/d1q3KMWDrf8/s1600-h/revolution+1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 258px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXh8BmPAeI/AAAAAAAABkk/d1q3KMWDrf8/s400/revolution+1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365442952419017186" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXhbkgmb1I/AAAAAAAABkM/F8xOzMMsT2U/s1600-h/eglise+1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 211px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXhbkgmb1I/AAAAAAAABkM/F8xOzMMsT2U/s400/eglise+1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365442394854944594" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXhbUwZfyI/AAAAAAAABkE/ZrI9NMTQXiI/s1600-h/cath%C3%A9drale+3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 294px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXhbUwZfyI/AAAAAAAABkE/ZrI9NMTQXiI/s400/cath%C3%A9drale+3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365442390626238242" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXhbLIJnEI/AAAAAAAABj8/t9FWc92Z_m0/s1600-h/cath%C3%A9drale+2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXhbLIJnEI/AAAAAAAABj8/t9FWc92Z_m0/s400/cath%C3%A9drale+2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365442388041505858" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXhakCsUpI/AAAAAAAABj0/flX8ig0EQxA/s1600-h/cath%C3%A9drale+1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXhakCsUpI/AAAAAAAABj0/flX8ig0EQxA/s400/cath%C3%A9drale+1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365442377549632146" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXg1KZ4H0I/AAAAAAAABjk/0Wrkw0umfgI/s1600-h/capitole+3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXg1KZ4H0I/AAAAAAAABjk/0Wrkw0umfgI/s400/capitole+3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365441735012392770" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXg0zbyWbI/AAAAAAAABjc/3BL2MIwoCtw/s1600-h/capitole+2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 246px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXg0zbyWbI/AAAAAAAABjc/3BL2MIwoCtw/s400/capitole+2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365441728846387634" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXg0vLD5PI/AAAAAAAABjU/dEAY6rG2u2Q/s1600-h/capitole+1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 253px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXg0vLD5PI/AAAAAAAABjU/dEAY6rG2u2Q/s400/capitole+1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365441727702492402" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXg1WrSxII/AAAAAAAABjs/cRWBLSvtLek/s1600-h/capitole+5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXg1WrSxII/AAAAAAAABjs/cRWBLSvtLek/s400/capitole+5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365441738306667650" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXh7hIHRlI/AAAAAAAABkU/RrwG2iFaezM/s1600-h/fort+1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 254px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXh7hIHRlI/AAAAAAAABkU/RrwG2iFaezM/s400/fort+1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365442943702746706" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXh8J0F0pI/AAAAAAAABkc/Mb0AmNsNJoA/s1600-h/fort+2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 324px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXh8J0F0pI/AAAAAAAABkc/Mb0AmNsNJoA/s400/fort+2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365442954624619154" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-1939375706555829024?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/1939375706555829024/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=1939375706555829024&amp;isPopup=true' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1939375706555829024'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1939375706555829024'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/08/la-havane-encore.html' title='La Havane, encore'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnXh8e8HhtI/AAAAAAAABks/N1xZXA8AF7g/s72-c/revolution+2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-5283968301140299486</id><published>2009-08-02T08:19:00.000-07:00</published><updated>2009-08-02T10:08:14.747-07:00</updated><title type='text'>La Havane, enfin!</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWu4Bey9oI/AAAAAAAABiM/DE9bXTjp-nM/s1600-h/havane1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWu4Bey9oI/AAAAAAAABiM/DE9bXTjp-nM/s400/havane1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365386808575325826" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWvRUjIauI/AAAAAAAABi8/OWesuZfXJzI/s1600-h/havane+7.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWvRUjIauI/AAAAAAAABi8/OWesuZfXJzI/s400/havane+7.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365387243190512354" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWvRDosZpI/AAAAAAAABi0/O-LJilbHHMc/s1600-h/havane+6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 249px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWvRDosZpI/AAAAAAAABi0/O-LJilbHHMc/s400/havane+6.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365387238650439314" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWu4Tlz-VI/AAAAAAAABiU/PRFmDQ_q1HA/s1600-h/havane+2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWu4Tlz-VI/AAAAAAAABiU/PRFmDQ_q1HA/s400/havane+2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365386813436590418" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWvSM6jMmI/AAAAAAAABjM/A3ooagAkglU/s1600-h/havane+9.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 290px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWvSM6jMmI/AAAAAAAABjM/A3ooagAkglU/s400/havane+9.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365387258321121890" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWvR5UW6eI/AAAAAAAABjE/hEAC9lIY9PQ/s1600-h/havane+8.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWvR5UW6eI/AAAAAAAABjE/hEAC9lIY9PQ/s400/havane+8.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365387253060659682" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWu5E-3SVI/AAAAAAAABik/cRMeGx7HCLo/s1600-h/havane+4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWu5E-3SVI/AAAAAAAABik/cRMeGx7HCLo/s400/havane+4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365386826695002450" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWu47XrlHI/AAAAAAAABic/yLfXZaU45Dg/s1600-h/havane+3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 236px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWu47XrlHI/AAAAAAAABic/yLfXZaU45Dg/s400/havane+3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365386824114738290" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWu5s9TwqI/AAAAAAAABis/2SfOKzHwTgQ/s1600-h/havane+5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 290px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWu5s9TwqI/AAAAAAAABis/2SfOKzHwTgQ/s400/havane+5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365386837425898146" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louer une voiture était au-dessus de mes moyens, et j'avoue que j'avais une légère inquiétude à conduire dans cette ville de 3 millions d'habitants. Je n'avais pas pensé au fait que la plupart des Cubains sont trop pauvres pour acheter une voiture, ce qui rend la circulation fluide comme celle d'une ville de province. J'ai pris un tour guidé pour la première fois de ma vie, moi qui n'aime guère suivre un troupeau. J'étais contente de l'avoir fait parce que notre guide était fort intéressant, d'une part, et que j'étais ravie de ne pas marcher toute seule toute la journée dans les ruelles où le touriste émane une odeur d'argent alléchante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Impossible de faire deux pas sans que les enfants arrivent en nuée avec leurs beaux yeux bruns suppliants en nous tirant le bras, que les femmes demandent l'aumône pour leurs petiots en nous touchant le visage ou que les hommes fassent des propositions salaces. Impossible aussi de prendre des photos d'eux sans qu'ils tendent la main pour un pesos, un rouge à lèvre ou des bonbons. Lasse de me faire houspillée et un peu assommée par la chaleur accablante, je me suis résignée à ne prendre en photo que les bâtiments. Surtout que le tour à pieds était dans le quartier de la Vieille Havane, qui est résolument magnifique mais dont les rues sont asceptisées comme celles du Vieux Québec. Moi qui voulais revenir avec une série de portraits, j'ai été fort déçue. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déçue aussi de constater que je manquais de courage pour affronter leurs regards et que je ne me sentais pas bien lorsque je me suis enfoncée dans le quartier moins touristique lors de notre heure de visite libre parce que je ne savais pas comment éviter de me faire arrêter à chaque porte cochère, ni comment tenir tête à leur colère puisque je n'avais rien à leur donner. L'odeur écoeurante de la pisse, des poubelles et du diesel me donnait un peu mal au coeur dans les rues étroites où l'air ne circulait pas du tout à 3h de l'après-midi. Moi qui supporte bien la chaleur, je traînais mes savates en dégoulinant de partout. J'ai choisi un coin d'ombre pour boire une Crystal tout juste sortie de la glace et j'ai passé une demie-heure à regarder le peuple aux abords de la foire d'artisanat. J'ai donné ma bouteille d'eau à deux gamins trop mignons et discuté avec Franck, un balayeur de rues au sourire large comme ça en regardant les enfants faire des tours de poneys, les hommes jouer aux dames et le fort au bout de la baie lumineuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la route du retour, je n'ai pas quitté le paysage des yeux. J'adore la vie sémillante des villages cubains de bord de mer, quand à 18h le peuple se donne rendez-vous sur les places et dans les baies bordées de rochers, quand on les voit marcher en bande sautillante vers les longs sentiers de terre qui conduisent à l'océan, puis les enfants qui plongent du haut des ponts ou des estocs en faisant des pirouettes, les couples d'ados agglutinés sous les palapas. Tout le long des routes, des chapelets de Cubains attendent sous un soleil cuisant un transport qui n'arrive jamais. Impossible d'être à l'heure dans ce pays où tout fonctionne au ralenti, où l'on doit se débrouiller comme on peut, faire du troc, de l'auto-stop ou marcher des heures durant. Sous les galeries couvertes, des mères de 17 ans le bébé juché sur la hanche, sur les balcons des appartements, des hommes regardent la vie passer en devisant tranquillement. Derrière les volets toujours clos des maisonnettes, il y a toute cette vie qu'on ne voit pas, ou sinon fugacement par la porte entrebaîllée; des familles serrées devant le poste de télé qui diffuse les émissions permises par l'État, de la musique, des jeux, et des éclats de rire, tout le temps.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-5283968301140299486?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/5283968301140299486/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=5283968301140299486&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5283968301140299486'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5283968301140299486'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/08/la-havane-enfin.html' title='La Havane, enfin!'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnWu4Bey9oI/AAAAAAAABiM/DE9bXTjp-nM/s72-c/havane1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-2552952436607670647</id><published>2009-08-01T10:12:00.000-07:00</published><updated>2009-08-01T11:14:46.381-07:00</updated><title type='text'>S'envoyer en l'air</title><content type='html'>Cinq ans sans prendre l'avion, c'est long. J'adore ressentir l'excitation du voyage, quand je sais que la journée sera longue et qu'en arrivant à destination, il y aura ces odeurs qui me fouetteront quand je poserai le pied (droit) sur le tarmac. J'ai l'habitude de m'arrêter un instant pour fermer les yeux et respirer la première bouffée des vacances. Rituel pour me débarasser du quotidien pendant que mon corps absorbe la moiteur du sud. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ado à côté de moi était terrorisée par le décollage, les turbulences, le soleil qui entrait par le hublot (qu'elle m'a demandé de fermer alors même qu'on survolait les côtes cubaines alors là, pas question ma vieille!), et par l'atterrissage dans l'orage. Elle serrait la main de sa mère, une moustache de sueur au-dessus de la lèvre supérieure, les yeux serrés dans le treillis à côté du petit sac blanc en papier et de la brochure de Canjet. Pauvre chouette. J'avais mon livre ouvert sur les genoux mais je préférais profiter de la sensation exquise de traverser les nuages. Pendant les turbulences, j'avais envie de lever les bras comme dans le Monstre et d'hurler de joie, mais je me suis retenue. Je me suis contentée de sourire en regardant l'aile droite de l'avion tressaillir dans les grands vents. De regarder la rivière Hudson se dorer sous le soleil de la fin d'après-midi, les lacs des Caroline, les circonvolutions des villes, les autoroutes en forme de fleur, les bateaux qui laissaient leurs sillons en V comme des envolées d'oies sauvages. Les petits moutons, les rayons obliques, les arcs-en-ciel, puis les rivières sinueuses, les deltas comme des dessins recherchés, des enluminures. Je prenais des photos et je les montrais à l'ado qui se rendait compte que son vertige lui faisait rater des beautés naturelles sidérantes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle disait: Tu voyages toute seule?&lt;br /&gt;Oui.&lt;br /&gt;Tu n'as pas peur?&lt;br /&gt;Peur? Peur de quoi?&lt;br /&gt;D'être avec moi-même?&lt;br /&gt;Non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fût un temps où je n'aimais pas être toute seule. Mais plus maintenant. Il n'y a jamais de silence dans ma tête. Tous ces dialogues avec mon alter ego, entre celle que j'expose au monde et son ombre, ces blagues échangées avec la chipie tapie dans un coin de ma tête, les commentaires sulfureux, les grossièretés cachées, les envies qui jaillissent, les craintes fugaces balayées aussi vite. Je vais sortir un énorme lieu commun, mais il est trop véridique pour que je lésine à le dire: voyager seule, c'est apprendre à se connaître mieux. Défier la trouillarde, faire se lever la courageuse, sortir des livres pour observer le monde, sourire ou se refermer, avoir le vrai choix des rencontres. Marcher lentement, s'arrêter quand on veut, prendre une cuite en solitaire sur la plage à minuit, puis se faire sécher nue sur le balcon en regardant la lune. Prendre du plaisir à exister avec soi, se confronter, connaître ses failles et les colmater ou, au contraire, les accepter comme des faiblesses à dorloter puisqu'on ne peut pas toujours être fort et qu'il faut se protéger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Accepter d'être seule, c'est arrêter d'attendre après les autres. Et c'est quand on arrête d'attendre que les choses arrivent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR66YGQB_I/AAAAAAAABg8/K8-yM3enkgU/s1600-h/en+l%27air+1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR66YGQB_I/AAAAAAAABg8/K8-yM3enkgU/s400/en+l%27air+1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365048199424772082" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR7Ue-0szI/AAAAAAAABhk/Sqdckml_UZ0/s1600-h/en+l%27air+6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR7Ue-0szI/AAAAAAAABhk/Sqdckml_UZ0/s400/en+l%27air+6.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365048647949267762" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR67LULXrI/AAAAAAAABhU/eJTiXI9iJ8E/s1600-h/en+l%27air+4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR67LULXrI/AAAAAAAABhU/eJTiXI9iJ8E/s400/en+l%27air+4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365048213173395122" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR66y2nSqI/AAAAAAAABhM/33bwkgQGP1w/s1600-h/en+l%27air+3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR66y2nSqI/AAAAAAAABhM/33bwkgQGP1w/s400/en+l%27air+3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365048206606944930" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR7xn2oeDI/AAAAAAAABiE/kFfHTDKBwBQ/s1600-h/en+l%27air+9.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR7xn2oeDI/AAAAAAAABiE/kFfHTDKBwBQ/s400/en+l%27air+9.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365049148547037234" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR7xWnqYkI/AAAAAAAABh8/Nsw-0OGlJeg/s1600-h/en+l%27air+10.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR7xWnqYkI/AAAAAAAABh8/Nsw-0OGlJeg/s400/en+l%27air+10.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365049143920845378" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR7U39UO6I/AAAAAAAABh0/5N0VLG9nBQA/s1600-h/en+l%27air+8.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR7U39UO6I/AAAAAAAABh0/5N0VLG9nBQA/s400/en+l%27air+8.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365048654653832098" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR7UtyxJ3I/AAAAAAAABhs/eckhfycwj98/s1600-h/en+l%27air+7.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR7UtyxJ3I/AAAAAAAABhs/eckhfycwj98/s400/en+l%27air+7.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5365048651925235570" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-2552952436607670647?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/2552952436607670647/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=2552952436607670647&amp;isPopup=true' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2552952436607670647'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2552952436607670647'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/08/senvoyer-en-lair.html' title='S&apos;envoyer en l&apos;air'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SnR66YGQB_I/AAAAAAAABg8/K8-yM3enkgU/s72-c/en+l%27air+1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-5571849192114862863</id><published>2009-07-06T16:21:00.000-07:00</published><updated>2009-07-06T18:04:00.388-07:00</updated><title type='text'>Le pouvoir lénifiant de Lotby</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SlKHMivqlHI/AAAAAAAABgc/s1dYvVZ-5eM/s1600-h/lotby+1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SlKHMivqlHI/AAAAAAAABgc/s1dYvVZ-5eM/s400/lotby+1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5355491556451849330" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SlKHNBt4BtI/AAAAAAAABgs/sGmp8LbqPJU/s1600-h/lotby+3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SlKHNBt4BtI/AAAAAAAABgs/sGmp8LbqPJU/s400/lotby+3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5355491564765841106" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SlKHMxj4DLI/AAAAAAAABgk/ZecDwwsTlqU/s1600-h/lotby+2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SlKHMxj4DLI/AAAAAAAABgk/ZecDwwsTlqU/s400/lotby+2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5355491560428932274" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SlKHNfQseXI/AAAAAAAABg0/o1c-SUK9ERc/s1600-h/lotby+4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SlKHNfQseXI/AAAAAAAABg0/o1c-SUK9ERc/s400/lotby+4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5355491572696512882" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seins nus dans le spa, un verre de bulles roses à la main, j'écoutais les enfants crier depuis l'autre rive. Une bande de gamins de 8 à 11 ans qui faisaient dangereusement tanguer une barque en plongeant dans les éclaboussures des autres, hurlant de rire et d'appréhension. Je repensais à la plage secrète d'Akilawi et au ponton râpeux de ces vacances au lac Cascapédia. J'entendais aussi le ventre des bateaux gronder depuis le fauteuil d'osier dans le petit salon d'en avant, un espresso bien tassé à la main, les jambes sur les coussins. Parfois, je me rinçais l'oeil dans la longue vue, cherchant sous les spis à épier un visage. Cassiopée qui traversait la cuvette opaque des nuages, l'apéro du dimanche devant le soleil qu'on appelait à la blague toute la journée sans trop y croire. Le désherbage du potager les doigts odorants et goûteux des feuilles citronnées, les chauves-souris qui s'accrochaient aux gouttières. Les souvenirs de voyage de ma vieille amie, sa main ratatinée par l'eau chaude balayant les craintes présentes et les doutes qui s'entassent parfois pour rien. "Mangeons une salade de saumon fumé!" Elle se séchait rapidement pour mettre Joe Dassin dans le piton, débouchait une bouteille de Riesling et s'écriait: À ton bonheur, ma loulou!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-5571849192114862863?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/5571849192114862863/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=5571849192114862863&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5571849192114862863'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5571849192114862863'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/07/le-pouvoir-lenifiant-de-lotby.html' title='Le pouvoir lénifiant de Lotby'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SlKHMivqlHI/AAAAAAAABgc/s1dYvVZ-5eM/s72-c/lotby+1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-2972149374899898028</id><published>2009-07-01T14:28:00.000-07:00</published><updated>2009-07-01T14:29:21.599-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SkvVAaV1V3I/AAAAAAAABgU/qBfqifh1G94/s1600-h/fontaine.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SkvVAaV1V3I/AAAAAAAABgU/qBfqifh1G94/s400/fontaine.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5353606785107580786" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-2972149374899898028?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/2972149374899898028/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=2972149374899898028&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2972149374899898028'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2972149374899898028'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/07/blog-post.html' title=''/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SkvVAaV1V3I/AAAAAAAABgU/qBfqifh1G94/s72-c/fontaine.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-4956648775326925617</id><published>2009-07-01T08:32:00.000-07:00</published><updated>2009-07-01T08:59:02.532-07:00</updated><title type='text'>Trouver refuge...</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SkuB0gFVckI/AAAAAAAABf8/r7_OLnYQVsM/s1600-h/pourmarie2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SkuB0gFVckI/AAAAAAAABf8/r7_OLnYQVsM/s400/pourmarie2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5353515321025458754" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SkuB1GelPuI/AAAAAAAABgM/aihKLwiBWI4/s1600-h/bouquetpourlilou.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SkuB1GelPuI/AAAAAAAABgM/aihKLwiBWI4/s400/bouquetpourlilou.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5353515331331899106" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SkuB07koVuI/AAAAAAAABgE/cqcpJTd3_ww/s1600-h/pourmarie3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SkuB07koVuI/AAAAAAAABgE/cqcpJTd3_ww/s400/pourmarie3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5353515328404477666" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SkuB0XfEYeI/AAAAAAAABf0/pbcyYCLIi0A/s1600-h/pourmarie.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SkuB0XfEYeI/AAAAAAAABf0/pbcyYCLIi0A/s400/pourmarie.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5353515318717473250" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;... pour échapper à la mélancolie. Quand on refuse de parler de la tristesse, on se tait un mois, on prend la route pour se rouler dans le soleil de la Matapédia, on croise un grand Rocher troué, on prend les sentiers de traverse, on marche sur les grèves où s'embrassent à pleine gueule des couples mineurs, on s'attendrit de leurs premiers émois. On envie leur exaltation, la timidité de leurs gestes, l'indécence innocente de leurs corps vautrés l'un sur l'autre comme si l'horizon n'étaient qu'à eux. On détourne le regard pour éviter de se souvenir de cette solitude qui commence à peser. On regarde les éclairs par la lucarne de la chambre de boniche louée pour la nuit, et on compte les secondes entre les coups de tonnerre qui secouent la tôle du toit. Pour échapper à la mélancolie, on peint en rose pâle les ongles de deux fillettes en leur expliquant ce qu'est la coquetterie, on construit des hélicoptères, des girafes et des bateaux en plastique, on fait des sirènes en mosaïques brillantes, des feux de camp deux fois hauts comme nous, on mange des croûtons de chèvre à la coriandre et aux baies rouges. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se sent quand même un peu détachée. On voudrait s'élever comme avant, on voudrait bien, oui, sentir cet élan pur des joies tranquilles qui définissent le bonheur. On voudrait trouver refuge et se départir de cette espèce de tristesse malvenue dont on ignore la source.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-4956648775326925617?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/4956648775326925617/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=4956648775326925617&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4956648775326925617'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4956648775326925617'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/07/trouver-refuge.html' title='Trouver refuge...'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SkuB0gFVckI/AAAAAAAABf8/r7_OLnYQVsM/s72-c/pourmarie2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-5299702856140553050</id><published>2009-06-01T18:21:00.000-07:00</published><updated>2009-06-01T20:17:06.637-07:00</updated><title type='text'>Sans voix</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SiR-4fGU22I/AAAAAAAABfs/u_jkUhDxn_c/s1600-h/ombres.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SiR-4fGU22I/AAAAAAAABfs/u_jkUhDxn_c/s400/ombres.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5342534566854056802" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je passe la fin de semaine toute seule chez moi. Pour une fois, je m'arrête. Je regarde. Je déambule le jour dans la foule de la Fête des fleurs menacée par les nuages, je me fais engueuler par un quidam parce que je photographie les enfants. Les clowns, aussi, et la foule heureuse, la vapeur des saucisses qui cuisent sur les grills, les ballons que les mômes échappent dans le ciel, les étals en noir et blanc, les costumes, les mains des couples, un ou deux sourires en biais, une ambiance. Il me demande si je suis journaliste et de quel droit je me permets de clichotter les gens sans leur autorisation. Il gesticule près de mon visage tout en continuant à marcher à mon rythme. Il n'est pas fou, il n'est pas saoul, il est juste vindicatif et apeuré par ce que je pourrais faire de ces photos. J'ai l'étui en bandoulière, la ganse enroulée autour du poignet, j'ai mes souliers plats, mon vieux jeans, je viens de me taper deux oeufs bacon et je marche, vous savez, juste avec mon regard et mon envie de jouer avec la lumière, les ombres, les bouclettes d'une mioche craquouillante et les pieds nus de la dame sur les rouleaux de pelouse que la patronne du Fou Bar a mis dans le milieu de la rue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après l'esclandre, je range l'appareil dans sa housse. Je vais m'acheter un capri pour travailler dans la rivière et deux autres pour travailler dans les livres. Puis je vais au gym en repensant à ce que l'homme chauvasse m'a dit sur les photos. En rentrant, je décide de prendre les façades et les lumières indiscrètes des intérieurs à peine cachés. Les portes qui donnent sur des scènes qu'on ne peut qu'inventer. J'ai trop envie de jouer avec la lumière, les ombres, et les bouclettes que j'imagine voler derrière une porte close, illuminées par un réverbère derrière un store à demi fermé.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-5299702856140553050?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/5299702856140553050/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=5299702856140553050&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5299702856140553050'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5299702856140553050'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/06/sans-voix.html' title='Sans voix'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SiR-4fGU22I/AAAAAAAABfs/u_jkUhDxn_c/s72-c/ombres.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-623296335290184511</id><published>2009-05-30T15:52:00.001-07:00</published><updated>2009-05-30T15:53:10.957-07:00</updated><title type='text'>Le jour J</title><content type='html'>Il s'est évanoui d'un coup en se cognant la tête sur la bibliothèque. Il gisait, la peau tirée comme un djembé, pâle sur le tapis bleu roi. Commotion cérébrale et côte fêlée. Sa femme l'a amené à l'hôpital, quand même, pour calmer les pourquoi et les comment. Hier il riait en préparant ses bagages et il embrassait sa fille en ébouriffant sa chevelure lisse de corbeau. Il regardait les reflets qui ondulent jusqu'à la taille de sa grande et il se disait qu'elle lui manquerait lorsqu'il reprendrait la route, encore une fois. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils sont sortis de l'hôpital avec un verdict pesant dans les poches. Ils ont marché sur les genoux tous les deux, la tête enfermée dans le silence de la douleur qui veut trouver un endroit où se cacher pour fuir le temps qui passe soudain trop vite. Derrière les paupières, le mot cancer imprimé en italique qui déroule ses pattes de crabe rugueuses en écorchant la chair molle du cerveau qui n'arrive plus à penser. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nouvelle s'est répandue comme une traînée. Bien sûr. Tous nos clients me parlent de lui avec une tendresse émouvante et une tristesse résignée. Ses collègues sont effondrés, eux qui ont la sale tâche de mettre à jour la rumeur et d'endiguer les racontars. C'est l'apanage du téléphone arabe. De mon côté, je pense à lui plusieurs fois par jour. J'ai beaucoup de peine. Je le connais depuis des années pour avoir travaillé avec lui, et j'ai toujours aimé sa voix grave, son regard franc, cette douceur tranquille qui m'a souvent réconfortée dans les moments difficiles. J'ai toujours aimé son humour, sa gentillesse, sa tranquillité et la façon qu'il a de faire des confidences inattendues, qui m'ont évidemment touchée et que j'ai pris soin de garder secrètes pour les protéger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En apprenant le verdict, je suis restée coite de longues minutes, attentive à ce qui se passait en moi. J'ai revu son visage, sa stature, sa force immuable, son sourire. Je me suis tout de suite souvenue qu'on avait prévu souper ensemble sur la route à telle date, et que ce souper n'aurait pas lieu. J'ai même eu (à ma grande honte) la pensée fugace que ça n'arriverait peut-être jamais plus, et j'ai manqué de souffle à l'idée qu'il lui arrive quelque chose sans que j'aie eu la chance de le revoir ou de lui parler. Parce que je suis un satellite dans sa vie. Je sais qu'il éprouve beaucoup d'affection pour moi mais je ne peux pas me targuer d'être une amie proche. Alors je n'ose pas l'appeler. Je n'ose pas lui dire que je sais et que j'ai mal. Je n'ose pas lui faire savoir que je l'aime et que ce qu'il traverse me bouleverse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai toujours visualisé les épreuves comme des disques aux couleurs psychédéliques qui tournent très vite comme les derviches. Dans un courant d'air froid qui mobilise les gens autour des victimes, qui les fait s'agglutiner pour faire front, qui les pousse à réfléchir, penser, aimer. Qui les déstabilise, surtout. Que dit-on à un grand malade. Quels sont les mots justes. Quels gestes peut-on se permettre de poser. Quelles pensées renverseront les choses, quels silences seront pertinents, quelle distance garder, quelle proximité oser. On a d'abord envie de fuir, c'est sûr. Ou au contraire d'être là en permanence avec un livre, une revue, un petit plat cuisiné, une épaule douce, on a envie de tenir le coup, d'être fort pour deux ou trois ou dix en attendant de craquer en cachette, on a envie de débarquer à l'hôpital ou à la maison, on se tient droit, on caresse un bras, on prend une main qu'on serre très fort, on replace une mèche derrière l'oreille de quelqu'un qui pleure devant nous. On apporte du vin, on offre de dormir là, on lâche un coup de fil et personne ne répond au bout. C'est le grand silence de la douleur qui veut s'étaler sur le plancher de la cuisine ou dans le corridor ou sous les draps. Le silence qu'il faut respecter mais qu'on a envie de percer pour s'approcher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis finalement mise à table pour lui écrire mais les mots s'enfuient sous la menace du réel. Je suis bâillonnée par ces instants tragiques parce que j'ai l'impression que sa vie a brusquement changé de direction pour aller s'écraser sur le parapet. Je me demande pourquoi lui, pourquoi maintenant, je hoche la tête de découragement. Je prends une gorgée de café froid, mon regard s'attarde sur la ville qui vient de s'éclairer entre deux ondées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je cherche la manière d'être là pour lui et je ne la trouve pas.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-623296335290184511?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/623296335290184511/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=623296335290184511&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/623296335290184511'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/623296335290184511'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/05/le-jour-j_30.html' title='Le jour J'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-2672473142996403236</id><published>2009-05-23T05:28:00.000-07:00</published><updated>2009-05-23T05:34:15.370-07:00</updated><title type='text'>Pas la Bavière, mais le Bas, quand même (miroir à Mac)</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ShfsK-RSiUI/AAAAAAAABfU/TgUJ14lLliw/s1600-h/cabane.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 259px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ShfsK-RSiUI/AAAAAAAABfU/TgUJ14lLliw/s400/cabane.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5338995556529375554" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ShftHfDf7MI/AAAAAAAABfk/GuFc0GEyqSI/s1600-h/porte2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ShftHfDf7MI/AAAAAAAABfk/GuFc0GEyqSI/s400/porte2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5338996596122053826" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ShftGwQ7qhI/AAAAAAAABfc/qiLguvVC3c4/s1600-h/porte1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ShftGwQ7qhI/AAAAAAAABfc/qiLguvVC3c4/s400/porte1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5338996583561931282" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La v'la, celle que je reluquais à chaque passage en me dévissant le cou. Je me suis arrêtée dans les grands vents chauds de la première vraie journée digne de l'été. N'a-t-elle pas des portes émouvantes et des fantômes entre chaque planche? Je la veux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-2672473142996403236?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/2672473142996403236/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=2672473142996403236&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2672473142996403236'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2672473142996403236'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/05/pas-la-baviere-mais-le-bas-quand-meme.html' title='Pas la Bavière, mais le Bas, quand même (miroir à Mac)'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ShfsK-RSiUI/AAAAAAAABfU/TgUJ14lLliw/s72-c/cabane.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7791229234146255803</id><published>2009-05-04T14:18:00.001-07:00</published><updated>2009-05-04T20:19:21.705-07:00</updated><title type='text'>Au Cap 20: Dans le nid des coyotes</title><content type='html'>Samedi, escapade vers la grotte de la seconde montagne des coyotes. Pour s'y rendre, il a fallu grimper dans la forêt, passer le Bois-des-Fées, escalader l'éboulis-de-rochers-pentus, puis se faufiler comme un crabe sur le mince trottoir rocheux surnommé: le PASSAGE. Le ventre collé à la paroi, la main cramponnée à celle de notre Pomponne qui du haut de ses 7 ans affichait un courage tout autre que le mien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aime les hauteurs, mais j'avoue que le grand écart dans le vide m'a donné quelques petites sueurs froides. Sous prétexte que je suis une adulte, on me laissait le traverser seule. Mais rappelons nous que j'ai la jambe courtaude telle la personne de petite taille, et que la distance était impressionnante entre ce rocher branlant et l'autre cavité moussue à peine plus solide. La fillette a la grâce féline et l'élasticité idoine à de telles randonnées entre troncs et cailloux. Je la regardais s'accroupir et se glisser entre les branches et les racines pendant que je m'écorchais les bras sur les épines des sapins, et que j'assurais parfois ses arrières les cuisses bandées dans la pente. Elle disait de ne pas regarder en bas. Ne pas regarder en bas. Non. Ma délicieuse amie M* s'extasiait sur le tronc-coeur (géant), sur le pin là-bas, de même que sur la mousse tendre qui rappelle la taïga et les arbres-nains qu'on dirait des bonsaïs, au sommet du piton rocheux. À travers mon objectif, j'aspirais le fleuve et les maisonnettes en bas, petit hameau de poupées-gigognes. C'était la première fois que je voyais notre Cap d'aussi haut. J'étais émue. Je me sentais comme les âmes que j'imagine suspendues au sommet des arbres qui ceignent les Clairières-du-Haut. Et je songeais à celle de l'Ermite qui les a rejoint au début du mois d'avril, lorsqu'il s'est éteint à demeure ou à l'hôpital du coin, nous ne le savons pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai pas eu le temps de lui poser les questions qui me brûlaient les lèvres. J'ai eu peur de l'approcher, ou j'ai trop cherché comment le faire. Je regardais sa maison de là-haut, avec une sorte de regret. Et une tristesse diffuse à l'idée qu'un autre pilier du Cap est mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous passions de grands moments en silence, entrecoupés d'exclamations, de soupirs, de rires et de réflexions sur les odeurs qui montaient du sol: humus, mousse, pousses nouvelles, mais surtout l'effluve reconnaissable entre mille des déjections animales. Nous avions atteint le nid des coyotes. Un creux dans les rochers arrondis du sommet, couvert de dizaines de crottes fraîches. La Pomponne était ravie. M* et moi, un peu moins. Nous les imaginions arriver en meute par le haut du piton, et descendre en rasant le sol tels les hyènes (du Roi Lion) pour nous attaquer sauvagement et ne faire qu'une bouchée de nos corps odorants et, disons-le, fort appétissants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous nous sommes rapidement éloignés du repère de la meute, et c'est les genoux flagellants que nous avons rejoints notre rivière qui s'épivarde de partout en grondant. La Pomponne dit qu'elle est fâchée. C'est vrai qu'elle bouillonne ferme, et qu'elle arrache au passage de grands pans de rives et des sapins qu'elle couche dans son lit. J'attendais son réveil avec impatience. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sf406CnKIrI/AAAAAAAABeM/Hul2PQykGyM/s1600-h/foret.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sf406CnKIrI/AAAAAAAABeM/Hul2PQykGyM/s400/foret.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5331757180591415986" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le Bois-des-Fées&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sf9eU5bXmZI/AAAAAAAABfE/h6I0DNXlVpM/s1600-h/le+passage.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sf9eU5bXmZI/AAAAAAAABfE/h6I0DNXlVpM/s400/le+passage.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332084196935965074" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le PASSAGE&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sf9eURCjjyI/AAAAAAAABe8/j70wDcSUVc8/s1600-h/la+grotte.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sf9eURCjjyI/AAAAAAAABe8/j70wDcSUVc8/s400/la+grotte.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332084186094472994" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La grotte&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sf9cVMw1qtI/AAAAAAAABe0/sp5ir5rJXEs/s1600-h/vue5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sf9cVMw1qtI/AAAAAAAABe0/sp5ir5rJXEs/s400/vue5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332082003103034066" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Les Clairières-du-Haut&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sf407F62uuI/AAAAAAAABek/aLcvBIxQLAc/s1600-h/vue3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sf407F62uuI/AAAAAAAABek/aLcvBIxQLAc/s400/vue3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5331757198659205858" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le hameau des Poupées-Gigognes&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sf406cknuYI/AAAAAAAABeU/N5St3vG-SUI/s1600-h/vue1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sf406cknuYI/AAAAAAAABeU/N5St3vG-SUI/s400/vue1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5331757187560094082" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Un bateau (eheh)&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7791229234146255803?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7791229234146255803/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7791229234146255803&amp;isPopup=true' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7791229234146255803'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7791229234146255803'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/05/au-cap-20-dans-le-nid-des-coyotes_04.html' title='Au Cap 20: Dans le nid des coyotes'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sf406CnKIrI/AAAAAAAABeM/Hul2PQykGyM/s72-c/foret.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-2983140284528515425</id><published>2009-04-29T14:45:00.000-07:00</published><updated>2009-04-29T18:14:49.349-07:00</updated><title type='text'>Sur la Côte 2: Métissage et autres visages détonnants</title><content type='html'>Ils sont le portrait de ce que je préfère. Parfois, lasse de les traquer, j'ai toqué en souriant sur leur épaule et ils se sont tout de suite prêtés au jeu. Ils aiment qu'on s'attarde à eux. À ceux qui riaient de ne me voir qu'avec mon appareil photo entre les mains, je disais que c'est ainsi qu'on se souvient de ceux qu'on croise. Il faut les observer pour trouver la lumière qui leur va, mais surtout le visage qu'on veut leur garder. À travers l'objectif, je pose la main sur eux. À défaut de pouvoir les caresser, c'est ma façon de leur donner de la tendresse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmE-wQInI/AAAAAAAABcU/0plcd1V9YYE/s1600-h/6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmE-wQInI/AAAAAAAABcU/0plcd1V9YYE/s400/6.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330263132232229490" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjm4OcRxtI/AAAAAAAABds/kj-Tsd24eD0/s1600-h/17.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 207px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjm4OcRxtI/AAAAAAAABds/kj-Tsd24eD0/s400/17.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330264012616746706" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjnAq-Jr_I/AAAAAAAABeE/akFyD6V_9ME/s1600-h/20.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjnAq-Jr_I/AAAAAAAABeE/akFyD6V_9ME/s400/20.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330264157713969138" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjm4KuXvKI/AAAAAAAABd0/FTUAagka9IM/s1600-h/18.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjm4KuXvKI/AAAAAAAABd0/FTUAagka9IM/s400/18.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330264011618892962" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjm3_5gyqI/AAAAAAAABdk/yHvTupzQFPE/s1600-h/16.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 243px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjm3_5gyqI/AAAAAAAABdk/yHvTupzQFPE/s400/16.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330264008712833698" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjm3svw2-I/AAAAAAAABdc/p-OPTYQP3Ls/s1600-h/15.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 224px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjm3svw2-I/AAAAAAAABdc/p-OPTYQP3Ls/s400/15.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330264003571669986" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmckqyNOI/AAAAAAAABdU/K1V-7IbRXgU/s1600-h/14.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 229px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmckqyNOI/AAAAAAAABdU/K1V-7IbRXgU/s400/14.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330263537546835170" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmcjLak-I/AAAAAAAABdM/HlK0Grin35U/s1600-h/13.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 303px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmcjLak-I/AAAAAAAABdM/HlK0Grin35U/s400/13.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330263537146827746" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjmcd3ChKI/AAAAAAAABdE/ZxZ0vAtISbM/s1600-h/12.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 271px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjmcd3ChKI/AAAAAAAABdE/ZxZ0vAtISbM/s400/12.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330263535719187618" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmcbDvkLI/AAAAAAAABc8/iNmirSr2H5E/s1600-h/11.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 210px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmcbDvkLI/AAAAAAAABc8/iNmirSr2H5E/s400/11.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330263534967165106" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmFTSliOI/AAAAAAAABc0/gK4L-9R1gCc/s1600-h/10.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 276px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmFTSliOI/AAAAAAAABc0/gK4L-9R1gCc/s400/10.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330263137744947426" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmFC3LPVI/AAAAAAAABcs/4KUkC3HSSlw/s1600-h/9.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 271px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmFC3LPVI/AAAAAAAABcs/4KUkC3HSSlw/s400/9.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330263133335010642" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmFKfzaEI/AAAAAAAABck/CpKVNioBqZM/s1600-h/8.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 282px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmFKfzaEI/AAAAAAAABck/CpKVNioBqZM/s400/8.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330263135384463426" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmE0migjI/AAAAAAAABcc/8q0j8Nio4vc/s1600-h/7.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmE0migjI/AAAAAAAABcc/8q0j8Nio4vc/s400/7.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330263129507136050" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjlsB2bmWI/AAAAAAAABcM/gvwQ7Fx5xRQ/s1600-h/5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjlsB2bmWI/AAAAAAAABcM/gvwQ7Fx5xRQ/s400/5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330262703566723426" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjlr-pU1-I/AAAAAAAABcE/JdFBoSjTvNw/s1600-h/4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 230px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjlr-pU1-I/AAAAAAAABcE/JdFBoSjTvNw/s400/4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330262702706448354" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjlro4M1MI/AAAAAAAABb8/qRfuDazFPTs/s1600-h/3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfjlro4M1MI/AAAAAAAABb8/qRfuDazFPTs/s400/3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330262696863257794" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjlrQ9KHaI/AAAAAAAABbs/8-wBDYDMuqo/s1600-h/1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 238px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjlrQ9KHaI/AAAAAAAABbs/8-wBDYDMuqo/s400/1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330262690441600418" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjlrsW--HI/AAAAAAAABb0/I7eZ5eYdvMk/s1600-h/2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 226px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjlrsW--HI/AAAAAAAABb0/I7eZ5eYdvMk/s400/2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5330262697797679218" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-2983140284528515425?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/2983140284528515425/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=2983140284528515425&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2983140284528515425'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2983140284528515425'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/04/sur-la-cote-2-metissage-et-autres.html' title='Sur la Côte 2: Métissage et autres visages détonnants'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfjmE-wQInI/AAAAAAAABcU/0plcd1V9YYE/s72-c/6.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-5423170147253996924</id><published>2009-04-28T13:04:00.000-07:00</published><updated>2009-04-28T13:34:20.949-07:00</updated><title type='text'>Sur la Côte 1: Crapahuter dans le soleil</title><content type='html'>Dimanche matin, un très grand latté dans les mains. Je suis partie explorer les côtes avant l'ouverture du salon du livre. Je pensais à chacun de vous en prenant ces photos. Alors que je m'accomode très bien de la solitude, je n'avais pas envie d'être la seule perchée sur les falaises, ou clopinante dans les sentiers de sable à la rencontre de l'infini. Je suis tombée amoureuse de la lumière, au nord du 50ième parallèle. Le vent est tel l'amant transit, la mer est l'éblouissance incarnée. J'étais envolée. Je le suis toujours. Haute perchée sur les rochers, logée dans un corps trop petit où il n'y a pas assez de place pour l'enthousiasme des voyages et l'absolue liberté des fuites temporaires. Vous étiez avec moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfdhuFxnjFI/AAAAAAAABa0/VUelinU5Zo0/s1600-h/c%C3%B4te+n%27or+1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfdhuFxnjFI/AAAAAAAABa0/VUelinU5Zo0/s400/c%C3%B4te+n%27or+1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329836128468438098" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfdh_Q61JhI/AAAAAAAABbU/H8jM-A0jK4s/s1600-h/c%C3%B4te+n%27or+5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfdh_Q61JhI/AAAAAAAABbU/H8jM-A0jK4s/s400/c%C3%B4te+n%27or+5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329836423517644306" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfdh_zOYSZI/AAAAAAAABbk/dxWqbpGBbRo/s1600-h/c%C3%B4te+n%27or+7.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfdh_zOYSZI/AAAAAAAABbk/dxWqbpGBbRo/s400/c%C3%B4te+n%27or+7.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329836432726444434" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfdh_if6G2I/AAAAAAAABbc/zC3YfMJybtQ/s1600-h/c%C3%B4te+n%27or+6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sfdh_if6G2I/AAAAAAAABbc/zC3YfMJybtQ/s400/c%C3%B4te+n%27or+6.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329836428236561250" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfdhuoJm7JI/AAAAAAAABbE/xGO3inHxUkk/s1600-h/c%C3%B4te+n%27or+3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfdhuoJm7JI/AAAAAAAABbE/xGO3inHxUkk/s400/c%C3%B4te+n%27or+3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329836137695866002" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfdhuugQ6mI/AAAAAAAABbM/YuUQxbMidQY/s1600-h/c%C3%B4te+n%27or+4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfdhuugQ6mI/AAAAAAAABbM/YuUQxbMidQY/s400/c%C3%B4te+n%27or+4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329836139401505378" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfdhuU8ncbI/AAAAAAAABa8/HsVkZYX53kc/s1600-h/c%C3%B4te+n%27or+2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfdhuU8ncbI/AAAAAAAABa8/HsVkZYX53kc/s400/c%C3%B4te+n%27or+2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5329836132541100466" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-5423170147253996924?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/5423170147253996924/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=5423170147253996924&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5423170147253996924'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5423170147253996924'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/04/sur-la-cote-1-crapahuter-dans-le-soleil.html' title='Sur la Côte 1: Crapahuter dans le soleil'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SfdhuFxnjFI/AAAAAAAABa0/VUelinU5Zo0/s72-c/c%C3%B4te+n%27or+1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7030413185635309035</id><published>2009-04-22T14:36:00.000-07:00</published><updated>2009-04-22T15:23:54.140-07:00</updated><title type='text'>Revenir enfin, mais de loin</title><content type='html'>Me voilà rendue au bout du monde. Ou presque. J'ai longé pendant deux jours des côtes arrondies dans le soleil luisant, la mer létale, engourdie par le travail de la renaissance de ses eaux, les restes d'icebergs figés sur les grèves, les lacs encore gelés des hautes collines du nord. L'excitation me faisait prendre les courbes sur les chapeaux de roues, freiner brutalement pour aller m'accrocher aux parapets, sortir l'appareil photo aux 10 kilomètres et chanter des ritournelles bêtes qui me tournaient en boucle dans la tête. Les plages blondes se faisaient lécher par l'écume dessinée des courants, les vagues laissaient des traînée de broue qu'on les aurait dit bavant telles des hystériques en crise. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le siège d'en avant était bien vide sans toi à mes côtés. Non pas que j'aie l'habitude que tu y sois, mais je fais ce rêve récurrent que tu voyages avec moi. En fait, depuis des mois, tu es là partout où je vais. Je bavarde avec toi, je soliloque sur le ciel, le vent, la route, les arbres, les granges échouées et tout ce que j'aimerais que tu aimes avec moi. Il y avait ces canots de glaces déposés comme des chaînes sur des écrins, ce fleuve lisse où se pavanaient les rayons tombants, ces villages aux noms improbables. Je les prononçais à voix haute pour les sentir rouler sur ma langue. J'étais ravie aussi par les noms des soeurs de ma rivière qui repoussaient de leurs bras endormis les glaces trop pesantes en les laissant en pagaille sur les îlets. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon coeur restait suspendu au sommet des côtes d'où je voyais la neige hérisser les sommets au loin (de là où j'étais, on aurait dit du sucre en poudre), les forêts infinies, les lacs en enfilade bordés de chalets immobiles et claquemurés. C'était vraiment beau. Le menton dans le vent, les espadrilles dans le sable des bas côtés, les cheveux n'importe où, je vivais ma route avec un bonheur qui revenait me prendre en levrette après le silence moite des derniers mois d'hiver. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai avalé les kilomètres jusqu'à Sept-Îles. À l'arrivée, une clarté mélancolique de novembre, la neige fondante dans le pare-brise, les rues construites au carré comme à Montréal, les lumières de l'Aluminerie géante sur la berge en face, une autre chambre d'hôtel et l'impression d'entendre ta voix comme dans un cornet de sourd qu'on poserait à l'envers près du tympan. Même à Gaspé ou à New Richmond, je ne me sentais pas aussi loin qu'ici. J'aimerais qu'on m'accorde un après-midi pour m'évader jusqu'à Havre-Saint-Pierre, tant qu'à y être. C'est dingue. Pour la première fois, je réalise à quel point notre Québec est grand. Et vraiment émouvant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7030413185635309035?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7030413185635309035/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7030413185635309035&amp;isPopup=true' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7030413185635309035'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7030413185635309035'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/04/revenir-enfin-mais-de-loin.html' title='Revenir enfin, mais de loin'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-2047925626056403642</id><published>2009-03-21T05:30:00.000-07:00</published><updated>2009-03-22T18:04:37.711-07:00</updated><title type='text'>Portrait 7</title><content type='html'>Parfois je l'entends hurler. De longs geignements qui naissent des entrailles d'une douleur dont elle ne discerne plus la source. À moins que je ne me trompe et qu'elle pleure, en ces brefs moments de lucidité, la folie qui cloue des draps faseyants à ses fenêtres. Je l'imagine couchée sur son lit, ses ongles creusant les paumes moites de peur, les yeux fermés très fort sur les images de la vie d'avant, quand elle avait toute sa tête et des talents. Lorsqu'elle n'avait pas cet air égaré qui effraie les gens, ces yeux en soucoupes ébréchées et ces longs poils autour des lèvres et sur le menton qu'on dirait des cils en rade. Quand elle pouvait encore se mouvoir d'un pas leste plutôt que de cette démarche chaloupée qui lui donne l'air de tanguer comme un oeuf sur un comptoir crade. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle a le soleil plombé dans le crâne. Avec des personnages en contre-jour qui lui ordonnent de laver ses vitres au jus d'orange, de rouler des cigarettes pour la cantonade et d'installer des chaises de patio sur son étroite galerie pour le thé de 4 heures. Ses invités invisibles la font opiner du chef, se taper les cuisses, ils la font grommeler et lever le poing avant qu'elle ne l'abatte sur la planche écaillée qui lui sert de table et qu'elle les foute à la porte en hululant des injures rudement bien envoyées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle accroche sur sa porte des lapins roses crayonnés au bois ou des araignées faites de papier brûlé. Sous ma porte, des photos de poubelles ou de la cour en chantier dans les années 80, des consignes subliminales pour le lavage des escaliers, des messages codés d'espionne du quartier ou une prose tracée en bâtonnets tremblotants dont je ne pige RIEN. Sur le pallier, des traînées de merde de chat qui coulent de ses sacs arrachés à la glace, de la graisse de bacon rance, des journaux en anglais et des séries d'empreintes collantes. Ses mains sur les murs comme des gants noirs indécrottables, une porte qui claque, qui claque, et qui re-claque comme des gifles qu'elle assène au silence quand il survient. Le silence dont elle ne sait plus que faire, siphonnée de partout par les minutes qui déroulent leur langue gluante sur elle en la scotchant au divan défoncé, à la chaise cassée de sa table, à son coin bricolage, à son lit vide, à sa vie entière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa solitude brisée par le commis-livreur de médocs, l'infirmière qui lui parle haut perché comme si elle était non pas folle, mais sourde, son fils qui expédie les visites comme un livreur de journaux à vélo, à la volée, en roulant encore pendant qu'il passe. Un coup de vent. Puis il la laisse scruter les poussières tombantes, marcher du talon et fixer la première image qui passe. Elle donne un bout de saucisse à son gros chat pelé. Et elle met l'eau à chauffer pour le thé de 4h. La visite n'attend pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa voix monte jusqu'à moi, voix grave entre les lattes du parquet, et son rire dédoublé alors qu'elle se conte la blague du siècle, son rire qui saccade et qui se déchire dans l'aigu en sanglots de dérision. Jusqu'aux larmes sèches qu'elle avale en sauce brune en décapsulant une Carlsberg. Sa cigarette roulée repose sur le bord du cendrier plein. Dans sa tête, de la musique de mort, une pauvre chauve-souris affolée, des phrases amplifiées par l'écho de souvenirs troubles et une idée de dessin à suspendre au mur du salon.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-2047925626056403642?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/2047925626056403642/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=2047925626056403642&amp;isPopup=true' title='17 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2047925626056403642'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2047925626056403642'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/03/portrait-7.html' title='Portrait 7'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>17</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-2567959385025791019</id><published>2009-03-15T15:41:00.000-07:00</published><updated>2009-03-15T18:34:44.579-07:00</updated><title type='text'>Au Cap 19: Le Berceau (Miroir à Mac)</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sb2squ9D9WI/AAAAAAAABas/CTg29_jRMS8/s1600-h/rivi%C3%A8re8.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sb2squ9D9WI/AAAAAAAABas/CTg29_jRMS8/s400/rivi%C3%A8re8.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313592985525679458" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sb2EiDK6mII/AAAAAAAABaM/wxMZ2ajW4Kg/s1600-h/rivi%C3%A8re4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sb2EiDK6mII/AAAAAAAABaM/wxMZ2ajW4Kg/s400/rivi%C3%A8re4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313548855868561538" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sb2EiKb9VjI/AAAAAAAABaE/uP1nZ1O-3is/s1600-h/rivi%C3%A8re2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sb2EiKb9VjI/AAAAAAAABaE/uP1nZ1O-3is/s400/rivi%C3%A8re2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313548857819092530" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sb2EilGsQ1I/AAAAAAAABaU/qmn2xmJcHeY/s1600-h/rivi%C3%A8re5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sb2EilGsQ1I/AAAAAAAABaU/qmn2xmJcHeY/s400/rivi%C3%A8re5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313548864977650514" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sb2rxjv7U0I/AAAAAAAABak/OIl8W08MoFo/s1600-h/rivi%C3%A8re7.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sb2rxjv7U0I/AAAAAAAABak/OIl8W08MoFo/s400/rivi%C3%A8re7.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313592003265254210" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sb2Ei6bJVXI/AAAAAAAABac/f-paCEXi6VM/s1600-h/rivi%C3%A8re6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sb2Ei6bJVXI/AAAAAAAABac/f-paCEXi6VM/s400/rivi%C3%A8re6.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313548870700586354" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-2567959385025791019?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/2567959385025791019/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=2567959385025791019&amp;isPopup=true' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2567959385025791019'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2567959385025791019'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/03/au-cap-19-le-berceau-miroir-mac.html' title='Au Cap 19: Le Berceau (Miroir à Mac)'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sb2squ9D9WI/AAAAAAAABas/CTg29_jRMS8/s72-c/rivi%C3%A8re8.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-1948092541449921850</id><published>2009-03-14T05:35:00.001-07:00</published><updated>2009-03-14T05:57:52.982-07:00</updated><title type='text'>Au Cap 18: S'inventer des histoires</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sbuk_AqrcwI/AAAAAAAABYs/DPLC7danF0M/s1600-h/rando1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sbuk_AqrcwI/AAAAAAAABYs/DPLC7danF0M/s400/rando1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313021587831354114" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sbuk_nXsauI/AAAAAAAABY0/XVRGlPA8Dsg/s1600-h/rando2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sbuk_nXsauI/AAAAAAAABY0/XVRGlPA8Dsg/s400/rando2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313021598220708578" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SbulAMRiuvI/AAAAAAAABZE/SEBmCFCyeS4/s1600-h/rando4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SbulAMRiuvI/AAAAAAAABZE/SEBmCFCyeS4/s400/rando4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313021608127019762" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sbuk_ty6c0I/AAAAAAAABY8/Md0M1uLyyrs/s1600-h/rando3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sbuk_ty6c0I/AAAAAAAABY8/Md0M1uLyyrs/s400/rando3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313021599945487170" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SbulgoehUNI/AAAAAAAABZM/yfQvwop3pjk/s1600-h/rando5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 267px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SbulgoehUNI/AAAAAAAABZM/yfQvwop3pjk/s400/rando5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313022165453459666" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SbuliHaYd7I/AAAAAAAABZs/Y3F845rc78w/s1600-h/rando9.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SbuliHaYd7I/AAAAAAAABZs/Y3F845rc78w/s400/rando9.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313022190937470898" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sbulh8PSezI/AAAAAAAABZc/n0YiFBQgM-M/s1600-h/rando7.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sbulh8PSezI/AAAAAAAABZc/n0YiFBQgM-M/s400/rando7.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313022187938151218" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SbulhkyaEkI/AAAAAAAABZU/5q-WKD6fMtM/s1600-h/rando6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SbulhkyaEkI/AAAAAAAABZU/5q-WKD6fMtM/s400/rando6.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313022181642998338" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SbuliNLRavI/AAAAAAAABZk/yZedN4x2VSk/s1600-h/rando8.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SbuliNLRavI/AAAAAAAABZk/yZedN4x2VSk/s400/rando8.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313022192484707058" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SbunsIl0v_I/AAAAAAAABZ0/0mvhd4G1-BI/s1600-h/rando10.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 256px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SbunsIl0v_I/AAAAAAAABZ0/0mvhd4G1-BI/s400/rando10.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313024562075844594" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute seule dans la forêt, une cabane abandonnée. La mezzanine vide, les fenêtres sans vitres, le vieux poêle rouillé. Le chuintement du plastique dans la brise. Le silence. Mon Nico et moi avons inventé une vie à ce camp déserté. Dans une caisse de carton, des bouteilles de bière qui n'y étaient pas la dernière fois que nous y sommes allés. Nous avons trouvé ça inquiétant. La forêt autour est devenue hostile. Nous guettions la neige craquer sous les pas d'hommes imaginaires. Dans le coin gauche, une tinette au couvercle fermé. Je ne l'ai pas ouvert. Je voudrais bien savoir qui vient ici. Ou qui y venait. J'ai essayé d'écouter les murs, mais ils sont restés muets.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-1948092541449921850?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/1948092541449921850/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=1948092541449921850&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1948092541449921850'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1948092541449921850'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/03/au-cap-18-sinventer-des-histoires.html' title='Au Cap 18: S&apos;inventer des histoires'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Sbuk_AqrcwI/AAAAAAAABYs/DPLC7danF0M/s72-c/rando1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-5003879355745092353</id><published>2009-03-02T12:49:00.000-08:00</published><updated>2009-03-02T17:50:44.105-08:00</updated><title type='text'>1000 mots d'amour: la tag</title><content type='html'>Le coffret 1000 mots d'amour est sur les rayons depuis quelques semaines. Chaque année, une nouvelle édition de ce livre est mis en vente, qui regroupe 141 lettres d'amour. Les profits vont à l'organisation &lt;a href="http://www.impatients.ca/"&gt;Les Impatients&lt;/a&gt;, qui oeuvre en santé mentale. En buvant un café devant ma fenêtre préférée cet après-midi, je me suis dit qu'il serait bien que les blogueurs mettent en ligne leurs propres mots d'amour. Une façon pour nous de soutenir la cause et de joindre nos voix à ceux qui ont participé à ce recueil. Pour être bonne joueuse, je m'auto-tag et je commence volontiers la chaîne. Voilà ma lettre d'amour: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Je sais que tu m'as dit de ne pas t'attendre. Je ne sais pas comment cela pourrait changer quelque chose à ce mouvement (inné?) de mon corps qui penche vers le tien depuis que tu es entré dans ma vie. La première fois que je t'ai touché, j'ai senti un papillon se poser sur mes lèvres. Je sais, l'image est bancale et ordinaire, mais je ne trouve que ça pour rendre la fragilité du moment. Un papillon noir et blanc avec de longues antennes qui se pose là et qui bat des ailes lentement pour rester en place. Ça ne m'est jamais arrivé en vrai. Je veux dire, qu'un papillon se pose sur moi. J'imagine qu'on veut ne plus bouger pour retenir l'instant, et c'est ce qui m'arrive quand tu entres dans ma chambre et que ton corps prend sa place dans mes draps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les bruits de la ville s'évadent sous ta respiration. Je n'entends plus la voisine marcher sur les talons, je suis happée dans l'apesanteur de tes lèvres, j'attrape les odeurs distinctes que j'étale comme des ombres sur mes paupières closes. Je retiens mon souffle, je m'en rends compte. C'est de là que naissent mes soupirs, de cet espace que je creuse dans mon ventre pour enfouir le poids de ton corps sur le mien. C'est pour le garder mieux en mémoire, dans celle du corps, celle qui fait sourdre les émois dans l'absence et qui m'obnubile encore quand je reprends la route en te laissant derrière moi. Écrasée sur le siège, par les remugles de toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est la mémoire qu'il faut pour éviter de trop s'attarder aux portes qu'on referme, aux jours silencieux, à ces retours au réel qui me font penser à un mouvement de rames maladroit qui me propulserait vers le large alors que c'est la rive, que je voudrais rejoindre. La tienne. C'est encore une image ordinaire, je sais. Mais c'est celle que je trouve pour décrire les mouvements de notre histoire. Le ressac, les tourbillons, les marées, qu'en sais-je? L'eau qui repousse, les aimants qui s'éloignent et se rapprochent inexorablement, la gravité, les tempêtes, les kilomètres, tes doutes, les miens, tes blessures, mes épines, tes projets, ma route, ta solitude, mon passé. La vie, quoi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j'ai envie de partir sans me retourner, il me vient le souvenir d'un soir de septembre où nous étions très proches. Dans cette salle de spectacle, dans le noir tout en haut du balcon, tu t'es penché pour m'embrasser. Je me souviens que j'ai alors été saisie d'une certitude. J'ai arrêté de t'embrasser, j'ai laissé ma lèvre traîner sur la tienne, mes cils refermés sur tes joues, mon front appuyé contre le tien. Et j'ai senti. L'odeur indescriptible de deux corps qui se trouvent enfin. C'était l'odeur que je recherchais depuis 1000 ans. Je sais que tu l'as sentie autant que moi. Ta main me l'a dit. Et ton regard aussi. C'était l'instant du papillon prise 2, le suspend qui transforme le geste en sentiment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mots d'amour ont déjà tous été écrits, et bien mieux que je ne saurais le faire. Je pourrais me contenter de te dire: je t'aime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je ne trouve jamais ça suffisant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je te le dis quand même, en souhaitant que tu en ressentes la mesure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je t'aime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Miléna&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je passe la tag à &lt;a href="http://doparano.blogspot.com/"&gt; Doparano&lt;/a&gt;, &lt;br /&gt;&lt;a href="http://roulerosieroule.blogspot.com/"&gt;Mac&lt;/a&gt;,&lt;a href="http://guillaumepaquet.blogspot.com/"&gt;Gom'&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://mercuriusmendax.blogspot.com/"&gt;Mercurius Mendax&lt;/a&gt;et &lt;a href="http://lascauxhall.blogspot.com/"&gt;Doodle&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour plus d'infos: &lt;a href="http://www.canoe.com/divertissement/livres/nouvelles/2009/01/15/8038091-jdm.html"&gt;canoe.com&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Règlement:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1) Mettre en lien la personne qui vous a taguée&lt;br /&gt;2) Écrire une lettre d'amour &lt;br /&gt;3) Taguer 5 personnes que vous mettrez en lien&lt;br /&gt;4) Aviser les blogueurs que vous avez tagué sur leur blog&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-5003879355745092353?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/5003879355745092353/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=5003879355745092353&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5003879355745092353'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5003879355745092353'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/03/1000-mots-damour-la-tag.html' title='1000 mots d&apos;amour: la tag'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-5605072097272581982</id><published>2009-02-23T18:11:00.000-08:00</published><updated>2009-02-23T20:22:05.381-08:00</updated><title type='text'>Équidistance</title><content type='html'>Tes silences sont des bouts de ficelles colorées que je pique sur un canevas, tu sais, comme ce jeu dont j'étais friande enfant. La voisine nous donnait des écheveaux bicolores qu'on démêlait en riant, ma soeur et moi, qu'on enfilait en fermant un oeil sur de longues aiguilles en plastique jaune. On en faisait des tableaux sur lesquels on passait les mains pour sentir la mousse des filaments moutonner à la surface. Je refais souvent le même geste sur ton front pour tenter de toucher ce que tu ne dis pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fermant les yeux, je fais faussement l'aveugle pour mieux tâter l'espace et sentir les odeurs que je manque en papillonnant ainsi autour de toi. Je visualise tes pas ascendants vers mon nid de coucou, ton rire sur la pente du toit, tes mains qui s'activent au-dessus du lavabo. Ce couvercle brisé que tu m'enlèves des mains pour le réparer d'un geste sûr. Le dos tourné, je prends appuis sur l'écho de ta voix dans la salle de bain, sur ces notes fausses que tu amplifies pour me faire rire, je m'approche pour voir ton bras dépasser au dessus du rideau de douche et je sens ces gouttes qui déroulent leur langue dans ton dos et soudain cette envie féroce de mêler la mienne à la leur et de glisser dans le noir et les odeurs de ta peau savonnée. M'écraser le nez sur ton torse comme je me cogne le coeur, et peser de mon pouce droit sur ta carotide. Peser pour ressentir ce qui bat, là. Ce qui bat pour moi. Le savoir, tu vois? Tes chuchotements dans la nuit alors que tout devrait dormir, surtout nous. Ta voix qui s'éteint pendant que tu sombres, une main sur ma cuisse, et toujours ce vide absurde que j'ai besoin de laisser entre nos jambes pour m'endormir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'évalue mal mes distances. Je suis mes heures de route solitaires, ma carapace pleine de givre, mes perditions à peine contrôlées. Je suis moi aussi des silences que tu tentes de définir et des bouts de laine qui moutonnent sous tes paumes. Je suis mes pas qui enfoncent dans le mètre de slutche devant la caserne des pompiers.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-5605072097272581982?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/5605072097272581982/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=5605072097272581982&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5605072097272581982'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5605072097272581982'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/02/equidistance.html' title='Équidistance'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-5648288328224692591</id><published>2009-02-21T16:58:00.001-08:00</published><updated>2009-02-22T12:16:05.619-08:00</updated><title type='text'>Carnet de route: la TOTALE</title><content type='html'>Bon. Certains diront que la vie de représentante est très cool, remplie de péripéties, de liberté et d'évasions. Que nous menons la grande vie dans les hôtels et les restos, que nous passons des heures éloignées de la routine à crapahuter sur les routes de campagnes à se repaître de l'odeur des champs fraîchement retournés, des glaces mouvantes du fleuve, du soleil printanier et tout le toutim. Et ils ont bien raison. Cependant. Il y a parfois de ces bémols qui donnent des sueurs froides, et des imprévus qui hypothèquent à la fois nos relations (amoureuses) et nos fins de semaines. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m'arrive un truc du genre, que j'ai envie de vous relater par souci de dérision  et dans l'idée d'une mise en garde générale. Par pudeur et vu mon inconfort à vous dévoiler directement ce dont je suis atteinte, je vais me contenter de l'épeler: mon médecin m'a traitée (de manière préventive, puisqu'elle n'était pas certaine à 100 pour 100) pour ce qu'on appelle la G-A-L-E. Oui. Le verdict est tombé comme le couperet des potences moyenâgeuses. Depuis qu'elle a prononcé ce mot en articulant bien, je me sens comme la rombière des bas-fonds de Carcassonne au 12e siècle. Attendez un instant, je me gratte. Donc. Je riais de ce collègue qui retire le couvre-lit dès qu'il entre dans une chambre d'hôtel, qui apporte son oreiller et ne se couche jamais nu dans les draps blancs et frais. Je n'ai pas pensé à ses recommandations lorsque je me suis vautrée à plat ventre SUR l'édredon de mon lit lors de cette soirée où je suis rentrée très tôt de la Cage aux Sports parce que les Canadiens me faisaient rougir de désabusement (je sais, il faut avoir la FOI). Je n'y ai guère repensé lorsque je m'y suis glissée en tenue d'Ève après mes ablutions, soupirant d'aise en me calant la tête dans mes oreillers dodus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques jours plus tard, je remarquais l'apparition de lésions douloureuses et fort disgracieuses sur mes bras, mes aisselles, mes jambes, mon dos, mes cuisses et mes fesses. En arrivant à la maison, j'ai retourné mon matelas munie de ma lampe frontale à la faveur de la nuit, examinant les coutures de mes oreillers, les craques de mon plancher, mes tables de nuits, mon garde-robe, mon traversin, mes fenêtres, mon ventilateur, mon miroir et mes tiroirs à la recherche d'intrus ailés et/ou munis de pattes, de carapaces et de trompes piquantes. RIEN. Je n'ai rien vu. Ni cloportes, ni exuvies de punaises, ni oeufs, ni taches de sang révélatrices. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme je passais l'essentiel de mon temps à me gratter et que ces rougeurs commençaient sérieusement à m'inquiéter, je suis allée voir le médecin pour me (ré)conforter dans mon diagnostic. Je ne m'attendais pas à ÇA. La G-A-L-E! Devant la femme rousse ensarreautée, j'ai versé des larmes de dédain. Elle m'a dit de ne pas pleurer en m'assurant que dans 12 heures ce serait chose du passée et que tout allait bien aller. Tu parles. Je me suis précipitée ventre à terre à la pharmacie avec une face de carême et j'ai mis en veilleuse mes clients, mes commandes, les messages qui s'accumulaient dans ma boîte vocale et la rédaction de mon rapport hebdomadaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Shampouinée à l'insecticide et crémée des pieds à la tête, j'ai soupiré de soulagement. J'ai appelé dans l'ordre: ma boss, ma mère, l'amant, ma soeur et ma meilleure amie (tout en me grattant), j'ai annulé tous mes plans de la fin de semaine et je me suis lancée dans le lavage à l'eau chaude de ma literie, ma couette, tous mes vêtements, mes housses d'oreillers et de coussins, mes serviettes, mon tapis de bain, mes manteaux, ma tuque, mes mitaines. Puis je suis sortie acheter du Lestoil et j'ai désinfecté mon appartement en maniaque. J'ai passé l'aspirateur à quatre pattes, tassé mes meubles, fouiné dans les craques du divan, j'ai retourné mon matelas, soulevé les lattes du sommier, nettoyé les vitres, le dessous de mes commodes, le derrière de mes bibliothèques et le fond de mon garde-robe. J'en ai profité pour remplir 2 sacs verts de cochonneries inutiles accumulées par sentimentalisme et jeter des vêtements dont je ne soupçonnais même plus l'existence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est pas drôle, ce truc. Je me suis exilée dans ma petite chambre d'amis parce que je devais éviter mon matelas pour 48h et je me suis enduite de cortisone pour arrêter de faire la danse de St-Guy. J'ai refusé toutes les invitations à souper et à boire un verre pour ne pas affronter les regards horrifiés, je suis allée m'acheter deux romans et autant de bouteilles de blanc et je me suis enfermée chez moi vêtue de mes pantalons confos et d'un col roulé pour ne pas examiner mes bras aux deux secondes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au moins, mon grand ménage du printemps est fait.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-5648288328224692591?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/5648288328224692591/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=5648288328224692591&amp;isPopup=true' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5648288328224692591'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/5648288328224692591'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/02/carnet-de-route-la-totale.html' title='Carnet de route: la TOTALE'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-1899406206567252084</id><published>2009-02-15T14:00:00.000-08:00</published><updated>2009-02-15T15:44:49.632-08:00</updated><title type='text'>D'une soirée carnavalesque (ou quand un fêtard à le vin triste)</title><content type='html'>Je suis raquée comme si je venais de recommencer à faire du sport. Chaque fois que je lève le bras droit, je grimace de douleur. J'ai les omoplates froissées et les cuisses brûlantes. Hier soir, avec un autre homme très doux, j'ai ramené un fêtard beaucoup trop ivre chez lui. C'était soir de parade dans la vieille ville. Postée sur Cartier dans les escaliers de la terrasse du Jules, je regardais les adultes se comporter comme s'ils n'avaient jamais bu de leur vie. À 9h30, les serveurs refusaient déjà de servir certaines personnes qui s'étaient trop allègrement "cariboutées". Les étals de Caribou chaud avaient attiré les carnavaleux qui buvaient aussi du vin rouge à la bouteille, de la bière, du rhum &amp; coke et des cafés aromatisés. L'ambiance était à la fête, les enfants sautillaient et couraient sur les trottoirs, ils soufflaient dans les trompettes (que j'exècre) aux oreilles de leurs parents et faisaient la vague en pépiant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je suis rentrée à 9h et que j'ai pris place à côté de lui au bar, il terminait sa première bouteille de vin et sa diction était déjà empâtée. Lorsque je l'ai revu à 11h, il était à moitié avachi dans le petit salon du fond et il tenait les deux mains de l'homme très doux en lui contant fleurette. Il avait passé les deux heures précédentes à tenter de me séduire, même si ça fait au moins 2 ans que je refuse fermement ses avances. Lorsqu'il s'est levé, il a traversé le salon en diagonale pour s'effondrer en emportant avec lui la patère chargée de manteaux. Il s'est cogné la tête sur le coin d'un meuble. Nous l'avons péniblement relevé et ses pantalons lui ont descendu sur les chevilles. La vision de ce gros homme en caleçon au milieu du bar m'a fait énormément de peine. J'ai rapidement détourné les yeux, gênée pour lui. L'homme très doux a proposé d'aller le reconduire en lui disant qu'il avait assez bu. J'ai offert de l'aider; on ne serait pas trop de deux pour le soutenir jusqu'à son lit. Il m'a regardé avec reconnaissance et nous sommes partis en tenant chacun l'homme par un bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jamais six coins de rue ne m'ont paru aussi loin. L'homme devait peser 275 livres, il vacillait sur ses jambes, s'écrasait soudain au sol en maugréant, il pleurait, la morve lui coulait sur les lèvres et son capuchon lui tombait sur les yeux. Cinquante fois nous l'avons rabaissé sur son crâne pour qu'il puisse y voir. Je l'enjoignais à nous aider un peu, il pesait de tout son poids sur moi le ventre pointé vers l'avant, son corps attiré vers l'arrière comme un bambin qui fait ses premiers pas. Il s'arrêtait aux trois pas en disant d'appeler une ambulance, qu'il allait mourir tout seul sur le trottoir, il se repliait en hoquetant, se tenait le coeur et le bras, il respirait difficilement et postillonnait en vociférant de le laisser là. Il disait que nous étions des anges. Tu parles. Ses propos oscillaient entre la peur de la mort et l'envie d'en finir, il riait aux éclats puis sanglotait tout d'un coup en s'agrippant à nos cous et à nos bras. J'étais inquiète, mais je ne le croyais pas. Je me disais que c'était surtout à l'âme qu'il avait mal. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devant chez lui, j'ai fouillé dans sa poche pour trouver ses clés et nous l'avons hissé au quatrième étage. En arrivant dans l'appartement, il s'est effondré sur une chaise. J'ai foncé à la salle de bain pour lui chercher des Tylénol. Sa pharmacie était pleine de médicaments de prescription. Il y avait aussi des bouteilles de pilules diverses sur la table de la cuisine et sur le bureau dans son atelier. Des tableaux encore mouillés jonchaient le plancher. Trois étaient inachevés sur des chevalets. La poussière recouvrait chaque surface, la baignoire était noire, la toilette souillée, le carrelage taché. Les draps de son lit défait étaient pelucheux et couverts de cernes douteux. Ça sentait la cage de hamster alors qu'il n'y avait aucun animal dans l'appartement. La radio jouait en sourdine lorsqu'on est arrivés et je me suis fait la réflexion qu'il ne devait jamais supporter le silence. Son être entier transpirait la solitude et le besoin d'un autre pour lui tenir la main. Je lui ai servi un grand verre d'eau pendant que mon comparse le mettait au lit. L'homme voulait que je reste dormir avec lui. J'ai dû avoir l'air horrifiée puisqu'il s'est excusé d'être si bête. Il était incapable de boire son eau. J'ai tenu le verre pendant qu'il prenait de longues gorgées en sapant, le dos appuyé sur ses oreillers et les deux bras mollement étendus en croix de chaque côté. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous l'avons bordé et sommes finalement repartis en laissant la lumière ouverte. Il ne pouvait pas rester dans le noir. J'ai jeté un dernier regard aux traces de nos bottes sur le plancher, aux papiers entassés dans le coin du salon et à ce miroir poussiéreux dans l'entrée. J'avais les joues rosies par l'effort et une drôle de lueur dans les yeux. J'étais consternée. Nous sommes redescendus dans la rue en silence. Je n'étais pas bien. J'avais de la peine et je voulais chasser la pitié que j'avais ressentie pour cet homme que je croise souvent mais que je ne connais pas. Je me sentais mal d'être entrée chez lui, d'avoir ouvert une porte dérobée sur sa vie, d'avoir vu le revers de l'image qu'il montre habituellement de lui. En ouvrant ses armoires, j'avais eu l'impression de commettre une grande indiscrétion même si je n'ai pas fouillé ou détaillé le contenu. Mais en même temps, j'étais contente de l'avoir fait. Nous ne pouvions pas le laisser seul dans l'état où il était. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au retour, j'avais envie de marcher en tenant le bras de l'homme très doux pour me réconforter mais je n'ai pas osé. Il m'a proposé un dernier verre pour nous remettre de nos émotions. Nous n'avons pas répondu aux questions avides de ceux qui nous attendaient au bar. Nous nous sommes contentés de dire qu'il était rendu à bon port, puis nous avons trinqué. Notre complicité à ce moment m'a fait du bien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était une étrange soirée, en définitive.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-1899406206567252084?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/1899406206567252084/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=1899406206567252084&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1899406206567252084'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1899406206567252084'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/02/dune-soiree-carnavalesque-ou-quand-un.html' title='D&apos;une soirée carnavalesque (ou quand un fêtard à le vin triste)'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-2996175314458105280</id><published>2009-02-11T15:13:00.000-08:00</published><updated>2009-02-11T16:06:53.402-08:00</updated><title type='text'>Top nunuche (encore!?!) ou c'est n'importe quoi ma journée!</title><content type='html'>Je suis partie de bon matin munie d'un café dégueulasse mais néanmoins essentiel, de mes grosses bottes lunaires au cas où je resterais en panne ou que je frapperais un bison cornu dans le Parc-Terrifiant, de mon cd nouveau et d'un paquet de clopes à peine entamé. Boîtes de signets dans le coffre, bloc-notes à donner en cadeau, démos de livres pour mes libraires, affiches, appareil photo. J'ai pris la route d'un air guilleret en scandant les paroles si inspirantes: welcome to my sunny day, my sunny day, every day, a better day, welcome to my sunny day. J'y peux rien, ça me met de bonne humeur. Je fais tous les backs un après l'autre et je me trémousse tant que je dépasse invariablement la limite de vitesse. Donc dis-je, je suis partie de bon matin à la conquête de la très charmante ville de Dolbeau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je venais de lire &lt;em&gt;Le Sentier des brumes &lt;/em&gt;(Jacques Côté, ed. Alire, 2008), qui est un roman terrifiant dont l'action se passe en majorité dans le Parc des Laurentides, où un adolescent est pourchassé par un tueur fou à travers montagnes. L'ambiance de ce livre SENT la brume épaisse, l'huile à moteur, la pluie, la boue qui dévale les sentes, le sang, la sueur, la folie et une terreur idoine à tout ça. J'ai roulé 134 km en solitaire. Dans le brouillard. Je n'y voyais goutte et mon sourire initial s'était transformé en rictus indécis. J'avais la trouille, quoi. Même en plein jour, ce satané parc me fout les chocottes. Dès que j'apercevais un forestier barbu travaillant près de son ski-doo, j'accélérais pour être sûre qu'il ne se mette pas en travers de mon chemin pour m'égorger et/ou me violer. Imagination débridée, je sais, mais ça aussi, c'est plus fort que moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque j'ai bifurqué dans le Petit Parc en direction d'Alma, la lumière de mon lave-glace s'est allumée. Bigre. La slush recouvrait la totalité de mes vitres et les douze-roues étaient légions en sens inverse. J'ai donc passé 100-quelques kilomètres penchée sur mon volant en me maudissant d'avoir tout vérifié sauf ÇA. Au sortir du Parc (soulagement INTENSE!!!), je me suis arrêtée à la première station service venue. J'en ai profité pour demander mon chemin à la gentille dame rousse qui m'a prestement dirigée... en direction de Roberval. À Alma, au carrefour, j'ai surveillé les indications pour Dolbeau mais je n'en ai point vues. J'ai tourné à gauche en me disant que c'était bon et j'ai continué mon chemin sans trop me poser de questions. J'ai suivi Roberval. STIE! J'avais des doutes, mais le mâle en moi refusait de s'arrêter prestement pour demander si j'avais suivi le plus court chemin pour me rendre à destination. Je me suis donc tapée le tour au complet du Lac, un autre café dégueulasse mais encore plus essentiel entre les mains. Je ne chantais plus, je maudissais mon laxisme et cette tendance innée à être convaincue que je trouverai mon chemin très facilement. Ou que je peux faire confiance à la première caissière venue. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À un moment, je me suis astreinte à me calmer les nerfs et à profiter du paysage, tant qu'à y être. À Ste-Prime, j'ai vu la plus belle grange de ma vie, toutes catégories confondues. J'ai vu l'immense lac tout blanc, un village de cabanes sur glace, une maison écroulée de l'intérieur, des fermes ravissantes où j'avais envie de m'arrêter pour assister au train des vaches somnolentes, encore d'autres granges et une géniale maisonnette dans les arbres. Ma libraire ne s'est pas étonnée de mon retard. Elle se disait que je me perdrais sûrement, étant donné que je n'y étais jamais allée. Ouin. J'avais prévu lui mentir, mais je lui ai plutôt conté la vérité avec moult détails. Je me suis dit que pour une première rencontre, ça serait super d'avoir l'air de Bridget Jones en cavale, cela me conférerait un aura attendrissant. J'aime bien "séduire" les gens par le rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre première rencontre s'est très bien passée. Mis à part le fait que j'ai renversé mon café sur son bureau (êtes-vous surpris?). Elle ne m'a pas grondé. Elle a rigolé derechef en me disant que ma présence était rafraîchissante (???) et elle s'est empressée d'enlever mon ordinateur de la proximité de la flaque qui s'étalait dangereusement en direction de. Elle m'a expliqué 3 fois le chemin pour revenir vers Chicoutimi et est venue jusque dehors pour me montrer la bonne direction à prendre. Eh eh! J'ai déjà une sacrée réputation dans le coin... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'y suis enfin après avoir dû m'arrêter en chemin pour réviser mon planning de demain qui n'avait aucun sens. En revenant, j'ai échappé d'un demi-quart de poil à un accident grâce à une l'intervention divine ou toute autre entité en charge de ma protection. L'hôtelier m'a accueillie avec emphase, il m'a remis un coupon de bière gratuite à la Cage (où j'irai prestement dès la publication de ce billet), j'ai 5 oreillers dodus dans mon lit queen et je vais de ce pas prendre une douche brûlante pour me laver de cette journée débilissime. Sans blague. Je ne sais pas comment je vais justifier tout ce kilométrage superflu à ma patronne... Vous croyez que je peux lui avouer que je me suis PERDUE??? ARGH. C'est la honte, pour une rep, de se perdre. Surtout dans une région où tout est "toujours tout droit", puis à la lumière à droite...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-2996175314458105280?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/2996175314458105280/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=2996175314458105280&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2996175314458105280'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2996175314458105280'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/02/top-nunuche-encore-ou-cest-nimporte.html' title='Top nunuche (encore!?!) ou c&apos;est n&apos;importe quoi ma journée!'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-4642327582049359946</id><published>2009-02-10T15:05:00.001-08:00</published><updated>2009-02-10T19:06:32.329-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>Hier, j'ai brûlé tes mots. Tous ces bouts de papier dissimulés dans des cachettes secrètes étaient comme autant de points de suspension dans ma vie. Il y en avait dans mes classeurs, dans ma vieille boîte en fer au-dessus de la bibliothèque, dans mon tiroir de table de nuit, entre des piles de livres sur la première tablette et dans mon carnet de notes. J'en ai même retrouvé un sur le frigo, en-dessous d'un aimant en forme de chat. La carte d'affaire d'un ferrailleur cachait le texte. Je ne l'ai jamais appelé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai pris tous les bouts de napperons, les pages arrachées au bloc-note, les signets pliés en deux pour faire comme une carte, les pages blanches soigneusement recopiées pour ne pas qu'il y ait de fautes, les cartons mouillés que tu avais laissés dans mon pare-brise, j'en ai fait un tas et j'y ai collé une allumette sans trop réfléchir. Dans le lavabo de la cuisine. Debout devant les flammes qui s'inscrivaient dans ma pupille comme les prémices d'un avenir définitivement libéré de toi, je respirais la chaleur pour apprendre à exister comme s'ils n'avaient pas été écrits. Si tu t'étais contenté de me les dire, je les aurais peut-être plus vite oubliés. Mais tu es finaud, tu savais bien qu'ils resteraient plus longtemps gravés si je les lisais. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai ensuite nettoyé les cendres à grande eau, je les ai regardées partir dans la mousse, puis je suis venue à l'ordinateur pour vider le dossier que j'avais créé pour nos courriels. J'ai tout relu entre deux verres de blanc. Je faisais et défaisais mon chignon tenu à moitié par un crayon rose. Mes cheveux m'agaçaient. Parfois, les poils de mes bras se dressaient et j'avais des serrements étranges sous les seins. J'ai lu en diagonale et très vite. Puis j'ai fait delete. Ensuite, j'ai fait comme d'habitude. Je suis allée me poster dans le cadre de la fenêtre et j'ai regardé la ville un moment. Mon appartement sentait encore la fumée. C'était un moment très grisant. C'était une façon de te dire adieu.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-4642327582049359946?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/4642327582049359946/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=4642327582049359946&amp;isPopup=true' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4642327582049359946'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4642327582049359946'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/02/hier-jai-brule-tes-mots.html' title=''/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-3919992347677388436</id><published>2009-02-04T14:36:00.000-08:00</published><updated>2009-02-05T15:55:10.605-08:00</updated><title type='text'>Sans le Cap</title><content type='html'>Le Cap me manque. L'inspiration qui me venait de ma rivière est gelée comme ses trombes d'eau disparues sous la glace. On entend à peine un minuscule coulis de rien du tout, à peine un glou glou discret venu des entrailles. Les personnages qui m'apparaissent toujours là-bas ont pris la tangente. Ils ne me suivent pas en ville, ils se rebiffent dès qu'on voit apparaître l'ancienne église qui ressemble à un décors de cinéma au coin de Dufferin. Et comme je ne suis pas allée les voir depuis le début du mois de janvier, ils sont fâchés. Ils boudent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils arrivent parfois en faisant des bonds dans ma tête pour me narguer, mais toujours à des moments saugrenus, comme quand je dors ou lorsque j'ai un client en face de moi qui attend que je lui parle de la GROSSE nouveauté qui sortira en mars ou en avril. Mon regard part alors vers la droite, le côté de l'imagination (à moins que ça ne soit l'inverse? Je ne me souviens plus) et je mets des silences dans mes arguments le temps que l'autre se fasse son idée. Je lis comme une boulimique, encore, dans l'espoir qu'un jour j'aurai assez de mots dans la tête pour les amalgamer en les miens. Ou ne serait-ce que pour écrire ici des billets savoureux qui vous donneraient envie de revenir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Cap me manque. Je n'ai pas assez de silence pour me retrouver. La solitude de la ville est criblée d'ondes néfastes, de bruits de fond stridents, de la toux grasse de la voisine et des grattes qui passent sous ma fenêtre. Le téléphone ne sonne pas beaucoup, mais encore trop pour mes nerfs. L'ordi me scotche à son écran alors que c'est de l'espace de la colline dont j'ai besoin après mes heures de routes glissantes et de froid qui entre partout. J'ai besoin de me mettre les pieds sur la porte de la truie, de dormir le ventre collé contre la roche rondelette, de boire le gin tonic dès 3 heures et de me planter sur le bord de la galerie pour regarder les glaces du fleuve se dérouler vers l'ouest. J'ai besoin de temps pour parler avec ma meilleure amie de celui qui m'obnubile le crâne, de mon coeur qui explose enfin de partout, de mon corps qui exulte à tous moments, de mes idées, de mes manques, de mes faiblesses et de la vie en général. J'ai envie d'entendre le bruit de sa folie, ses mouvances extrêmes, ses envolées savoureuses, besoin de danser autour de la table pour rien, de faire une bataille de linges à vaisselle mouillés, de marcher en raquettes et de me coucher tôt. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore quelques semaines et je pourrai y aller. Mon équilibre est là-bas. J'ai hâte de le retrouver.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-3919992347677388436?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/3919992347677388436/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=3919992347677388436&amp;isPopup=true' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/3919992347677388436'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/3919992347677388436'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/02/sans-le-cap.html' title='Sans le Cap'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-2001084135203034421</id><published>2009-02-01T08:31:00.001-08:00</published><updated>2009-02-01T08:32:54.717-08:00</updated><title type='text'>Signe de vie</title><content type='html'>J'ai réfléchi tous les jours à ce que je pourrais bien vous raconter. En janvier, j'ai eu l'impression de ne rien faire d'autre que travailler. Partagée entre la route, mes clients et les chambres d'hôtel où on se rencontre, lui et moi. L'odeur des corridors et des draps m'est devenue tellement familière que j'ai l'impression d'être chez moi partout. Quand je me réveille le matin, il me faut parfois quelques secondes pour me souvenir de la ville où je suis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, je me gave des histoires que me racontent les gens de la route. Il est facile de recueillir des confidences; les solitudes s'épanchent entre les pintes et les tournées de shooters. L'amour finit toujours par se retrouver au centre des conversations quand on a terminé de commenter le dernier match de hockey. Il paraît que j'ai le regard qui incite aux épanchements. Il est faux de dire que les hommes ne parlent pas; ce sont eux qui me racontent le plus aisément leur vie. C'est vrai que les femmes de la route sont plus rares, et quand elles sortent souper elles s'isolent souvent dans le fond du restaurant avec le journal ou un bouquin, quand elles ne restent pas tout simplement dans leur chambre pour éviter les rencontres qui pourraient déstabiliser leur vie. Moi j'ai choisi l'inverse. La route serait une ennemie pour moi si je ne la jalonnais pas de rencontres qui me bouleversent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'imagine qu'il est plus facile de s'ouvrir à une étrangère de passage qu'à un proche. On échappe au jugement et aux confrontations morales. Je suis souvent émue des douleurs qui couvent sous les airs bravaches et ravie quand je parviens à regarder le verso d'un visage. Je suis contente quand je les amène à s'ouvrir et lorsqu'ils partent sur une lancée, je brûle de prendre des photos de leur profil penchée sur une pinte de rousse, les coudes sur le comptoir et le regard ailleurs. J'ai une passion brûlante pour les conversations de tabourets. Je rencontre des représentants de chips, d'huile à moteur, d'abrasif, de café, des transporteurs de tuyaux de plastique ou de billots de bois, qui dorment dans leur camion et se douchent dans les haltes routières. Ils roulent la nuit sur les sentiers de terre des forêts noires pour repartir dès l'aube transie après s'être gelé les doigts et les pieds, la photo de leur femme sur le pare-brise ou l'image de leur maîtresse en tête. Ils me parlent de leur métier, de leurs enfants, de leur histoire familiale, du modèle paternel, d'une maladie combattue, de leurs voyages ou de leur dernière rupture. Parfois de leurs dualités. Ils regrettent d'être si souvent absents de la maison ou au contraire, avouent être heureux de pouvoir s'en échapper. Sur la route, ils retrouvent leur liberté et un espace où ils s'autorisent à être eux-mêmes. Ils se délestent de ce qui les contraint. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis que je fréquente les hommes de la route, je comprends mieux les têtes et les coeurs à tiroirs. J'ai changé mon fusil d'épaule sur certaines des valeurs qui étaient ancrées en moi depuis toujours. À leur contact, j'ai réalisé que la route peut être une fuite ou au contraire, une manière de retourner vers soi.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-2001084135203034421?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/2001084135203034421/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=2001084135203034421&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2001084135203034421'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2001084135203034421'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/02/signe-de-vie.html' title='Signe de vie'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-78674976039483780</id><published>2009-01-16T14:06:00.000-08:00</published><updated>2009-01-16T14:10:08.790-08:00</updated><title type='text'>Miroir à Doodle: - 31</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SXEFWWSeTLI/AAAAAAAABXI/bMooKd_UyWc/s1600-h/plumes.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SXEFWWSeTLI/AAAAAAAABXI/bMooKd_UyWc/s400/plumes.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5292016918635367602" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-78674976039483780?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/78674976039483780/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=78674976039483780&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/78674976039483780'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/78674976039483780'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/01/miroir-doodle-31.html' title='Miroir à Doodle: - 31'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SXEFWWSeTLI/AAAAAAAABXI/bMooKd_UyWc/s72-c/plumes.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7144418065382125020</id><published>2009-01-15T15:57:00.000-08:00</published><updated>2009-01-15T20:16:33.083-08:00</updated><title type='text'>Carnet de route 9</title><content type='html'>La route me manquait. J'avais hâte de reprendre le volant et de m'enfuir d'ici. Peut-être parce qu'à l'arrivée, il y avait toi. Toi et les champs de poudreuse folichonne dans les vents glaciaux venus de l'ouest. Les bourrasques malmenaient ma Trixoune qui peinait à rester droite à cause des lames de neige amassées au milieu du chemin. De grandes langues blanches qui s'enroulaient autour des douze roues pour se déposer en dunes granuleuses sur la double ligne jaune. Je me sentais en apesanteur lorsque je roulais à travers elles, et l'adrénaline de la peur me faisait hausser la voix. Je chantais pour conjurer le vent. Je quittais parfois la route des yeux pour regarder les vagues immenses se fracasser sur les éclats fendus des rives. Les morceaux d'icebergs charriés par la marée avaient l'air sombre sous les coups de dents de l'écume. Ils étaient si beaux, ces rouleaux furieux qui remontaient en gerbes sur mon passage. J'avais les jointures blanches sur le volant, et l'impression de dériver vers toi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À Matane, quand mes clients m'ont vue arriver, ils se sont tous écriés: Miléna! Tu as réussi à passer!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aime bien qu'ils disent "passer", au lieu de venir, se rendre, ou arriver. J'ai souri. Oui, je suis passée. &lt;br /&gt;Tu as du courage.&lt;br /&gt;Non. &lt;br /&gt;De la volonté. Et un amour déraisonné pour le Fleuve et cette route qui l'épouse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai voulu m'arrêter vingt fois pour prendre des photos, mais le froid intense et les congères dangereuses ont freiné mon envie. J'aurais voulu te montrer les blocs translucides alignés à égale distance les uns des autres sur la berge juste après Sainte-Flavie, le rocher à la croix dans mon anse préférée, la grange décatie dont les portes étaient sorties de leurs gonds sous l'assaut du vent, les nuées de tempête au retour vers Rimouski, qui engloutissaient l'horizon, le jour et la ville entière. J'aurais voulu pour toi les bois de grève, les cabanes de pêche posées sur les glaces épaisses, les dégradés de blancs, de gris, de bleus, la route disparue, la fumée vivante des maisons dans la grande courbe et les éoliennes épivardées dans les rafales.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7144418065382125020?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7144418065382125020/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7144418065382125020&amp;isPopup=true' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7144418065382125020'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7144418065382125020'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/01/carnet-de-route-9.html' title='Carnet de route 9'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-352937387121859599</id><published>2009-01-10T13:00:00.000-08:00</published><updated>2009-01-10T13:06:11.293-08:00</updated><title type='text'>Au Cap 17: l'an nouveau</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SWf_WdUIUaI/AAAAAAAABW4/hmnGe7CKocI/s1600-h/aucap1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SWf_WdUIUaI/AAAAAAAABW4/hmnGe7CKocI/s400/aucap1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5289477048661201314" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SV_Bhr3b2EI/AAAAAAAABWI/kHol3o5gJlE/s1600-h/aucap2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SV_Bhr3b2EI/AAAAAAAABWI/kHol3o5gJlE/s400/aucap2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5287157272011331650" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SV_CAOg8aII/AAAAAAAABWo/JmfkiYs37iM/s1600-h/aucap6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SV_CAOg8aII/AAAAAAAABWo/JmfkiYs37iM/s400/aucap6.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5287157796708313218" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SV_B_mQhjdI/AAAAAAAABWg/lF85VW4fyew/s1600-h/aucap5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SV_B_mQhjdI/AAAAAAAABWg/lF85VW4fyew/s400/aucap5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5287157785902026194" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SV_Bi_92UFI/AAAAAAAABWY/aOBcv7r0bxI/s1600-h/aucap4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SV_Bi_92UFI/AAAAAAAABWY/aOBcv7r0bxI/s400/aucap4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5287157294586810450" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SV_Bieo-w6I/AAAAAAAABWQ/GiBl4azggb0/s1600-h/aucap3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SV_Bieo-w6I/AAAAAAAABWQ/GiBl4azggb0/s400/aucap3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5287157285640913826" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SWkNoEHYXlI/AAAAAAAABXA/trCqNsEoCeA/s1600-h/oeuf.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SWkNoEHYXlI/AAAAAAAABXA/trCqNsEoCeA/s400/oeuf.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5289774219273985618" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Construire ensemble des maisons de bois, de neige ou de couvertures, ériger des forts ou des trônes de neige collante gardés par des bonshommes à qui on dessine d'immenses yeux verts avec du colorant à gâteau. Glisser sur la grève en cherchant les glaces transparentes pour s'en faire des fenêtres par lesquelles on s'évade encore plus loin que la ligne d'horizon. Marcher dans un champ d'oeufs d'où éclosent les algues gelées comme des centaines d'oisillons noirs. Grimper dans les sentiers de la Montagne-aux-Coyotes en raquettes en enfonçant quand même jusqu'aux genoux dans la poudreuse pailletée, s'arrêter pour souffler des confidences et faire des ronds de fumée, une mèche gelée sur le front, la sueur glissant le long du dos jusqu'à la fossette des fesses. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prendre un moment ou deux, seule sur la véranda, à regarder les geais se disputer la pitance pendant que les mésanges cabriolent dans les pins et que l'écureuil sans queue attend son tour, les bajoues encore pleines. Marcher le long de la voie ferrée jusqu'à l'ancien phare et écouter la glace gémir dans son exode forcé, pour découvrir un peu plus loin cette vieille cabane perdue dans les bois, maisonnette penchée sans porte ni fenêtres où j'ai déjà envie de t'amener. Son poêle cassé, la longue table rouge à tréteaux, la mezzanine vide et les tablettes bancales où rouillent de vieux chaudrons. La terrasse avec vue sur un des coudes du fleuve, qui nous donne l'illusion d'être juchés au-dessus d'un océan d'icebergs cassés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grand-papa D* buvant son gin devant la porte ouverte de la truie, le cigarillo fiché dans les fentes du poêle, les yeux mouillés par la boucane (ou par les sourires de ses petits enfants?), la tourtière au lièvre chassé par la Pomponne fière comme le paon, les grosses parts fumantes attaquées par les fourchettes voraces. Les scones à la confiture au bleuet de la Rousse qui laissent des moustaches de crème fouettée. La soupe qui mijote tout l'après-midi et dans laquelle on pigrasse "juste pour goûter", le chocolat chaud de 4h, les histoires du Cap qui s'éternisent dans la nuit, souvenirs de pêches miraculeuses aux capelans roulant sur la grève à l'époque où grand-père maraudait en culottes. Le vin qui coule mieux encore que la rivière, les bouchons qui sautent, le brasier dans la clairière au passage de l'année nouvelle et tous les voeux qu'on lance parmi les étincelles, pour qu'ils volent et rejoignent ainsi les fantômes qu'on délaisse pour se tourner vers demain.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-352937387121859599?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/352937387121859599/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=352937387121859599&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/352937387121859599'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/352937387121859599'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/01/au-cap-17-lan-nouveau_10.html' title='Au Cap 17: l&apos;an nouveau'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SWf_WdUIUaI/AAAAAAAABW4/hmnGe7CKocI/s72-c/aucap1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-6276031658397968261</id><published>2009-01-02T14:18:00.000-08:00</published><updated>2009-01-02T14:53:19.629-08:00</updated><title type='text'>30 décembre 1988 (ou la parole à mon frère)</title><content type='html'>Je recule quelques jours en arrière, parce que le 30 décembre est une date importante. C'était le 20e anniversaire de la mort de mon père. J'ai pensé à lui toute la journée en parcourant les champs et les bois du Cap en raquettes. Il faisait -3, la neige tombait doucement et la lumière me faisait penser à nos samedis d'enfance, quand on partait à la recherche du Village des Schtroumpfs dans la forêt près du chalet de grand-maman. La mémoire de lui ne faillira jamais. Il y a de ces deuils qu'on porte comme une grande veste confortable dont on ne veut pas vraiment se départir. Des images comme des souches, des gestes comme des racines, et des odeurs qui ressortent du néant pour aspirer nos minutes quelque part dans l'enfance, avant la brisure de terrain qui transforme ce qu'on aurait pu être en ce qu'on est devenu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Disséminés dans nos campagnes respectives, mes soeurs, mon frère et moi avons quand même fait une chaîne téléphonique pour nous sentir unis devant l'ampleur du souvenir. Quand je leur ai dit que j'avais trouvé un village des Schtroumpfs au Cap, je les ai tous sentis sourire au bout du fil. De son côté, mon frère a écrit un texte, que j'ai reçu par courriel. Je le publie ici, malgré son désir de rester anonyme. Je ne vois pas comment j'aurais pu faire autrement. C'est sa mémoire de notre histoire. Et que toutes les histoires peuvent être racontées, surtout de cette façon là. Parce que c'était exactement ça. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Soleil énorme ce jour-là, dehors les voitures avaient creusé des sillons dans la rue enneigée, des sillons dans lesquels je marchais, dans lesquels je glissais, vraiment, chaussé de patins imaginaires. &lt;br /&gt;7 :00 du matin. Mon père dans un cocon de plastique noir. La veille, mes sœurs et moi avions choisis de dormir tous ensemble, entassés les uns aux autres dans les deux petites chambres situées à l’étage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait quelque chose dans l’air cette nuit-là, un goût de métal dans l’eau du robinet, un changement dans le rythme de sa respiration, une odeur d’incendie dissimulée dans le vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À tour de rôle nous avions embrassé maman puis nous nous étions couchés, chacun montant la garde à sa façon, espérant en vain que la mort n’oserait frapper avec autant d’enfants à proximité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;7 :00 du matin. Mon père évaporé depuis l’aube. &lt;br /&gt;Je filais dans la rue comme un patineur de vitesse, comme un athlète olympique négociant sa dernière courbe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Derrière moi, les pleureuses et la confusion. Mon père dormant avec les poissons. &lt;br /&gt;L’éclat sauvage de la neige au soleil, la foule rugissante et ma spectaculaire rapidité. Derrière moi les sanglots, les soupirs, le son du tonnerre. Mon père pétrifié comme une momie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je filais vite, je respirais fort, j’avais chaud dans mon habit de neige. &lt;br /&gt;Je remportai la course, record du monde fracassé. &lt;br /&gt;Mon ami m’attendait au fil d’arrivée, m’arrachant aux journalistes et aux supporters scandant mon nom. Il m’invita chez lui pour regarder la télé et boire un chocolat chaud. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma mère me téléphona lorsque les types de la morgue furent prêts à emmener le sac de plastique contenant le corps de mon père. &lt;br /&gt;Non je n’y tiens pas. Je suis obligé d’être là? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, bien sur que non. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clac! le combiné, puis quelques secondes plus tard, ma mère se ravisa. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Viens on t’attend. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis retourné à la maison d’un pas délibérément lent, adieu compétition, adieu vitesse. &lt;br /&gt;Déjà, les journalistes s’aggloméraient autour d’un autre vainqueur : mon record du monde relégué aux oubliettes, mes pieds lourds et engourdis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la maison m’attendaient les larmes grises et les grincements de dents.&lt;br /&gt;7 :00 du matin : notre petite fin du monde, &lt;br /&gt;Notre propre raz-de-marée, un grand séisme que personne n’entendit à part nous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma mère marcherait désormais avec la colonne rompue, mes sœurs auraient les yeux cernés pendant des siècles, et j’aurais pour toujours une peur terrible de vieillir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une civière, un grand sac noir, un craquement dans la croûte terrestre. Mon père dansant sur la lune. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les couleurs vacillant doucement, perdant peu à peu de leur vigueur, le froid de l’hiver entrant par la porte ouverte, et toujours, toujours ce soleil trompeur, les cris de la foule et les pleurs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans mes pieds, mes vieux patins rouillés, mon corps éreinté, mes cils recouverts de givre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bruit d’une lame de fond, un dernier grondement :puis soudain, le silence. &lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-6276031658397968261?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/6276031658397968261/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=6276031658397968261&amp;isPopup=true' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6276031658397968261'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6276031658397968261'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2009/01/30-dcembre-1988-ou-la-parole-mon-frre.html' title='30 décembre 1988 (ou la parole à mon frère)'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-4136553638697149598</id><published>2008-12-27T06:39:00.000-08:00</published><updated>2008-12-27T13:10:45.823-08:00</updated><title type='text'>Alias Jésus</title><content type='html'>C'était il y a longtemps, quelque part en France, dans un de ces anciens trains qui relient les villages entre eux en faisant des arrêts fréquents dans les gares aux noms improbables. Je devais passer la journée en déplacement après avoir quitté un ami. J'aurais voulu que cet ami me dise de rester. J'avais le coeur gros en prenant place sur la première banquette, près de la vitre, mon sac posé sur le siège à côté de moi. Je n'avais pas envie d'être envahie par un voyageur bavard, ma seule idée étant de laisser la tristesse me quitter en regardant défiler les campagnes, mon walk man sur les oreille, le front collé à la vitre. Le train venait de quitter la gare lorsque j'ai entendu cogner à la porte vitrée qui donne sur le portique séparant les wagons. Je me suis retournée pour voir qui frappait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était un grand énergumène roux qui gesticulait en riant de tous ses chicots noircis. Il portait une barbe pelée, un chapeau de feutre mou orné d'une plume rouge et de dizaines de pins, un imperméable aux épaules tombantes, les coudes rapiécés, un mince foulard noué de travers autour du cou. Il me faisait signe de le rejoindre. Il avait l'air de ne pas avoir toute sa tête, aussi je me suis vite retournée pour replonger dans mes pensées, les genoux appuyés sur dossier du banc devant moi. Il a cogné à nouveau avec insistance. J'ai pivoté vers lui avec mon regard des mauvais jours dans l'intention de lui dire de me laisser tranquille. Il levait vers moi une coupe de vin au pied cassé et tenait dans l'autre main une bouteille de pinard entamée. Il souriait toujours et il me criait de le rejoindre. Son sac était posé à ses pieds et il chancelait d'ivresse autant qu'à la force des oscillations du train qui avait pris son allure. J'ai hésité une seconde. Sa bouille ne me disait rien qui vaille mais comme j'étais jeune et folle, que j'étais triste et que je m'efforçais de ne passer à côté de rien, j'ai pris mon sac et j'ai traversé la porte vitrée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Salut la voyageuse, tu veux du pinard?&lt;br /&gt;Et sans attendre ma réponse, il a sorti une autre coupe de sa poche. &lt;br /&gt;- Je sais quand même recevoir les dames! Je ne te donnerai pas la coupe cassée. Allez, bois, ça te fera du bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous nous sommes assis par terre dans le hall. Les passagers qui voulaient aller aux toilettes devaient contourner ses longues jambes étendues devant lui. Il portait un pantalon brun très élimé et des godasses en cuir aux semelles écorchées. Ses lacets étaient cassés. Il ne cessait d'interpeller tout le monde d'une voix gaie en levant sa main aux doigts jaunis par le tabac à rouler. Il sentait l'humidité et la sueur. Ses cheveux mi-longs s'échappaient de son chapeau en mèches graisseuses. Le vin était bon. Il me resservait dès que ma coupe était à moitié vide, et il ne cessait de parler en me fixant de ses yeux pairs. Ses joues rosissaient et il s'approchait souvent de mon visage en me confiant sa vie d'une voix forte pour couvrir le bruit des rails. Il disait s'appeler Jésus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il portait un chapelet autour du cou et ses poches étaient pleines de médailles de la Vierge et des Saints. Il parcourait la France depuis tant d'années qu'il en avait perdu le compte. Il s'affiliait parfois aux groupes de SDF qui dorment entassés sous les ponts ou dans les ruelles. Souvent, il s'abritait dans les granges ou dans les monastères qui voulaient bien l'accueillir. Il ne m'a pas dit de quoi il vivait, il m'a seulement dévoilé que tout ce qu'il possédait était entassé dans son sac marin. Il m'a demandé pourquoi j'étais partie de chez moi. Il disait que même avec mes tresses et mes pantalons kakis, je ressemblais à une gosse de riche. Il ne comprenait pas ce que j'étais venue chercher en voyage, pourquoi j'étais partie toute seule ni ce que je voulais me prouver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu as l'air triste, mignonne. Et en plus, tu ressembles à une tortue avec ton sac. On dirait que ta carapace est trop grande pour toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait bien raison. À ce moment là, ma carapace était trop grande. Et trop lourde. Je cherchais à me sortir de ma vie pour mieux y revenir, débarrassée de ces cailloux que j'avais l'impression d'avoir accumulé sur mon parcours. J'étais partie pour faire le ménage et quitter ma zone de confort. Je cherchais quels étaient mes essentiels et de quoi j'étais faite. Lorsque je lui ai raconté ça, il a rigolé: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu viens de foutre dans la misère par exprès alors que moi, je donnerais tout pour m'en sortir, de cette vie de merde. Faut croire qu'on n'est jamais content!&lt;br /&gt;Regarde toi. Tu es assise là à boire à 10h du mat' dans le hall d'un wagon. Tu vois comment les gens te regardent? Ils te regardent de la même façon que moi; avec un air dégoûté, et même parfois de la peur. Et ça, c'est quand ils ne nous ignorent pas carrément. Tu te sens comment en ce moment? Tu es bien? Tu es heureuse? Tu te sens à ta place?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité, c'est que j'avais remarqué. Les regards dédaigneux, les détours qu'ils prenaient pour ne pas trop s'approcher, l'indifférence, parfois même la colère. Je prenais l'attitude des gens comme une expérience, mais cela m'atteignait quand même. Je me disais que "Jésus" vivait ce rejet tous les jours et que ça me ferait sûrement du bien de le ressentir un peu. Je voulais vivre cette curieuse rencontre jusqu'au bout, alors je suis restée avec lui toute la journée. Nous avons changé de train trois fois. Nous en étions à notre deuxième bouteille à midi, et Jésus chantait à pleine voix dans les gares. Les autres paumés venaient lui quémander des clopes qu'il roulait volontiers en papotant. Son haleine empestait la vinasse mais il riait tellement que je ne pouvais m'empêcher de rigoler de ses bêtises. Les femmes passaient loin de nous et j'ai surpris maintes fois leurs oeillades remplies de pitié. Le chef de gare est même venu nous avertir de nous calmer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la fin de l'après-midi, alors que nous approchions de notre destination, je lui ai demandé son vrai prénom. Il m'a demandé le mien. Puis il a ouvert ma paume, a pris deux de ses pins sur son chapeau et une médaille religieuse dans sa poche. Il m'a dit:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ça, ma puce, c'est en souvenirs de moi. Je veux que tu te rappelles de Jésus et de la journée qu'on a passé ensemble. La médaille, c'est pour te protéger. Tu as eu du bol de tomber sur moi, mais fais gaffe. Ce n'est pas tout le monde qui te voudra du bien. J'ai eu de la veine moi aussi de te rencontrer. Je ne t'oublierai pas. Mais si tu veux un conseil, allège vite ton sac et rentre chez toi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai accroché les pins sur mon bonnet et j'ai enfoui la médaille dans ma poche. Il m'a aidé à descendre du train, puis il m'a pris les épaules et a posé deux bises sonores sur mes joues. Sa barbe était mousseuse. Il a serré brièvement mon bras et il est parti en chancelant sur le quai. Je l'ai regardé jusqu'à ce qu'il traverse les portes, puis j'ai soupiré de soulagement. J'avais passé une drôle de journée. Il fallait que je mange et que je prenne une douche. Depuis qu'il était parti, les gens ne me regardaient plus de la même façon. J'étais redevenue moi-même, sans l'aura de misère qui s'évadait de lui pour nous entourer. J'étais triste de le constater. Je ne l'ai jamais oublié. Chaque fois que mon sac est trop lourd, je pense à lui. J'espère qu'il est toujours en vie, et qu'il s'est trouvé un endroit où vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son vrai nom était Jean-Claude.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-4136553638697149598?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/4136553638697149598/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=4136553638697149598&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4136553638697149598'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4136553638697149598'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/12/alias-jsus.html' title='Alias Jésus'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-6984329264993495995</id><published>2008-12-22T18:13:00.000-08:00</published><updated>2008-12-23T10:17:18.184-08:00</updated><title type='text'>Au Cap 16: La tempête</title><content type='html'>Je suis allée au Cap toute seule avec mon ami B*, sa douce étant retenue par le travail et les enfants en week-end aux quatre vents. Quand nous sommes entrés, il faisait -1 dans la maison. Par conséquent, les tuyaux étaient gelés. Nous avons fait fondre des grandes chaudrées de neige pour dégeler les robinets, en croisant les doigts pour que la tuyauterie tienne le coup et qu'elle ne soit pas condamnée à exploser en créant une inondation dans la cave. Ou pire. Qu'il n'y ait pas d'eau du tout pour les ablutions de la visite attendue au jour de l'an. La truie a mis plus de 4h à réchauffer un tant soit peu les chambres et les roches-de-lits. Nous avons mangé nos homards avec des mitaines, la musique de Pacifica en trame de fond, nos tuques sur la tête et deux bouteilles de vin qu'on a bues les pieds sur la porte du four ouverte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre mission de la fin de semaine était de boucher les trous, sabler et mettre la couche d'apprêt sur les murs de la salle de bain nouvellement refaite. Après une dure journée de labeur, le corps blanc et jaune de poussière de peinture, les cheveux sales, la peau maculée de potée et de sueur, j'ai voulu me laver dans la nouvelle douche; pas d'eau chaude. ARGH! COMMENT ÇA, STIE??? Descend à la cave voir les fusibles du chauffe-eau. Monte ouvrir les robinets du haut. Fait couler le robinet de la cuisine. L'eau chaude coulait partout sauf dans la salle de bain où je venais de travailler de longues heures. S'il faut ouvrir les murs, je vous promets que je hurle. Mais bon. Paraît que les maisons de campagne sont pleines de surprises et qu'il faut les aimer, en faire notre pain quotidien et les encaisser sans broncher. Comme se plaît à dire mon ami B*: on apprend à connaître notre maison. Il n'a pas tort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi, nous avons été avisés de la tempête à venir par la douce, inquiète de nous savoir sur la route du retour. B* et moi n'avons échangé qu'un seul coup d'oeil pour déterminer de concert que nous serions (volontairement) pris dans la tempête, au Cap. La maison avait atteint la température respectable de 25 degrés (la truie était en feu!), nous étions allés au ravitaillement (après avoir boosté la Corolla qui s'était étouffée dans le banc de neige), les steaks marinaient, un gratin dauphinois cuisait lentement sur le poêle et nos gin tonics se laissaient boire tous seuls. C'est donc sur des airs du sud que nous avons attendu les premiers grains de la tempête. Après le souper, il nous a bien fallu constater que le tempête rageait partout ailleurs, sauf chez nous; les montagnes aux coyotes nous protégeaient du vent qui venait de l'ouest. On aurait dit qu'une géante passait la neige au tamis. Il n'y avait que de fins tourbillons de poudreuse, quelques rideaux de flocons plus compacts qui s'étalaient paresseusement sur la route, un silence piquant la nuque, et la lueur des réverbères appelant nos pas sur la route recouverte de sucre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai dormi 3 nuits le ventre collé sur la grosse roche ronde, sous la couette de plume offerte par la mamie. Je suis allée voir ma rivière, la grève où grondaient les glaces compactes charriées par la marée, j'ai cuisiné de bons petits plats pour mon ami et j'ai travaillé fort. La lumière dont j'avais besoin était là. La tristesse d'avant Noël a été emportée par le Cap.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SVBJ4EB58GI/AAAAAAAABVo/3wRqiHP_RUI/s1600-h/au+cap+2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SVBJ4EB58GI/AAAAAAAABVo/3wRqiHP_RUI/s400/au+cap+2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5282803590408826978" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SVBJ3fiIU-I/AAAAAAAABVg/OXDvdEv9-Ec/s1600-h/au+cap.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SVBJ3fiIU-I/AAAAAAAABVg/OXDvdEv9-Ec/s400/au+cap.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5282803580611875810" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SVBXvLqs15I/AAAAAAAABVw/cTUqgv2zpg4/s1600-h/au+cap+3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SVBXvLqs15I/AAAAAAAABVw/cTUqgv2zpg4/s400/au+cap+3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5282818831002949522" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SVBXvUzTZxI/AAAAAAAABV4/2d0f8EDV2Ec/s1600-h/au+cap+4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SVBXvUzTZxI/AAAAAAAABV4/2d0f8EDV2Ec/s400/au+cap+4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5282818833454950162" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-6984329264993495995?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/6984329264993495995/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=6984329264993495995&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6984329264993495995'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6984329264993495995'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/12/au-cap-la-tempte.html' title='Au Cap 16: La tempête'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SVBJ4EB58GI/AAAAAAAABVo/3wRqiHP_RUI/s72-c/au+cap+2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-4419311328745879668</id><published>2008-12-17T17:23:00.000-08:00</published><updated>2008-12-17T19:35:23.133-08:00</updated><title type='text'>Confidence</title><content type='html'>Il est 20h et je viens de finir de ranger ma cuisine. J'en ai encore trop fait; je n'arrive jamais à cuisiner seulement pour moi. J'ai avalé mon succulent sauté de poulet asiatique en 10 minutes, avec &lt;em&gt;La cité des jarres &lt;/em&gt;(Arnaldur Indridason, coll. Points) ouvert devant moi. Je regarderai les restes, demain, je n'aurai pas envie de les faire réchauffer, je serai dégouttée après-demain et je jetterai le tout la semaine prochaine. Depuis quelques mois, je trouve ma table de cuisine trop grande. Je l'avais choisie immense pour recevoir plein d'amis et ma famille mais on est encore obligés de rajouter une table des enfants tout au bout. Et je ne reçois pas grand monde, finalement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Debout devant le comptoir, j'ai regardé mon sapin d'un angle nouveau, pour constater qu'il a la forme d'une crevette. Je l'ai fait avec ma mère dimanche, Aretha dans le piton et une bouteille de blanc dès 11h58 (je n'avais pas envie d'attendre midi). Elle était là, ma mère, légère, le cheveux argenté, les joues rosies par la marche dans le froid, pimpante et joyeuse. Ravie de venir m'aider. Elle a réchauffé le sapin avec mon séchoir à cheveux pour le faire dégeler. Le tronc glacé suintait sur les lattes du plancher en exhalant une odeur de résine dans la salle à manger. Nos mains étaient collantes et les aiguilles adhéraient à nos chaussettes en nous piquant la plante des pieds. Dans la crèche, pour faire rire les mômes, on a ajouté une truie aux multiples pis, un mini-tricératops, une cocotte recouverte de peinture brillante, un cheval, un joueur de cornemuse barbu habillé de vieux pantalons bruns et casqué d'un improbable chapeau orné d'une plume rigide. Jésus a le visage délavé. C'est un vieux bébé. Il date de mon enfance, je l'ai récupéré lors du grand ménage qui a précédé la vente de la maison familiale. Il est trop gros, pour un bébé. Mais il est blond dans ses langes, on le couche dans un lit de paille et mes nièces farfouillent sous le sapin dès qu'elles entrent chez moi pour le trimballer partout où elles vont. J'ai eu envie de rajouter un lapin bleu en caoutchouc désarticulé, mais je me suis dit que ça ne serait pas crédible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce moment, c'est à leurs rires qu'il faut que je pense. À leurs rires et à ceux de mes neveux, de la Pomponne, de mon Nico, aux bras de mes amies La Moritche et M*, à Basse, au repas de Noël à préparer avec maman, aux cadeaux que je leur ferai et à ce texte que j'ai commencé (en secret) et qui pourrait peut-être devenir quelque chose d'autre qu'un brouillon dans mon ordi. Ce soir j'ai de la peine pour plusieurs raisons. Mais comme j'ai voulu que ce blog soit lumineux, qu'il parle d'amour, de l'humanité, des moments riches qu'on vit même quand on trébuche, des bonheurs simples et des personnages qui vivent dans ma tête, je ne dirai pas pourquoi. Il me suffit de la ressentir et de la laisser passer. Ma tristesse d'avant Noël. Et de la dissiper dans les lumières, parce que c'est là qu'elle trouve toujours son antipode. Et sa panacée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SUm-w84ICUI/AAAAAAAABVY/FmK6XXgaM24/s1600-h/lumi%C3%A8re.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SUm-w84ICUI/AAAAAAAABVY/FmK6XXgaM24/s400/lumi%C3%A8re.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5280961786253150530" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-4419311328745879668?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/4419311328745879668/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=4419311328745879668&amp;isPopup=true' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4419311328745879668'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4419311328745879668'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/12/confidence.html' title='Confidence'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SUm-w84ICUI/AAAAAAAABVY/FmK6XXgaM24/s72-c/lumi%C3%A8re.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-2833419351640364658</id><published>2008-12-14T16:01:00.000-08:00</published><updated>2008-12-14T16:34:21.458-08:00</updated><title type='text'>Minuit</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SUWe14NRyOI/AAAAAAAABVQ/7D3nVjw2eGg/s1600-h/ciel2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SUWe14NRyOI/AAAAAAAABVQ/7D3nVjw2eGg/s400/ciel2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5279800786620106978" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SUWe1ZLn-KI/AAAAAAAABVI/B-IPFQz19f8/s1600-h/ciel1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SUWe1ZLn-KI/AAAAAAAABVI/B-IPFQz19f8/s400/ciel1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5279800778291673250" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin je l'ai capturée, la lune pleine, à travers la vitre de ma fenêtre pentue. Elle m'a gardée hors du lit, frissonnante les épaules nues, j'ai pris un bain dans le halo. Les yeux mi-clos comme dans une mousse qui sent la résine fraîche, debout dans la lumière, les pieds perchés sur un tabouret. Pour être plus près.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-2833419351640364658?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/2833419351640364658/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=2833419351640364658&amp;isPopup=true' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2833419351640364658'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/2833419351640364658'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/12/minuit.html' title='Minuit'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SUWe14NRyOI/AAAAAAAABVQ/7D3nVjw2eGg/s72-c/ciel2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7540484677648699315</id><published>2008-12-13T14:03:00.000-08:00</published><updated>2008-12-13T14:52:28.227-08:00</updated><title type='text'>Quelle horreur!</title><content type='html'>Jeudi soir, après avoir mis 4h15 à me rendre de Victo à Montréal (stie!), je déambulais lourdement chargée sur la 5e avenue, en glissant sur les trottoirs glacés. Je pestais intérieurement, courbaturée de partout et impatiente d'arriver à bon port pour enfin me délester de la lassitude de la route. En passant devant un bloc près de Laurier, j'ai senti l'odeur âcre de brûlé. J'ai plissé le nez en tournant la tête de tous les côtés pour en trouver la source. Rien. Je me suis dit que quelqu'un avait fait cramer sa pizza et j'ai continué ma route. Mais à peine avais-je franchi quelques maisons, un camion de pompier est arrivé toutes sirènes hurlantes. Je me suis retournée et j'ai vu la fumée sortir des fenêtres; j'étais tellement affamée et à boutte que j'ai haussé les épaules et j'ai continué ma route jusque chez ma bonne amie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain matin, cinq ou six camions de l'identité judiciaire bloquaient la rue. Mon amie m'a fait remarquer qu'il devait y avoir eu autre chose qu'un banal incendie. Elle a dit: "On dirait une scène de crime."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Effectivement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'odeur indéfinissable que j'avais sentie était le corps carbonisé &lt;a href="http://www.canoe.com/infos/societe/archives/2008/12/20081213-072606.html"&gt;d'une jeune femme assassinée.&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis très troublée d'avoir été à cet endroit à ce moment.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7540484677648699315?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7540484677648699315/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7540484677648699315&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7540484677648699315'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7540484677648699315'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/12/quelle-horreur.html' title='Quelle horreur!'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-4295850037930459126</id><published>2008-12-09T20:28:00.001-08:00</published><updated>2008-12-09T20:44:49.291-08:00</updated><title type='text'>Miroir 1</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ST9Gd0fymuI/AAAAAAAABVA/g8Kr8eB_-TU/s1600-h/miroir4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ST9Gd0fymuI/AAAAAAAABVA/g8Kr8eB_-TU/s400/miroir4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5278014766423644898" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ST9FjxgaTJI/AAAAAAAABUo/YEQYzYWjYFE/s1600-h/miroir1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ST9FjxgaTJI/AAAAAAAABUo/YEQYzYWjYFE/s400/miroir1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5278013769188527250" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ST9FkoxfvgI/AAAAAAAABU4/BcpWMGTbU08/s1600-h/miroir3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ST9FkoxfvgI/AAAAAAAABU4/BcpWMGTbU08/s400/miroir3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5278013784024137218" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la rigolade, un jeu de miroir avec notre &lt;a href="http://roulerosieroule.blogspot.com/2008_12_01_archive.html"&gt;Mac et sa Gatchu&lt;/a&gt;&lt;a href="http://roulerosieroule.blogspot.com/2008_12_01_archive.html"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://roulerosieroule.blogspot.com/2008_12_01_archive.html"&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://roulerosieroule.blogspot.com/2008_12_01_archive.html"&gt;&lt;/a&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-4295850037930459126?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/4295850037930459126/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=4295850037930459126&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4295850037930459126'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4295850037930459126'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/12/miroir-1.html' title='Miroir 1'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/ST9Gd0fymuI/AAAAAAAABVA/g8Kr8eB_-TU/s72-c/miroir4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-4305896211006906496</id><published>2008-12-08T18:52:00.000-08:00</published><updated>2008-12-10T20:51:54.881-08:00</updated><title type='text'>Sans titre</title><content type='html'>La nuit dernière, il s'est passé quelque chose de très étrange. Il ventait si fort que les craquements du toit et le bruit des objets qui se déplaçaient sur mon balcon m'ont réveillée plusieurs fois. J'entendais distinctement le sifflement de l'air passer dans l'interstice (gros comme mon petit doigt) des vieilles fenêtres à carreaux de ma chambre. Je me suis dit qu'il était grand temps que je calfeutre tout ça. Juste avant mon deuxième éveil, je rêvais que j'écrivais. Un roman pour ados. Et j'écrivais réellement dans ma tête, même éveillée, les phrases naissaient du trouble de ma nuit, de la noirceur, du creux de mon oreiller. J'écrivais et je me disais qu'il fallait que je me lève pour noter les phrases qui venaient enfin, au moins un mot, une idée, un lien, au moins la trame, je me disais qu'il fallait que je soulève la couette et que je pose mes pieds sur le plancher froid. Je n'aurais même pas eu à allumer la lumière, juste à prendre le carnet sur le bout de mon long bureau et ce stylo posé à côté. Mais je ne l'ai pas fait à cause de la peur et de la solitude, à cause du vent qui me donnait l'impression de toucher l'essentiel et de la crainte de rompre le charme, de couper le fil. La certitude que j'allais me souvenir au réveil m'a fait me retourner et coincer ma tête sous le drap rouge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai cherché l'idée sous la douche, statique sous l'eau brûlante. Puis dans mon café en tournant une mèche d'un air absent. En marchant jusqu'au bureau de vote dans l'air glacial, puis entre chaque chapitre du roman que j'ai dévoré ce soir, quand trop ivre des mots je levais les yeux sur la ville cristallisée. Rien à faire, je ne la retrouve pas. Mon idée. Elle est partie avec le vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aurais donc dû me lever. Je me sens dépossédée d'un songe qui aurait pu être une clé.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-4305896211006906496?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/4305896211006906496/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=4305896211006906496&amp;isPopup=true' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4305896211006906496'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4305896211006906496'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/12/sans-titre.html' title='Sans titre'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-6080471943494595492</id><published>2008-12-07T07:08:00.000-08:00</published><updated>2008-12-07T08:32:48.537-08:00</updated><title type='text'>Un soir à l'opéra</title><content type='html'>J'aurais bien aimé être à Paris ou New York pour mon premier Gala de l'Opéra. J'aurais pu mettre une robe de soirée noire à crinoline. Je me serais fait relever les cheveux et au bras de ma mie, nous aurions marché gracieusement en distribuant les sourires jusqu'aux serveurs en queues-de-pie qui nous auraient offert le champagne avant l'ouverture des portes. J'aurais eu besoin de minuscules jumelles pour observer de plus près les visages des violonistes, puis ceux des chanteurs alignés solennellement tout au fond de la scène. J'aurais pu mieux distinguer les doigts fins de la harpiste pincer les cordes; le mouvement de son poignet avait l'air gracieux et de loin, j'aimais la voir poser ses paumes bien à plat sur les cordes pour en arrêter les vibrations. Je m'imaginais qu'elle emmagasinait dans ses mains les notes étouffées, et qu'elles devaient ressortir sur la peau de ses enfants quand elle va les border en leur touchant le front. Je n'avais point de jumelles aussi je me suis concentrée sur l'ensemble; je ne me souvenais pas à quel point la musique symphonique s'empare de mon corps. À maintes reprises je me suis envolée sur les notes égrenées des violons. La flûte traversière m'apparaissait comme étant la voix enjôleuse d'une amante éperdue, d'une fillette chantant dans la nef ouverte d'une église, l'écho de voix prenantes, cristallines, émouvantes des notes émergeant du silence comme des mains qui s'approchent pour caresser les cheveux fins sur la nuque et les faire se dresser. Les vents s'immisçaient entre le coeur et le ventre pour gonfler la respiration jusqu'au soupir de beauté qu'il faut expulser pour mieux laisser entrer l'air; souvent le souffle en suspend sur le crescendo d'un duo de femmes ou à cause du jeu de ce baryton qui semble crier son amour à une maîtresse absente. Ou morte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le drame sous-jacent dans les yeux de la délicate soprano (dont je suis tombée amoureuse) vêtue d'une robe de sirène magenta, son écharpe ouverte comme des ailes sur ses bras étendus, qui semblent prendre la foule à témoin d'un désespoir voulant à tout prix s'exprimer dans les aigus de sa souffrance. Je regardais le corps des chanteurs servir de caisse de résonance à leur voix. L'air qui descend jusqu'au bas du ventre lorsqu'il faut que les notes se rendent jusqu'à la dernière rangée des balcons, les jambes solidement ancrées à la scène pour propulser l'émotion. Les mains sur le coeur ou sur les hanches, la paume glissant lentement sur la cuisse quand il fallait moduler les intonations. Leur corps était la musique. J'étais transportée. La musique me jetait des images à la figure; je ne saurais les énoncer avec précision maintenant puisqu'elles venaient et repartaient aussi vite, comme les images d'un rêve qui s'évadent dès le réveil sans qu'on puisse les retenir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'étais ni à Paris ni à New York pour ma première soirée à l'opéra. Mon amie et moi étions probablement les plus jeunes de la foule. Nous nous sommes amusées à observer les spectateurs cossus en commentant(évidemment)les coiffures laquées, les visages poudrés et l'allure engoncée de certaines femmes au regard sévère, le cou dissimulé par leur foulard de soie. L'amalgame des parfums était particulièrement étouffant. Je m'attendais à ce que le vieil homme assis à côté de moi pique du nez dès les premières notes. Curieusement, c'est ma mie qui cognait des clous, bercée par la symphonie et bordée par la chaleur ambiante. Elle m'a avoué à l'entracte avoir rarement aussi bien dormi. Elle entendait la musique de loin et s'éveillait en se redressant d'un coup, juste à temps pour les applaudissements. Elle en a cependant vu assez pour que nous puissions partager nos impressions sur la route du retour, pendant que nous marchions lentement vers la maison. Mon ravissement s'est prolongé jusque tard dans la nuit. J'ai eu du mal à faire taire la musique qui vivait encore dans ma tête.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-6080471943494595492?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/6080471943494595492/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=6080471943494595492&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6080471943494595492'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6080471943494595492'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/12/un-soir-lopra.html' title='Un soir à l&apos;opéra'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-3761813164360003290</id><published>2008-12-04T14:40:00.001-08:00</published><updated>2008-12-04T14:45:03.342-08:00</updated><title type='text'>Urgence vestimentaire!</title><content type='html'>Ma meilleure amie M* m'a invitée à l'accompagner au Gala de l'opéra samedi soir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas du tout comment m'habiller pour aller à l'opéra, qui plus est si j'accompagne ma mie qui me présentera à ses clients et fournisseurs. Vous avez des idées, les filles?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-3761813164360003290?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/3761813164360003290/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=3761813164360003290&amp;isPopup=true' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/3761813164360003290'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/3761813164360003290'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/12/urgence-vestimentaire.html' title='Urgence vestimentaire!'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7635201109244969356</id><published>2008-12-02T05:46:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T05:50:18.070-08:00</updated><title type='text'>Au large</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STU8wUvzmpI/AAAAAAAABUg/ZUb3p8F-Kmo/s1600-h/DSC04460.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STU8wUvzmpI/AAAAAAAABUg/ZUb3p8F-Kmo/s400/DSC04460.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5275189339435014802" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STU8XIarNvI/AAAAAAAABUY/rXbXVQqh2w4/s1600-h/DSC04454.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STU8XIarNvI/AAAAAAAABUY/rXbXVQqh2w4/s400/DSC04454.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5275188906628429554" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7635201109244969356?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7635201109244969356/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7635201109244969356&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7635201109244969356'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7635201109244969356'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/12/au-large.html' title='Au large'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STU8wUvzmpI/AAAAAAAABUg/ZUb3p8F-Kmo/s72-c/DSC04460.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-6490982225476331436</id><published>2008-11-30T18:30:00.000-08:00</published><updated>2008-11-30T20:12:52.448-08:00</updated><title type='text'>Au Cap 15: Promenade dominicale (dans la croustillance)</title><content type='html'>J'ai testé mes nouvelles bottes lunaires (achetées au rayon enfant, c'est un avantage inhérent) sur la nouvelle neige collante du Cap. D'abord avec la Pomponne pour faire naître le premier bonhomme de neige bancal (qu'elle a voulu appeler Akon). Nous l'avons coiffé du vieux feutre noir de Roland. Galets pour les yeux et la bouche, crayon de bois pour le nez, poivron rouge taillé en coeur pour faire beau. Foulard rayé bleu et blanc autour de son gros cou, branches maigres pour les bras, que nous avons judicieusement orientés vers le ciel. Il se dresse en bordure de la route près du champ de fleurs sauvages et il semble sautiller en disant: "COUCOU!" d'un air ahuri. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNkMc9a_bI/AAAAAAAABUQ/lhyPJ9uzjoQ/s1600-h/DSC04938.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNkMc9a_bI/AAAAAAAABUQ/lhyPJ9uzjoQ/s400/DSC04938.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274669753676004786" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis je les ai chaussées à nouveau après le souper pour suivre la smala à la chasse au tremble de Noël sous un ciel plombé de millions d'étoiles. Couchées dans la clairière, nous cherchions les cerfs-volants, les ourses, les satellites et les regards de nos parents disparus. Pendant ce temps, l'ado maniait la hache en ahanant sous l'oeil avisé de son père. Nous avons ramené notre arbre à la maison en le tenant tous les 5 à bout de bras, puis nous sommes allés sur la grève à la recherche de grosses roches rondes à faire chauffer sur la truie pour les glisser entre les draps. Les pieds sur la pierre brûlante, on s'endort très vite, alangui par la tiédeur qui s'étend comme le corps très chaud d'un amant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est dimanche après-midi que je me suis enfoncée toute seule dans la forêt pour longer ma rivière et chercher les traces des coyotes et des chevreuils. J'ai plutôt suivi celles du gros renard roux qui est apparu samedi, à l'aube. En rentrant de ma balade, je me suis assise sur la véranda pour fumer une cigarette en regardant tranquillement le fleuve. L'Ermite est passé en voiture devant la maison. Il a klaxonné et m'a fait un salut de la main. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNRS2ROleI/AAAAAAAABUI/z6EqhU-hd1c/s1600-h/DSC04971.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNRS2ROleI/AAAAAAAABUI/z6EqhU-hd1c/s400/DSC04971.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274648972828251618" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNP-60PTfI/AAAAAAAABT4/2a_xRFZkNNE/s1600-h/DSC04967.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNP-60PTfI/AAAAAAAABT4/2a_xRFZkNNE/s400/DSC04967.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274647530939829746" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNP-UJ_BJI/AAAAAAAABTw/olALgmyM6yo/s1600-h/DSC04965.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNP-UJ_BJI/AAAAAAAABTw/olALgmyM6yo/s400/DSC04965.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274647520562054290" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNP98loICI/AAAAAAAABTo/5mxsq-Kdyxs/s1600-h/DSC04963.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNP98loICI/AAAAAAAABTo/5mxsq-Kdyxs/s400/DSC04963.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274647514235543586" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNP9mhOCKI/AAAAAAAABTg/S7nj7HMIQuk/s1600-h/DSC04951.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNP9mhOCKI/AAAAAAAABTg/S7nj7HMIQuk/s400/DSC04951.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274647508311476386" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNQFpqic6I/AAAAAAAABUA/mq-niVLv2p4/s1600-h/DSC04972.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNQFpqic6I/AAAAAAAABUA/mq-niVLv2p4/s400/DSC04972.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274647646594823074" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-6490982225476331436?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/6490982225476331436/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=6490982225476331436&amp;isPopup=true' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6490982225476331436'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/6490982225476331436'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/11/au-cap-15-promenade-dominicale-dans-la.html' title='Au Cap 15: Promenade dominicale (dans la croustillance)'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/STNkMc9a_bI/AAAAAAAABUQ/lhyPJ9uzjoQ/s72-c/DSC04938.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-1459400795518279185</id><published>2008-11-28T13:39:00.000-08:00</published><updated>2008-11-28T13:52:49.380-08:00</updated><title type='text'>Au Cap 14: D'un ermite</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSwGhAe6gqI/AAAAAAAABSo/io6Gk6MbQeQ/s1600-h/3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSwGhAe6gqI/AAAAAAAABSo/io6Gk6MbQeQ/s400/3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5272596427879121570" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSwGgQ57XKI/AAAAAAAABSY/u0vo1yWS2uc/s1600-h/1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSwGgQ57XKI/AAAAAAAABSY/u0vo1yWS2uc/s400/1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5272596415107521698" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSwGgn98S2I/AAAAAAAABSg/H_JCglUQVWU/s1600-h/2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSwGgn98S2I/AAAAAAAABSg/H_JCglUQVWU/s400/2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5272596421298375522" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas pourquoi ces bosquets dans le couchant me font penser à lui. Peut-être parce que sa solitude ressemble aux ciels de fin de journée, quand la lumière mélancolique découpe les arbres dans l'ombre. Son visage est celui de l'automne tardif lorsque le piquant de l'air laisse présager de la première neige. Impossible de dire son âge; il pourrait avoir 60 ans autant que 80. On ignore encore les effets du vent salin sur la peau d'un homme ayant vécu au Cap toute sa vie, les traces laissées par une vie ascétique et les ravages inévitables d'un cancer qui le ronge depuis un moment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l'instar de notre Roland, l'Ermite a choisi de s'ancrer à la nature et aux bêtes davantage qu'aux Hommes. Il parcourt ses 32 arpents de terre d'un long pas, le dos légèrement voûté sous sa Canadienne. Il n'est plus que l'ombre de lui même, si maigre qu'on dirait un épi desséché qu'on arriverait à broyer dans le poing. Son épaisse tignasse rappelle les cheveux d'Elvis, sculptés en vagues sombres sur les tempes et le front. Ses traits sont encore bien découpés sous la peau burinée; on peut imaginer quel jeune homme séduisant il a dû être à l'époque où nous n'étions encore que des enfants. Maintenant, son sourire est édenté, son élocution hasardeuse et ses yeux enfouis. Ou enfuis, sous des sourcils épais comme des taillis de garenne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la grande baie du salon je regarde parfois les maisons voisines plongées dans la pénombre depuis que leurs habitants ont déserté pour l'hiver. On ne voit que l'unique lumière de sa maison-roulotte briller dans le champ de droite. Cette petite lueur tremblotante me plonge dans une sorte tristesse pour l'univers qu'il habite, que j'imagine désolé et exempt de tout ce qui fait la richesse d'une vie. Je ne sais pas quels sont ses plaisirs ni ce qu'il peut bien avoir à se raconter en lui-même. Se contenter de si peu est bien loin de mes idéaux, aussi je n'arrive pas à comprendre ce qui fait qu'on se replie sur soi avec pour seule compagnie une meute de chats. Le pire, c'est que des 42 félins qui partageaient son toit, seuls 7 d'entre eux ont survécu à l'appétit des coyotes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il l'a raconté de vive voix à mes amis M* et B*, qui ont poussé la ballade jusqu'à sa porte en fin de semaine dernière. Ils ont bien senti que c'est un dur coup du sort pour lui. Ils lui ont tendu la main, bien sûr, ne serait-ce que pour qu'il sache qu'il ne sera pas seul au Cap quand la neige aura tout enseveli. Mais il est si peu habitué à la commisération et à la gentillesse que le malaise s'est insinué entre eux en bafouillant. Nous sommes inquiets de le savoir malade dans un endroit si isolé, et curieux d'entendre ce qu'il pourrait nous raconter sur l'histoire du domaine. J'espère que nous saurons comment l'approcher à nouveau.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-1459400795518279185?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/1459400795518279185/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=1459400795518279185&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1459400795518279185'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1459400795518279185'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/11/au-cap-14-dun-ermite_28.html' title='Au Cap 14: D&apos;un ermite'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSwGhAe6gqI/AAAAAAAABSo/io6Gk6MbQeQ/s72-c/3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-605613151232769264</id><published>2008-11-24T14:25:00.000-08:00</published><updated>2008-11-24T14:26:31.895-08:00</updated><title type='text'>Au Cap 13: D'une rivière, encore...</title><content type='html'>Elle a bien préparé son coup, la p'tite. Elle a profité de notre absence pour se vernir et s'encolleter de frisons givrés. Brillant. On ne voyait qu'elle à travers les arbres morts. Elle et ses foulards de plumes blanches, ses bonnets ronds et ses colliers transparents, déposés sur les berges étrécies. Après 5 semaines loin d'elle, je l'ai retrouvée en frissonnant de grippe autant que de froid. Mes semelles craquaient sur les galets glacés du sentier pendant que soufflait dans mon cou le vent fou des montagnes. Aller la voir est la seule concession que j'ai faite à mon désir de rester calfeutrée près de la truie, les pieds au chaud dans mes gros bas de laine. J'allais au Cap pour ne rien faire, sinon dormir et lire. Et retrouver mes amis M* et B*, dont le babillage décousu (mais fort divertissant) et les bras indispensables me manquaient. Je suis allée les chercher en gambadant pour qu'ils viennent voir la procession de fantômes qui sortaient du petit rebond sous le gros tronc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSnxBru70VI/AAAAAAAABR4/SgU5c43_47k/s1600-h/4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSnxBru70VI/AAAAAAAABR4/SgU5c43_47k/s400/4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5272009850035622226" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSnxB0_gYSI/AAAAAAAABSA/OECOdqsYsyQ/s1600-h/5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSnxB0_gYSI/AAAAAAAABSA/OECOdqsYsyQ/s400/5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5272009852521046306" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSnxA9r-TNI/AAAAAAAABRo/nYfzBiR3i2I/s1600-h/2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSnxA9r-TNI/AAAAAAAABRo/nYfzBiR3i2I/s400/2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5272009837675171026" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSoOTkHZPFI/AAAAAAAABSI/5S2VwSb3EMo/s1600-h/6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSoOTkHZPFI/AAAAAAAABSI/5S2VwSb3EMo/s400/6.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5272042043065580626" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSnxBMj0NqI/AAAAAAAABRw/mcKju5F466Y/s1600-h/3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSnxBMj0NqI/AAAAAAAABRw/mcKju5F466Y/s400/3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5272009841667487394" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSoO0F5RxJI/AAAAAAAABSQ/yx7nnDOOGWs/s1600-h/7.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSoO0F5RxJI/AAAAAAAABSQ/yx7nnDOOGWs/s400/7.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5272042601888990354" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les coyotes se sont tus. Pas de trace des chevreuils, non plus, ni du tamia Lonely qui est en colère depuis qu'on a bouché le trou qui lui servait à la fois de réserve et de maisonnette, dans le recoin sous la galerie. En descendant le Cap, on constate que presque toutes les maisons sont fermées pour l'hiver, leurs fenêtres murées derrière de grandes planches. Il n'y a plus de fumée dans les cheminées voisines, plus de passants (ou si peu), plus de quatre-roues ni de voisins pour venir tailler une bavette sur les marches de la véranda. Le Cap se prépare à dormir. Il n'y aura plus que nous. Nous et l'Ermite, qui vit plus bas, à 5 minutes de marche dans le champ de droite. Mais je ne vous parle pas de lui maintenant. Il mérite que je prenne mon temps.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-605613151232769264?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/605613151232769264/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=605613151232769264&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/605613151232769264'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/605613151232769264'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/11/au-cap-13-dune-rivire-encore_24.html' title='Au Cap 13: D&apos;une rivière, encore...'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SSnxBru70VI/AAAAAAAABR4/SgU5c43_47k/s72-c/4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-3557317728523133342</id><published>2008-11-22T06:18:00.000-08:00</published><updated>2008-11-22T06:38:36.693-08:00</updated><title type='text'>Trouver le courage?</title><content type='html'>Hier, j'ai trouvé un énorme chat noir mort dans ma cour. Il était couché sur le côté près de mes bacs à fleurs vides, les pattes de devant jointes devant lui, les dents d'en bas sorties sur la lèvre d'en haut, ses yeux jaunes ouverts et révulsés. En le voyant inanimé, je me suis approchée sur la pointe des pieds tout en guettant sa respiration. Son ventre ne se soulevait pas. Je suis restée figée à quelques mètres de lui. Je me demandais quoi faire, je tournais en rond sur les dalles de l'allée en le regardant pour apprivoiser son image d'animal empaillé. Je cherchais le courage de le toucher, j'avais le poil droit sur les bras et des frissons dans le dos. Ça me semblait au-dessus de mes forces. Je n'ai pas pu le jeter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, après avoir vainement cherché un homme pour m'aider, j'ai dû me résoudre à aller le mettre dans un sac vert. Il avait plu dessus toute la nuit et toute la journée. Les gouttes perlaient sur son poil comme s'il était en cire. La rigidité cadavérique s'était installée. Franchement horrible. Ses yeux jaunes me regardaient sans me voir et sa tête était très pesante. Il m'a fallu au moins 10 minutes pour parvenir à le toucher, et presque autant pour le mettre dans le sac et fermer le noeud. En allant le porter sur le bord de la rue, je pleurais. J'ai encore le coeur dans la flotte. Moi qui voulait travailler dans l'humanitaire un jour. C'est mort. J'ai pas la trempe.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-3557317728523133342?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/3557317728523133342/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=3557317728523133342&amp;isPopup=true' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/3557317728523133342'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/3557317728523133342'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/11/trouver-le-courage.html' title='Trouver le courage?'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-351919108402478920</id><published>2008-11-13T15:51:00.000-08:00</published><updated>2008-11-14T10:31:57.665-08:00</updated><title type='text'>Portrait 6</title><content type='html'>Simone est une adolescente particulière. Elle ne fait pas partie de ma famille et je ne révélerai ni où, ni comment je l'ai rencontrée. Il suffit de dire qu'elle est dans ma vie depuis qu'elle a 9 ans. Elle a toujours été une enfant assez silencieuse, mais à 13 ans, elle se mure encore davantage, comme si le monde était assez bruyant qu'elle ne veuille pas y rajouter sa voix. Elle marche sur la plante des pieds, les bras quasi immobiles le long de son corps frêle, la tête à demie baissée. Elle regarde donc très souvent le monde par en-dessous,comme si l'affronter de face était au-delà de ses forces. Elle est petite et frêle pour son âge, ses seins minuscules dissimulés sous un tee-shirt trop large ou un gilet à capuchon noir. Son visage est encore celui d'une enfant; elle a un teint pâle et uni que j'envie chaque fois que je l'embrasse, mes lèvres effleurant l'ossature de ses joues si douces. À son âge, j'étais couverte de boutons qui me désespéraient et je n'ai de cesse de lui rappeler sa chance. Ses cheveux châtains sont très fins et une longue frange dissimule son oeil gauche. Quand elle parvient à s'animer un peu en me parlant, elle donne des coups de tête pour libérer son visage, si elle ne repousse pas la mèche derrière son oreille d'un geste répétitif et brusque qui m'agace un peu.&lt;br /&gt;Elle porte des lunettes qui ne lui conviennent pas. Elles lui donnent un air austère et décalé. Elle ne les aime pas, d'ailleurs. Elle les enlève souvent pour se masser l'arête du nez. Elles doivent être trop lourdes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle me rend parfois visite au retour de l'école. Elle se juche alors sur un tabouret devant le comptoir de la cuisine, les pieds sur les barreaux ou un genou relevé sur lequel elle croise les mains. Elle aime bien que je lui parle de mes journées sur la route, des fins de semaine au Cap ou des enfants qui gravitent dans ma vie. Elle réagit à mes blagues avec un sourire pâle; je ne l'ai jamais entendue rire franchement malgré tous les efforts que je déploie pour qu'elle éclate d'un rire qui lui secouerait les épaules et la ferait se taper les cuisses. Elle contrôle tellement ses émotions que cela m'inquiète. Tout en elle est amorti, calculé, réfléchi et posé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est pourquoi les confidences qu'elle me fait revêtent une importance particulière. Je suis parfois déboussolée par la façon dont elle envisage la vie et la rapidité avec laquelle elle juge les gens. Elle ne fait pas beaucoup de compromis. Elle est même souvent très dure, surtout envers ses parents, évidemment, mais ce qui m'étonne c'est son incapacité à partager les activités des jeunes de son âge. Elle a une maturité étonnante qui lui fait sans cesse rechercher la compagnie des adultes, ou l'isolement dans un monde auquel personne (à ma connaissance) n'a accès. Elle réussi bien à l'école, lit énormément et noircit des carnets qu'elle cache ensuite Dieu sait où. Elle en a toujours un dans son sac. Elle va aussi très souvent se réfugier dans les églises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet aveu m'a pris par surprise. Je ne connais pas beaucoup de gens qui vont encore à l'église, encore moins les jeunes. Elle m'a confié s'y rendre non pas parce qu'elle est particulièrement croyante, mais parce qu'elle n'a aucun endroit où être véritablement seule, chez elle. Elle aime l'odeur de l'encens, le silence, le bruit de ses pas dans l'allée, le claquement des prie-dieu quand elle les fait basculer sur le sol, et la lueur des cierges qu'elle allume à la chaîne sans payer. Elle m'a même révélé sans me regarder qu'elle aime se placer à l'avant de l'autel quand il n'y a personne, et qu'à cet endroit, elle ose chanter. Elle n'a pas voulu me dire quoi. Je n'ai pas insisté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai été très émue qu'elle m'ouvre cette porte sur son intimité. Je lui ai resservi un verre de jus en lui racontant les endroits où j'allais pour m'éloigner de la maison quand j'avais son âge. Je n'étais pas si différente d'elle. Heureusement, les temps changent. Il me tarde de la voir s'épanouir. Tout peut encore lui arriver.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-351919108402478920?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/351919108402478920/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=351919108402478920&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/351919108402478920'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/351919108402478920'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/11/portrait-6.html' title='Portrait 6'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-4613050412779310638</id><published>2008-11-11T14:13:00.000-08:00</published><updated>2008-11-11T14:42:43.121-08:00</updated><title type='text'>Attitudes de lecteurs (Salon de Rimouski)</title><content type='html'>Je ne sais pas pourquoi elles sont toutes un peu floues. C'est peut-être à cause de mes lunettes mal ajustées, ou à cause de ce qui se passait dans l'air. J'ai tout de même décidé de les mettre en ligne parce qu'elles reflètent ce que j'aime le plus. Je me suis évertuée à croquer des scènes qui me touchaient. J'adore observer les gens qui lisent. Ils ont dans l'attitude un relâchement émouvant. À mieux les regarder, j'ai même capté plusieurs scènes d'amour. Munie de mon appareil photo, j'ai passé toutes les heures le regard braqué sur les visages. J'en ai oublié la douleur au dos et aux pieds, et les jours ont passé trop vite. Vivement le salon de Montréal...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoD8bE73xI/AAAAAAAABP4/Njw5jA0FOSI/s1600-h/1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 208px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoD8bE73xI/AAAAAAAABP4/Njw5jA0FOSI/s400/1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267527050758709010" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoD9rDk9WI/AAAAAAAABQQ/zAtWOcFMp68/s1600-h/4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoD9rDk9WI/AAAAAAAABQQ/zAtWOcFMp68/s400/4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267527072227849570" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEVtgwyiI/AAAAAAAABQo/BFUNbQ1twmE/s1600-h/7.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 305px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEVtgwyiI/AAAAAAAABQo/BFUNbQ1twmE/s400/7.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267527485203991074" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEkZwORCI/AAAAAAAABRQ/HeGGVYfeTCs/s1600-h/12.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEkZwORCI/AAAAAAAABRQ/HeGGVYfeTCs/s400/12.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267527737598166050" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEj13DITI/AAAAAAAABRI/DhtsLwGMsxU/s1600-h/11.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEj13DITI/AAAAAAAABRI/DhtsLwGMsxU/s400/11.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267527727963119922" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEjtcUGjI/AAAAAAAABRA/KcFmPyLwAko/s1600-h/10.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEjtcUGjI/AAAAAAAABRA/KcFmPyLwAko/s400/10.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267527725703502386" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEWSkIa5I/AAAAAAAABQ4/1x16UcDK1vc/s1600-h/9.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 254px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEWSkIa5I/AAAAAAAABQ4/1x16UcDK1vc/s400/9.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267527495150234514" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEWHHrMSI/AAAAAAAABQw/rkc-MLROdIA/s1600-h/8.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEWHHrMSI/AAAAAAAABQw/rkc-MLROdIA/s400/8.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267527492078088482" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEVUUBdlI/AAAAAAAABQg/3MTiqA6V6yg/s1600-h/6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoEVUUBdlI/AAAAAAAABQg/3MTiqA6V6yg/s400/6.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267527478439671378" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoD-JdKzAI/AAAAAAAABQY/em99b8j_ON8/s1600-h/5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoD-JdKzAI/AAAAAAAABQY/em99b8j_ON8/s400/5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267527080388250626" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoD86sINFI/AAAAAAAABQA/2Zl_V3RovDw/s1600-h/2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 241px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoD86sINFI/AAAAAAAABQA/2Zl_V3RovDw/s400/2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267527059244594258" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoD9bmth6I/AAAAAAAABQI/bRGpFspWAtg/s1600-h/3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoD9bmth6I/AAAAAAAABQI/bRGpFspWAtg/s400/3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267527068080244642" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoHW5HjRAI/AAAAAAAABRY/7hBRwnN4wRQ/s1600-h/13.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoHW5HjRAI/AAAAAAAABRY/7hBRwnN4wRQ/s400/13.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267530804034225154" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-4613050412779310638?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/4613050412779310638/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=4613050412779310638&amp;isPopup=true' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4613050412779310638'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4613050412779310638'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/11/attitudes-de-lecteurs-salon-de-rimouski.html' title='Attitudes de lecteurs (Salon de Rimouski)'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRoD8bE73xI/AAAAAAAABP4/Njw5jA0FOSI/s72-c/1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7208928720272039079</id><published>2008-11-10T13:15:00.000-08:00</published><updated>2008-11-10T19:32:09.852-08:00</updated><title type='text'>Chambre 5027</title><content type='html'>Élire domicile dans une chambre avec vue. Avec toi. Ailleurs, sur le bord d'un grand Fleuve baisé par le soleil plongeant, étirer les rayons jusque sous les draps. Être ravie par la pluie qui me cloisonne dans ton cou, à l'abri des gouttes charriées en biseau, devenir une réfugiée dans tes bras. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les typhons qui s'abattent entre nos murs chassent tous mes fantômes. Ils ne résistent pas à la teneur des mots que tu inventes pour les rompre. Ils s'évanouissent en faisant des bruits de pierres tombées, ils s'évadent et se dispersent par toutes les trappes ouvertes du plafond. Ils partent, un à un, écrasés par ton corps qui comble l'espace entre eux et moi. Je te laisse les combattre et me vaincre pour me porter à bout de bras hors d'eux, hors de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tes regards (présents) sont plus forts que mes colères (anciennes). Quand tu es parti, j'ai eu envie d'aller les jeter au large mais je ne l'ai pas fait. Je les ai tout simplement abandonnées là, entre mes mégots de cigarettes et mon mauvais café froid. Avant de quitter l'hôtel à mon tour, j'ai réalisé que c'était le lieu de ma reddition. Dans la chambre 5027, j'ai retrouvé une partie de moi.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7208928720272039079?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7208928720272039079/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7208928720272039079&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7208928720272039079'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7208928720272039079'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/11/chambre-5027.html' title='Chambre 5027'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7096814075475287952</id><published>2008-11-04T13:46:00.000-08:00</published><updated>2008-11-04T17:21:35.365-08:00</updated><title type='text'>L'Esprit du Chemin 2</title><content type='html'>Partir, tout laisser derrière soi, le confort de son foyer et les êtres aimés. Ne prendre que l'essentiel sans trop lésiner, quelques vêtements, un duvet, un chandail et un imper au cas où. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDvCvfB3lI/AAAAAAAABPo/ti70EN--MsI/s1600-h/8.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDvCvfB3lI/AAAAAAAABPo/ti70EN--MsI/s400/8.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264970794781498962" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se limiter, restreindre, peser le tout, enlever, car moins le bagage sera lourd, plus le pas sera léger, plus tu feras l'expérience du peu de choses dont tu as besoin pour vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDMCEGQBBI/AAAAAAAABNs/VNWpoke7gtw/s1600-h/P1070600.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDMCEGQBBI/AAAAAAAABNs/VNWpoke7gtw/s400/P1070600.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264932300227871762" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Partir, prendre la route comme l'ont fait tous les pèlerins depuis des milliers d'années; réaliser que c'est le Chemin qui te fait pèlerin à mesure que tu découvres sa réalité, que tu te laisses imprégner par son esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDMCGca_HI/AAAAAAAABN0/TfrX3bG_L-4/s1600-h/P1070664.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDMCGca_HI/AAAAAAAABN0/TfrX3bG_L-4/s400/P1070664.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264932300857736306" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcher, un pas à la fois, marcher à la découverte de soi, à la rencontre de L'Autre. Si tu te laisses interpeller, sur le chemin tu deviens frère et sœur prêt à partager le peu que tu portes avec toi; tu es la main qui soigne, l' épaule qui console, le cœur qui entend ce qui ne se dirait pas ailleurs…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDMWbqiTSI/AAAAAAAABN8/ljF0xHB5tjg/s1600-h/P1070749.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDMWbqiTSI/AAAAAAAABN8/ljF0xHB5tjg/s400/P1070749.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264932650151464226" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcher, s'ouvrir au monde, découvrir des lieux et des visages inconnus, entendre le silence et le bruit du vent, écouter sa douce musique. Se laisser imprégner par les beautés de la nature, se sentir si petit devant toutes ces merveilles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDLjNPveVI/AAAAAAAABNM/r5pFfQZHnbU/s1600-h/P1070506.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDLjNPveVI/AAAAAAAABNM/r5pFfQZHnbU/s400/P1070506.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264931770107656530" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDTqvpuS5I/AAAAAAAABOc/AYI-qIdEfBA/s1600-h/P1070517.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDTqvpuS5I/AAAAAAAABOc/AYI-qIdEfBA/s400/P1070517.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264940695695543186" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDup09dA0I/AAAAAAAABOk/O27XdjDbJfU/s1600-h/1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDup09dA0I/AAAAAAAABOk/O27XdjDbJfU/s400/1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264970366754554690" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Partir en toute confiance, sans savoir où on va coucher ni ce qu'on va manger, se sentir libre et en harmonie avec ce qui nous entoure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDuq8DsSzI/AAAAAAAABPA/WqzE7_Vq59o/s1600-h/4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDuq8DsSzI/AAAAAAAABPA/WqzE7_Vq59o/s400/4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264970385839639346" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDMXNs4evI/AAAAAAAABOM/k4Wu4-MSVBg/s1600-h/P1070805.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDMXNs4evI/AAAAAAAABOM/k4Wu4-MSVBg/s400/P1070805.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264932663583079154" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDSZlJd_DI/AAAAAAAABOU/FMlrFu7Wd1c/s1600-h/P1070468.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDSZlJd_DI/AAAAAAAABOU/FMlrFu7Wd1c/s400/P1070468.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264939301306498098" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDuqXKaWPI/AAAAAAAABOs/7oYK8bmXHOc/s1600-h/2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDuqXKaWPI/AAAAAAAABOs/7oYK8bmXHOc/s400/2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264970375935711474" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDMW1WmYWI/AAAAAAAABOE/EhCaX-RF1yo/s1600-h/P1070772.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDMW1WmYWI/AAAAAAAABOE/EhCaX-RF1yo/s400/P1070772.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264932657047167330" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDLiq2TsoI/AAAAAAAABNE/UrkFi0egNaY/s1600-h/P1070478.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDLiq2TsoI/AAAAAAAABNE/UrkFi0egNaY/s400/P1070478.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264931760874173058" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcher, prendre son temps, apprendre à reposer ses pieds fatigués, à les dorloter, à se désaltérer, à ménager sa monture pour qu'elle nous conduise en sécurité au bout du Chemin, au bout du rêve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDMB3qci6I/AAAAAAAABNc/sDtGUbuY3OU/s1600-h/P1070594.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDMB3qci6I/AAAAAAAABNc/sDtGUbuY3OU/s400/P1070594.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264932296890026914" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et lorsque la fatigue survient, marcher au rythme des bâtons et s'y accrocher…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDuqoIexYI/AAAAAAAABO0/Xs8gQrSPE9A/s1600-h/3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDuqoIexYI/AAAAAAAABO0/Xs8gQrSPE9A/s400/3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264970380491015554" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcher avec cette idée de n'avoir en tête que le moment présent, sans aucun projet autre que celui d'avancer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDvBy7-pZI/AAAAAAAABPY/LxACKI4DCp4/s1600-h/6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDvBy7-pZI/AAAAAAAABPY/LxACKI4DCp4/s400/6.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264970778528359826" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDurJHbpkI/AAAAAAAABPM/up1xpDPMtKc/s1600-h/5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDurJHbpkI/AAAAAAAABPM/up1xpDPMtKc/s400/5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264970389344986690" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcher avec l'esprit et le cœur ouverts, prêts à accueillir et à partager des moments uniques et précieux, cadeaux du Chemin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDvCaEKmVI/AAAAAAAABPg/-T0z10VIpJQ/s1600-h/7.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDvCaEKmVI/AAAAAAAABPg/-T0z10VIpJQ/s400/7.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264970789031680338" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDLiGHkBlI/AAAAAAAABM0/xk3iM71PJ1s/s1600-h/P1070418.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDLiGHkBlI/AAAAAAAABM0/xk3iM71PJ1s/s400/P1070418.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264931751014434386" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Photos et texte: M'man&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7096814075475287952?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7096814075475287952/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7096814075475287952&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7096814075475287952'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7096814075475287952'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/11/lesprit-du-chemin-2.html' title='L&apos;Esprit du Chemin 2'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SRDvCvfB3lI/AAAAAAAABPo/ti70EN--MsI/s72-c/8.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-4526935041752963685</id><published>2008-11-02T05:43:00.000-08:00</published><updated>2008-11-02T05:56:29.861-08:00</updated><title type='text'>Au Cap 12: avant novembre, l'apothéose</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2u_7ka8AI/AAAAAAAABL0/HzN1OOoXRIs/s1600-h/arcenciel.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2u_7ka8AI/AAAAAAAABL0/HzN1OOoXRIs/s400/arcenciel.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264055952811421698" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vUTGYo1I/AAAAAAAABMU/u0A6jy9OVdM/s1600-h/framboisiers.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vUTGYo1I/AAAAAAAABMU/u0A6jy9OVdM/s400/framboisiers.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264056302725276498" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vUrhCG6I/AAAAAAAABMc/M_Kig8ZrSSc/s1600-h/fruitsrouges.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vUrhCG6I/AAAAAAAABMc/M_Kig8ZrSSc/s400/fruitsrouges.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264056309279497122" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2u_KzIpdI/AAAAAAAABLs/tgZ2A4Fk1bs/s1600-h/all%C3%A9e.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2u_KzIpdI/AAAAAAAABLs/tgZ2A4Fk1bs/s400/all%C3%A9e.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264055939719800274" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vA2dNEiI/AAAAAAAABMM/auGyVR9U3tI/s1600-h/cabanes.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vA2dNEiI/AAAAAAAABMM/auGyVR9U3tI/s400/cabanes.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264055968618844706" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vAuGpq_I/AAAAAAAABME/NZo_4Vnbhag/s1600-h/cabane.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 225px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vAuGpq_I/AAAAAAAABME/NZo_4Vnbhag/s400/cabane.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264055966376766450" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vU_miLrI/AAAAAAAABMk/W11hrD6jR5A/s1600-h/jardin.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vU_miLrI/AAAAAAAABMk/W11hrD6jR5A/s400/jardin.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264056314671279794" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vAJLTmdI/AAAAAAAABL8/vPG-dbyuasQ/s1600-h/branches.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vAJLTmdI/AAAAAAAABL8/vPG-dbyuasQ/s400/branches.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264055956464179666" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vVFa4zWI/AAAAAAAABMs/EftVw1x5Bbo/s1600-h/roches.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2vVFa4zWI/AAAAAAAABMs/EftVw1x5Bbo/s400/roches.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264056316233043298" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-4526935041752963685?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/4526935041752963685/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=4526935041752963685&amp;isPopup=true' title='13 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4526935041752963685'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/4526935041752963685'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/11/au-cap-12-avant-novembre-lapothose.html' title='Au Cap 12: avant novembre, l&apos;apothéose'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQ2u_7ka8AI/AAAAAAAABL0/HzN1OOoXRIs/s72-c/arcenciel.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>13</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-8420446702183024551</id><published>2008-11-01T06:34:00.000-07:00</published><updated>2008-11-01T06:56:45.438-07:00</updated><title type='text'>Perdre la voix...</title><content type='html'>À l'époque, ma prof de chant me disait toujours que la voix est le reflet de nos émotions. Elle assurait que tout passait par la gorge: le stress, la tristesse, le déni, la colère, l'angoisse, le trac. Elle disait que la façon dont on respire en chantant est à l'image de ce qu'on ressent. Je me souviens qu'avant certains spectacles, je devenais aphone. Depuis deux jours, j'ai une pharyngite tonitruante. La voix égratignée, un trou d'épingle pour avaler, la langue lourde, le corps écrasé. J'ai remplacé le chant par l'écriture mais les mots ne viennent plus. Ils sont coincés quelque part entre mon plexus et mes dents, et je pense qu'ils veulent tellement sortir qu'ils se sont mis en colère et qu'ils se sont transformés en micro-soldats ravageurs, qui malmènent ma gorge avec leurs baïonnettes coupantes. J'ai du mal à écrire, du mal à parler. Je ne sais pas comment retrouver la sortie. Je me dis que je manque à la fois de courage et de talent. Ma tête et mon corps sont en lutte. C'est le mois de novembre qui s'installe chez moi.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-8420446702183024551?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/8420446702183024551/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=8420446702183024551&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8420446702183024551'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8420446702183024551'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/11/perdre-la-voix.html' title='Perdre la voix...'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-1742069474765999780</id><published>2008-10-26T07:40:00.000-07:00</published><updated>2008-10-26T14:15:14.082-07:00</updated><title type='text'>L'esprit du Chemin</title><content type='html'>Elle rentre à peine de là-bas. 860 km à la marche, ça fait combien de pas, vous pensez? Elle ne nous a pas encore tout raconté, c'est sûr, il y a des moments indescriptibles qui n'appartiendront toujours qu'à elle. Elle nous a parlé de la souffrance qu'elle a croisé souvent et de la compassion qui montait au contact des blessures visibles autant qu'invisibles. De la descente à l'intérieur de soi, du silence qui précède les révélations et de l'écoute nécessaire à ce qui ne se dirait pas ailleurs que là-bas. Je n'ai pas encore vu toutes ses photos. Elle en a rapporté un peu plus de 1000. Je lui ai demandé de m'envoyer celles qu'elle préfère pour leur donner de la place ici.&lt;br /&gt;J'aimerais ça, faire le Chemin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSBkOipAWI/AAAAAAAABKU/2_BEQfhEEGo/s1600-h/P1070318.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSBkOipAWI/AAAAAAAABKU/2_BEQfhEEGo/s400/P1070318.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5261472724054245730" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSHiWFSLfI/AAAAAAAABLM/odl-0Asu4Ww/s1600-h/P1070415.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSHiWFSLfI/AAAAAAAABLM/odl-0Asu4Ww/s400/P1070415.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5261479288788626930" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSHiREbvPI/AAAAAAAABLE/37Wg97mFBPY/s1600-h/P1070335.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSHiREbvPI/AAAAAAAABLE/37Wg97mFBPY/s400/P1070335.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5261479287442881778" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSBsZIXc2I/AAAAAAAABK8/ySey4jcxUyw/s1600-h/P1070869.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSBsZIXc2I/AAAAAAAABK8/ySey4jcxUyw/s400/P1070869.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5261472864335786850" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSBsMfoplI/AAAAAAAABK0/e5xtBckCNx8/s1600-h/P1070726.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSBsMfoplI/AAAAAAAABK0/e5xtBckCNx8/s400/P1070726.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5261472860943722066" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSBkJ9On6I/AAAAAAAABKc/zALoF86DecQ/s1600-h/P1070400.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSBkJ9On6I/AAAAAAAABKc/zALoF86DecQ/s400/P1070400.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5261472722823585698" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSBjZG4IeI/AAAAAAAABKM/SML2zpJy_IY/s1600-h/P1070305.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSBjZG4IeI/AAAAAAAABKM/SML2zpJy_IY/s400/P1070305.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5261472709710717410" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSBrqT1SvI/AAAAAAAABKs/n2Zgg0lDnLM/s1600-h/P1070724.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSBrqT1SvI/AAAAAAAABKs/n2Zgg0lDnLM/s400/P1070724.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5261472851767413490" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSIOxBb3LI/AAAAAAAABLc/rYEPs2QDkEQ/s1600-h/P1070325.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSIOxBb3LI/AAAAAAAABLc/rYEPs2QDkEQ/s400/P1070325.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5261480051934485682" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSHi4dIm_I/AAAAAAAABLU/oZxJb1uPMOU/s1600-h/P1070436.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSHi4dIm_I/AAAAAAAABLU/oZxJb1uPMOU/s400/P1070436.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5261479298015468530" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-1742069474765999780?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/1742069474765999780/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=1742069474765999780&amp;isPopup=true' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1742069474765999780'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/1742069474765999780'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/10/lesprit-du-chemin.html' title='L&apos;esprit du Chemin'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SQSBkOipAWI/AAAAAAAABKU/2_BEQfhEEGo/s72-c/P1070318.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-7983300132649371428</id><published>2008-10-21T14:30:00.000-07:00</published><updated>2008-10-22T05:55:47.650-07:00</updated><title type='text'>Au Cap 11: La Pomponne</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SP8gr1etW8I/AAAAAAAABJ8/thahOGmuXpk/s1600-h/pomponne6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SP8gr1etW8I/AAAAAAAABJ8/thahOGmuXpk/s400/pomponne6.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5259958827254373314" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SP6b3qHIVOI/AAAAAAAABJU/pgJub6NEZRA/s1600-h/pomponne1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SP6b3qHIVOI/AAAAAAAABJU/pgJub6NEZRA/s400/pomponne1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5259812795314623714" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, elle a compris, ma Pomponne, que s'épivarder dans les feuilles mortes c'est un des bonheurs purs de l'enfance. Sauter dans les tas de feuilles géants, plonger le nez dans l'odeur craquante, sentir le silence diffus se matérialiser durant les brefs moments où on se laisse enfouir la tête et le corps. Elle a un peu peur, c'est normal, elle disparaît alors quelques instants, on lui demande de se taire, de se cacher, de faire l'endormie (pour ne pas dire la morte). Puis son rire quand elle sort de là en hurlant pour nous faire peur, nos comédies pour lui faire croire à la surprise et l'affolement. Ses "Encore!" tonitruants dans l'air acidulé. Elle a compris, ma Pomponne, que son regard fait naître les sourires. Ses yeux luisants de biche noire attirent le monde, ses cheveux mousseux fascinent les mains, le menton et les joues, son sourire entraîne les fariboles et les historiettes farfelues pour qu'il demeure, lumineux comme une nouvelle lune croissante. Elle est d'une beauté saisissante. Une princesse sénégalaise en exil, le sang rempli de tambours battants et de fêtes enturbannées. Tout son corps se souvient des danses qui remontent des racines, des imperceptibles mouvements ancestraux, de la vibration des terres sablonneuses qui s'égouttent dans ses veines comme les grains dans un sablier qu'on retourne inlassablement. Inlassablement, on a envie de l'aimer. Elle est si rare.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SP6b5qhluYI/AAAAAAAABJk/qYnC-UvlsAE/s1600-h/pomponne3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SP6b5qhluYI/AAAAAAAABJk/qYnC-UvlsAE/s400/pomponne3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5259812829785340290" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa mère et moi parlons souvent d'elle quand elle dort, lovées dans les fauteuils devant la grande baie vitrée, nos paroles portées par cet amour immuable qui se déroule en impressions de grandeur. Nous parlons de son coeur, de sa tête et des perles qu'elle accroche à nos commissures en riant très fort, la tête versée en arrière dans l'abandon au bonheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SP8b7ehbIHI/AAAAAAAABJ0/76C_22bT92s/s1600-h/pomponne5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SP8b7ehbIHI/AAAAAAAABJ0/76C_22bT92s/s400/pomponne5.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5259953598411513970" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous parlons de ses frayeurs, de ses talents et des éclats de sa voix, de ce que nous espérons pour elle et de tout ce qu'elle accomplira sans nous, quand le filet sera percé et que nous ne pourrons que l'observer de loin. Nous savons que sa vie ne sera pas banale. Elle a déjà la trempe d'une sacrée battante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s'inquiète souvent pour mon coeur. Elle veut connaître les raisons qui font que je vis seule, elle voudrait tant que je lui présente un amoureux. Elle dit que je suis la plus belle Miléna au monde, elle passe les doigts dans mes boucles en pépiant, elle se colle sur moi en gigotant, elle se cramponne à mon cou comme un petit lierre tenace. Sa tendresse vient me chercher très loin, elle me raccroche les pieds au sol, elle m'arrime sans le savoir. Elle casse des épines du dos de la main. J'adore les après-midis que je passe à dessiner avec elle en répondant aux questions pointues qu'elle invente, les yeux concentrés pour ne pas dépasser les lignes. Elles me donnent parfois des sueurs froides tellement je crains de ne pas lui donner les réponses qu'elle mérite.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SP8igqvl1eI/AAAAAAAABKE/6xQp3eyWHD8/s1600-h/pomponne7.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SP8igqvl1eI/AAAAAAAABKE/6xQp3eyWHD8/s400/pomponne7.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5259960834417087970" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aime les balades dans la glaise de la grève, quand elle sautille pour éviter les bébés crevettes qui l'horrifient, ou quand elle fait la navette entre la maison et les bosquets de cèdres pour déposer des graines à son suisse -bientôt- apprivoisé, qu'elle a baptisé Lonely. Elle n'aime pas beaucoup la solitude, ni pour elle ni pour les autres. Elle est fillette de tribu. Elle a compris, ma Pomponne, que l'amour passe par la générosité, l'attention, la discussion et les caresses distribuées à tous vents. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SP6b6HIgC-I/AAAAAAAABJs/HtZszIv6voY/s1600-h/pomponne4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SP6b6HIgC-I/AAAAAAAABJs/HtZszIv6voY/s400/pomponne4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5259812837464738786" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-7983300132649371428?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/7983300132649371428/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=7983300132649371428&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7983300132649371428'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/7983300132649371428'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/10/au-cap-11-la-pomponne.html' title='Au Cap 11: La Pomponne'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SP8gr1etW8I/AAAAAAAABJ8/thahOGmuXpk/s72-c/pomponne6.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-8982840619319385206</id><published>2008-10-15T18:21:00.000-07:00</published><updated>2008-10-16T14:20:31.650-07:00</updated><title type='text'>(Dé)Composition</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPaXzI-GjaI/AAAAAAAABJM/5vubMtz2ZHs/s1600-h/compostion7.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPaXzI-GjaI/AAAAAAAABJM/5vubMtz2ZHs/s400/compostion7.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5257556519838715298" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPaXTngpLgI/AAAAAAAABI8/H7s62PvQGkE/s1600-h/composition4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPaXTngpLgI/AAAAAAAABI8/H7s62PvQGkE/s400/composition4.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5257555978280840706" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPaXT0MlguI/AAAAAAAABJE/jeYb08xZiqo/s1600-h/composition6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPaXT0MlguI/AAAAAAAABJE/jeYb08xZiqo/s400/composition6.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5257555981686375138" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPaXTOtLi4I/AAAAAAAABIs/tKiTkR8Sc9Y/s1600-h/composition2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPaXTOtLi4I/AAAAAAAABIs/tKiTkR8Sc9Y/s400/composition2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5257555971622538114" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPaXTe5worI/AAAAAAAABI0/TJexp2yfN-A/s1600-h/compostion3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://2.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPaXTe5worI/AAAAAAAABI0/TJexp2yfN-A/s400/compostion3.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5257555975970267826" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPaXTIR7YFI/AAAAAAAABIk/fXI4ZTTovHA/s1600-h/composition1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPaXTIR7YFI/AAAAAAAABIk/fXI4ZTTovHA/s400/composition1.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5257555969897619538" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu es le reflet de ce que j'espérais de mieux&lt;br /&gt;Une odeur de mousse infusée dans une enveloppe transparente&lt;br /&gt;Des bulles claires qui s'éclatent sur des murs peints en rouge&lt;br /&gt;Je ratisse le grain de ton dos&lt;br /&gt;je tourne les replis de ton coude &lt;br /&gt;de ton genou, celui de ton cou&lt;br /&gt;et la plaine que tu étales ici &lt;br /&gt;qui me fait éclore les yeux un moment&lt;br /&gt;Tu es une nébuleuse&lt;br /&gt;qui me souffle chaque fois &lt;br /&gt;Je ne sais pas comment aller arracher tes racines &lt;br /&gt;Assise en indien&lt;br /&gt;devant les desseins de tes promesses muettes &lt;br /&gt;je baisse la tête pour mieux lire en toi&lt;br /&gt;Sur la terre mouillée &lt;br /&gt;des feuilles prises dans les mailles de mon pull de laine &lt;br /&gt;je réfléchis à nous&lt;br /&gt;Nous sommes l'automne ambigu &lt;br /&gt;Et la beauté des impossibles repousses&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8995508325925810163-8982840619319385206?l=lesinsomniaquesamusent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/feeds/8982840619319385206/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8995508325925810163&amp;postID=8982840619319385206&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8982840619319385206'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8995508325925810163/posts/default/8982840619319385206'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lesinsomniaquesamusent.blogspot.com/2008/10/dcomposition.html' title='(Dé)Composition'/><author><name>Miléna</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04198829661517330249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='26' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/Svbh4gitLDI/AAAAAAAABpI/9Y6jJNzl9-8/S220/regard.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPaXzI-GjaI/AAAAAAAABJM/5vubMtz2ZHs/s72-c/compostion7.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8995508325925810163.post-2929455885523415014</id><published>2008-10-13T16:00:00.001-07:00</published><updated>2008-10-13T18:24:42.633-07:00</updated><title type='text'>Au Cap 10: l'âme du Cap</title><content type='html'>C’est un lieu idéal pour inventer des histoires. Les cadres des fenêtres sont propices à s’y déposer un coin de fesse et simplement regarder la lenteur s’installer en nous. Je deviens très contemplative, moi qui ai toujours bougé vite, pensé sans cesse et marché en sautillant. L’air est différent. Il est animé. Je reviens souvent sur l’âme du Cap parce qu’il me rend perplexe. J’ai envie de le définir et je peine à le faire parce qu’il me révèle souvent des choses contradictoires. On n’y vit que du bonheur mais une certaine mélancolie traîne dans les parages. Une lumière émouvante découpe les alentours en territoires qui possèdent leur propre micro-climat. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on est seul, il arrive qu’on entende des voix. Dans la clairière, surtout, et sur les rives ouest de la rivière. Des voix de fillettes, plus particulièrement. Des rebonds vifs et très brefs qui nous font tourner la tête pour s’apercevoir qu’il n’y a personne. On a souvent l’impression qu’on verra apparaître deux enfants rieuses derrière un arbre, qui arriveront avec des aiguilles de sapin plein les cheveux. Il y a un homme qui vit dans l’ancien magasin général, je vois son profil vers 9h les soirs d’été, dans le carreau du haut. Il a les joues barbouillées de poils. Ses doigts ont laissé des traces dans les vitres, à moins que ce ne soit son sourire triste qu’on suspecte d’être tatoué dans la poussière. Une ermite se baigne nue tous les matins dans la cuvette près de la Descente-à-Roland. Elle suspend ses vêtements sur une grande racine cornue, défait son chignon et de longues mèches cachent sa poitrine. Elle vit encore plus haut que la Clairière-du-Haut et j’ai vu ses traces se perdre dans celle d’un chevreuil pas plus tard qu’hier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPPwLzEUw_I/AAAAAAAABH8/RzB72DO8RdA/s1600-h/clairiereduhaut.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPPwLzEUw_I/AAAAAAAABH8/RzB72DO8RdA/s400/clairiereduhaut.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5256809275549074418" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Elle est souvent cachée derrière la grande souche; je sens son regard peser dans mon dos quand je suis sur l’îlot. Parfois je me retourne très vite pour la surprendre mais elle est plus rapide que moi. Personne ne la connaît, au Cap. Elle ne traverse jamais sur la rive droite. Son territoire est le même que celui des coyotes. Je crois même que c’est elle qui les fait chanter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPPwMe784kI/AAAAAAAABIU/hkupohNOndE/s1600-h/foretdescoyotes.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPPwMe784kI/AAAAAAAABIU/hkupohNOndE/s400/foretdescoyotes.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5256809287325114946" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Dès la tombée du jour, des femmes volent au-dessus du cercle de trembles avec des robes dont les manches propulsent les lucioles par centaines. Leurs longs cheveux brouillent l’atmosphère et l’air de la clairière tourne sur lui-même sans remonter. Cela forme une barrière qui rend l’orée de la forêt revêche. Je suis incapable d’y aller seule. Mon ami B* ne comprend pas pourquoi, il soutient qu’il ne peut rien m’arriver de pire qu’en plein jour. Il me traîne à sa suite après nos soupers avinés, une bouteille entamée dans la poche de son veston de daim (ou d’antilope, allez savoir). Après une ascension abrupte dans le noir, il me fait asseoir au Sommet-du-Buton, les jambes étendues, le cou cassé pour happer la lune. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPPwMXJOfoI/AAAAAAAABIc/eMqSBf6EmmU/s1600-h/foretdescoyotesnuit.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://1.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPPwMXJOfoI/AAAAAAAABIc/eMqSBf6EmmU/s400/foretdescoyotesnuit.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5256809285233311362" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;On goulotte le vin rouge en avalant des graines de bouchon sans rien dire. Il gratte la terre pour exsuder les parfums d’humus et de crottes d’ours noir. Il aime frotter sa joue contre les nervures et caresser langoureusement la fourche des troncs siamois. Il goûte tout ce qui transpire des plaies de ses arbres. Avec sa machette dans le dos et son sac africain en bandoulière, il ressemble à un trappeur sexy. Il calme ma respiration quand les ombres m’affolent. Il voudrait bien qu’on rencontre un ours pour lui parler. Je le trouve dingue, mais il m’est trop cher pour que je relève chacune de ses fariboles. Je le laisse fantasmer sur ses dialogues muets avec tantôt le cerf, tantôt la marmotte. Je bavarde volontiers avec l’escargot. Je ne peux donc pas lui en vouloir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis il y a Roland qui a semé des graines de lui partout. Il est toujours en train de marcher les poings repliés près de ses hanches. Dans les broussailles, une casquette plate fichée sur le sommet du crâne, il a des miettes de tabac au fond des poches. Et une bière dans sa besace. Nous connaissons les endroits où il va se reposer, réfléchir, travailler ou s’étendre sur le sol pour décortiquer le silence. Il a laissé ses boîtes de conserves et ses bières vides en différents endroits, qui sont devenus mes repères dans la forêt. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPPwMP_B3XI/AAAAAAAABIE/HYXLb8A47mw/s1600-h/dompe.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://3.bp.blogspot.com/_eqRCz8eqOiA/SPPwMP_B3XI/AAAAAAAABIE/HYXLb8A47mw/s400/dompe.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5256809283311492466" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La nuit, il dort sur sa mezzanine, dans la grange, enroulé dans un lainage gris. Quand je salue Roland en entrant dans la clairière, La Pomponne (du haut de ses 7 ans) me regarde par en dessous avec son œil de biche noire, et elle me dit : « Mil, Roland est pas là. Il est super haut dans le ciel avec Jésus. Je pense pas qu’il t’entend quand tu lui dis salut ». Je ne la contredis pas pour éviter de l’effrayer, mais je sais qu’il n’est pas si loin que ça. Peut-être qu’il n’est pas encore prêt à partir du Cap. Son 
